Donner un rôle à l'enfant dans le changement : comment s'y prendre ?
Face à un changement, l'enfant peut subir ou agir. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, Anaëlle Mertz-D'Agostin montre comment lui confier une place à sa mesure, sans le charger d'un poids d'adulte.
Tiré du magazine · n°33Les enfants face aux étapes de la vie
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Pour traverser un changement, l'enfant a besoin de sentir qu'il n'est pas seulement spectateur. C'est l'idée d'Anaëlle Mertz-D'Agostin : lui donner un rôle actif, à sa mesure, lui redonne du pouvoir d'agir au moment où tout lui échappe. À condition de ne pas confondre implication et responsabilité.
Ancienne psychologue clinicienne pendant dix ans, Anaëlle Mertz-D'Agostin est aujourd'hui psychopraticienne et hypnothérapeute. Elle accompagne enfants, adolescents et adultes, écrit des livres pour enfants et vulgarise les neurosciences sur les réseaux sociaux. Son article du n°33 d'Innovation en Éducation tient en deux pages et va droit au but.
Pourquoi un changement déstabilise-t-il autant un enfant ?
Entrée à la crèche, passage en 6e, déménagement, deuil : chaque transition crée un déséquilibre. L'adulte dispose de stratégies d'adaptation, plus ou moins efficaces, bâties sur son expérience. Celles de l'enfant sont encore à construire. Le changement provoque une sensation de perte de contrôle, donc d'insécurité. Les adultes ont besoin de se mettre en mouvement pour reprendre prise ; l'enfant aussi.
Qu'est-ce que changer de posture, concrètement ?
Passer de la situation subie à l'expérience vécue différemment. L'autrice insiste d'abord sur les mots : mettre des mots sur la situation et sur ses émotions aide l'enfant à comprendre.
« Être impliqué, c'est se réapproprier son vécu plutôt que de le subir. »
Un exemple : lors d'un déménagement, l'enfant peut participer à l'aménagement de sa chambre, en choisissant l'univers décoratif quand il est petit, ou en repeignant les murs à l'adolescence. L'article propose d'autres situations, de la nouvelle école aux petites tâches du quotidien, avec une autonomie construite pas à pas, jamais brutalement.
Où est la limite entre impliquer et surcharger ?
C'est la mise en garde la plus utile du texte. Être acteur n'est pas être responsable de la situation. Un transfert de responsabilité trop lourd crée de la pression, augmente l'insécurité et pousse l'enfant à se suradapter. L'autrice rattache ce risque à la parentification, quand l'enfant endosse un rôle d'adulte bien au-delà de ce qu'il peut porter.
« Le rôle qu'on lui confie doit rester contenant et non écrasant. »
Sa règle tient en trois verbes : on teste, on observe, on ajuste. Ce qui sécurise l'enfant, conclut-elle, n'est pas l'absence de changement mais la place qu'il y trouve.
Questions fréquentes
À partir de quel âge peut-on impliquer un enfant dans un changement ?
Dès le plus jeune âge, à condition d'adapter le rôle à l'âge et à la maturité. Un petit choisira des décorations, un adolescent pourra repeindre sa chambre.
Impliquer l'enfant, est-ce lui faire porter la situation ?
Non : l'autrice distingue clairement être acteur et être responsable. C'est à l'adulte de rester le garant du cadre.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les phrases d'adulte qui valident l'inquiétude d'un enfant qui change d'école.
- Les exemples d'autonomie progressive au quotidien, de la boulangerie au sac d'école.
- Le passage sur la parentification et la suradaptation.
- La comparaison avec un muscle que l'on entraîne pour traverser l'inconfort.
- La présentation de l'autrice et de La Bulle Psychopratik.
n°33 · Les enfants face aux étapes de la vie
Ce numéro n'est pas en vente en ce moment.
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