Fake news : comment démêler le vrai du faux avec nos enfants ?
Une rumeur de rentrée repoussée a fait 2,6 millions de vues en quelques jours. Dans le n°18 d'Innovation en Éducation, un article explique pourquoi nous sommes tous concernés, et comment s'entraîner à douter sans tout rejeter.
Tiré du magazine · n°18IA, Chat GPT, Subir ou s'en saisir ?
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Août 2023 : une blague d'influenceur sur TikTok affirme que la rentrée est décalée au 18 septembre. La vidéo est vue 2,6 millions de fois, au point que le gouvernement doit démentir officiellement. À l'heure des réseaux sociaux et des IA génératives, une fausse information peut devenir virale en quelques heures. Un article du n°18 d'Innovation en Éducation, non signé, en tire un enjeu éducatif majeur pour les parents comme pour les enseignants : apprendre à distinguer le vrai du faux, sans pour autant tout rejeter en bloc.
À quoi reconnaît-on une fausse information ?
L'article propose deux indices qui se complètent. Le premier : les émotions fortes. Ces informations sont souvent faites pour exploiter nos émotions, nos croyances ou nos préjugés, et celle qui nous choque, nous met en colère ou nous conforte dans nos convictions appelle à la vigilance. Le second : l'apparence de crédibilité, avec des références à une « source sûre », un média, une personnalité, ou même « le voisin dont la belle-sœur travaille au Ministère ».
Ces deux critères ne sont pas des preuves. Ils invitent simplement à vérifier avant de partager.
Pourquoi circulent-elles si vite ?
L'article en donne plusieurs causes : le partage en un clic, qui fait de chacun un relais, l'immédiateté, qui laisse moins de temps pour réfléchir, la logique des plateformes, qui mettent en avant les contenus à forte réaction, ou encore les titres racoleurs. Il s'arrête aussi sur le pouvoir de l'image. Une photo générée par IA d'une explosion près du Pentagone a ainsi provoqué, en mai 2023, une perte de 500 milliards de dollars en quelques minutes à la bourse américaine, avant que le marché se rétablisse.
Sommes-nous si bons pour repérer le faux ?
Pas vraiment, et cela concerne tout le monde. Le magazine s'appuie sur les travaux de Valentin Guigon, docteur en neurosciences cognitives, qui a étudié la capacité des gens à identifier des fake news. Le résultat est surprenant, et il vaut quel que soit l'âge, le genre ou le niveau d'éducation.
« En moyenne, les gens sont aussi doués que le hasard. »
Le chercheur l'explique par trois besoins que nous partageons : la tolérance à l'incertitude, le besoin de clôture, et le besoin de positionnement. Autrement dit, face au flou, nous cherchons spontanément une conclusion. Ce n'est pas un défaut personnel, c'est une manière de fonctionner. La nouvelle est plutôt rassurante : si tout le monde se fait avoir, chacun peut aussi s'entraîner.
Faut-il alors se méfier de tout ?
L'article termine par une nuance. Reconnaître une fausse information ne suffit pas : il faut aussi savoir reconnaître une vraie information quand elle est présentée comme fausse. L'auteur rappelle que la science a souvent avancé par le débat et la remise en question, et que la vérité n'est pas figée.
« La science a bien plus avancé par le débat et la remise en question que par le consensus. »
Pour aller plus loin sur le rôle des algorithmes dans ce que l'on voit, lisez notre article sur les algorithmes. Cette prudence « à double sens » plaide pour un esprit critique qui reste ouvert : vérifier plutôt que rejeter, et se donner le temps. Un bon point de départ à discuter avec un adolescent qui partage beaucoup de contenus.
Questions fréquentes
Comment repérer une fausse information en ligne ?
L'article invite à se méfier des informations qui déclenchent une émotion forte et de celles qui s'appuient sur une « source sûre » invérifiable, puis à vérifier avant de partager.
Pourquoi tout le monde se fait-il piéger ?
Selon le chercheur cité, nous jugeons à partir de nos croyances préalables et de notre besoin d'arriver à une conclusion. En moyenne, nous ne faisons pas mieux que le hasard, quel que soit notre âge ou notre niveau d'études.
Comment savoir si une image a été générée par une IA ?
Le magazine donne des indices à observer, que l'on peut apprendre aux jeunes, mais admet qu'il devient très difficile de distinguer une vraie photo d'une image générée.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le détail des cinq mécanismes de la viralité, de l'immédiateté aux « putaclics ».
- L'explication des trois besoins qui rendent les fausses informations si convaincantes, avec les citations du chercheur.
- L'encadré des huit réflexes à adopter : vérifier la source, l'auteur, la date, les preuves, et reconnaître une image générée par IA.
- Un exemple d'images de guerre générées par IA et diffusées par des médias.
