Comment prendre soin de ses relations ? Les conseils de Thomas d'Ansembourg
Nouvelles rencontres, retrouvailles, réunions de famille : l'été met nos relations à l'épreuve. Le psychothérapeute Thomas d'Ansembourg partage dans le n°3 d'Innovation en Éducation ce qui l'aide à les soigner.
Tiré du magazine · n°3Et si cet été, on ralentissait ?
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L'été est une saison propice aux relations, dans tout ce qu'elles ont de chaleureux, mais parfois aussi de douloureux. Thomas d'Ansembourg, psychothérapeute et spécialiste de la communication non violente (CNV), les connaît bien : il accompagne depuis près de vingt-cinq ans des personnes en quête de bonheur et de relations saines. Dans un grand entretien du n°3 d'Innovation en Éducation, il partage une manière de les soigner, du couple jusqu'à la famille.
Pourquoi les relations comptent-elles autant ?
Parce qu'elles sont, dit-il, notre véritable trésor. Il fait écho à la grande étude de l'université de Harvard, menée pendant soixante-quinze ans, qui conclut que la richesse des relations avec ses proches est ce qui contribue le plus au bonheur. Ce qui rend pleinement heureux, c'est de vivre des relations vraies, profondes, fluides et fécondes. Ce qui rend malheureux, c'est l'absence de relations, ou des relations irritantes et pénibles qui génèrent des frustrations répétées.
« Ce qui nous rend pleinement heureux, c'est de vivre des relations vraies, profondes, fluides et fécondes… »
Que veut dire « chérir le nous » ?
C'est l'image la plus marquante de l'entretien, et elle vaut pour le couple. Il y a trois êtres vivants dans une relation, explique-t-il : « moi », « toi », et « nous ». Moi est né à ma date de naissance, mon épouse à la sienne, et « nous » est né le jour de notre rencontre. Il a grandi, fleuri, est devenu adulte et joyeux. Il peut se fatiguer, tomber malade, et même mourir si l'on n'en prend pas soin.
« Il s'agit vraiment de chérir le "nous" comme un être vivant, à part entière et donc lui consacrer du temps, de l'attention, du soin, de la réparation quand il s'est abîmé… »
Il n'y a pas de secret magique, ajoute-t-il, mais une recette : de l'écoute, de l'empathie, de la présence, du temps passé ensemble et du temps de silence. Et, très souvent, ce qui a manqué aux couples en difficulté qu'il a accompagnés, c'est de se dire l'estime, le respect et la gratitude : « ça va encore mieux en le disant ».
Comment la CNV peut-elle aider, et comment pardonner ?
Thomas d'Ansembourg y voit un outil rigoureux de connaissance de soi, clé de la compréhension de l'autre : on ne comprend l'autre que si l'on se comprend soi-même. Il décrit dans son dernier livre cinq « programmations auto-bloquantes », des habitudes culturelles très ancrées comme le goût du drame ou la tendance à vivre les rapports en termes de domination et de soumission. Tant qu'on ne les a pas repérées, dit-il, on ne peut pas en sortir. L'entretien les détaille.
Sur le pardon, sa réponse est nuancée. Le mot peut sembler raide, évoquer un devoir. Il préfère parler de réconciliation, un travail pour se reconnaître dans nos humanités respectives, d'abord pour sa paix intérieure. Quand la personne n'est plus là, des jeux de rôle en accompagnement peuvent permettre de comprendre et de guérir.
Enfin, il pose une idée qui élargit le propos : travailler sur soi n'est pas égoïste, c'est ce qu'il appelle une « intériorité citoyenne », car quand une personne se transforme, c'est toute la famille qui en bénéficie.
Questions fréquentes
Existe-t-il un secret pour que le couple dure ?
Non, répond Thomas d'Ansembourg : plutôt une recette faite d'écoute, d'empathie, de présence, de temps ensemble et de gratitude exprimée.
Faut-il toujours pardonner ?
Il préfère parler de réconciliation, au moins « de cœur à cœur », pour lâcher les choses et retrouver la paix, sans en faire un devoir.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- L'entretien complet, avec les douze questions posées au psychothérapeute.
- Les cinq programmations auto-bloquantes, avec les exemples qu'il en donne.
- Le récit personnel de son parcours, de la peur de l'engagement à la CNV.
- Les jeux de rôle qui permettent de se réconcilier avec une personne absente.
