Le Ho'oponopono peut-il apaiser les conflits en famille ?
Andréa Girard, consultante pédagogique, a cherché pendant un an une manière de régler les conflits sans reproches. Dans le n°9, elle présente celle que sa famille a adoptée, venue d'Hawaï.
Que faire quand une dispute éclate entre frères et sœurs, ou entre un parent et un enfant, sans tomber dans les reproches ni dans l'énergie des punitions ? Andréa Girard a passé plus d'un an à chercher une réponse. Consultante pédagogique, formatrice et autrice jeunesse, ancienne intervenante en délinquance et enseignante au primaire, elle instruit ses trois enfants en famille. Dans le n°9 d'Innovation en Éducation, elle raconte ce qu'elle a trouvé : le Ho'oponopono, une pratique hawaïenne.
C'est un témoignage de parent, avec ses convictions : le texte expose une démarche d'inspiration spirituelle, que chaque lecteur jugera selon ses propres repères.
D'où vient cette pratique ?
Elle découle de la philosophie hawaïenne, que l'autrice résume en un mot, « aloha » : bien plus qu'un bonjour, un état d'esprit de bonté fait d'amour, de joie, de partage et de bienveillance. Le Ho'oponopono servait depuis des décennies à résoudre des conflits dans les tribus. Au milieu des années 1970, une chamane hawaïenne, Morrnah Simeona, en a développé une version modernisée, avec le docteur Stanley Hew Len, pour aider les Occidentaux à réduire leur stress.
Responsable sans être coupable : que veut dire cette idée ?
C'est le point que l'autrice juge essentiel, et il est formulé avec précaution. Selon cette sagesse, nous sommes responsables à 100 % des expériences que nous vivons, mais il n'est pas question de culpabilité : les épreuves viendraient de « mémoires erronées » que nous ignorons. La responsabilité consisterait à les « nettoyer » pour se libérer du passé. Face à un conflit, l'adulte agit donc d'abord sur lui-même, sur ses pensées et ses réactions.
Que font concrètement les enfants ?
Andréa Girard précise que la méthode n'oblige personne : les enfants ne sont pas tenus de la pratiquer. Chez elle, pourtant, ils s'en sont emparés. Inspirés par un film, ils trouvaient amusant de réciter le mantra, quatre phrases courtes, dès qu'une dispute éclatait. Avec le temps, ils ont constaté que les conflits entre eux, et avec leurs parents, se réglaient dans une atmosphère plus sereine.
« Maman, nous sommes une famille avec les cœurs unis. »
Cette phrase, dite par l'une de ses filles de 6 ans, résume pour l'autrice ce que la pratique a changé à la maison.
Faut-il en attendre un résultat immédiat ?
Non, et c'est la nuance sur laquelle l'article insiste. Les effets attendus sont de deux ordres : soit la situation s'améliore dans la fratrie, soit les pensées et les réactions de l'adulte changent lors du conflit suivant. Il n'y a pas d'âge minimum pour pratiquer, ni besoin de croire en une divinité en particulier. L'autrice invite à ne pas guetter de résultat.
« Récitez les 4 phrases sans forcément attendre de résultats immédiats, afin d'être dans un état de lâcher-prise, c'est la clé de la libération ! »
L'article s'attache à décrire un esprit plus qu'une technique : une manière de revenir à soi avant de répondre à l'autre.
Qu'en retenir quand on est parent ou enseignant ?
Sans avoir à adhérer à la philosophie qui la sous-tend, on peut retenir de cet article une piste simple : avant de chercher qui a tort, l'adulte regarde sa propre part dans la situation, ses pensées et ses réactions. L'autrice raconte avoir cherché pendant plus d'un an un moyen d'éduquer ses enfants à résoudre leurs conflits en formulant des phrases positives, sans les culpabiliser. Il revient à chacun de juger si cette pratique lui convient et si elle s'accorde avec ses propres convictions.
Questions fréquentes
D'où vient le Ho'oponopono ?
D'Hawaï. Cette pratique de résolution des conflits servait depuis longtemps dans les tribus, avant d'être modernisée dans les années 1970 par Morrnah Simeona avec le docteur Stanley Hew Len.
Faut-il avoir des croyances religieuses pour le pratiquer ?
Selon Andréa Girard, non : on n'a pas besoin de croire en Dieu, et peu importe le nom qu'on donne à ce qui se trouve en chacun de nous.
À partir de quel âge peut-on le proposer aux enfants ?
L'autrice indique qu'il n'y a aucune limite d'âge. Chez elle, ses enfants s'y sont mis spontanément, par jeu, et rien ne les y oblige.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les quatre phrases du mantra, et ce que chacune signifie pour celui qui la prononce.
- L'explication de la logique du Ho'oponopono : responsabilité à 100 % sans culpabilité.
- Le portrait d'Andréa Girard et ses coordonnées, pour suivre ses vidéos et ses ateliers.
N°9
n°9 · Tour du monde des meilleures idées éducatives
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