Aller au contenu
Nos magazines ↗
Rechercher
Je m'abonne
Relations et harcèlement À la maison En classe

Et si chaque comportement d'enfant cachait un besoin⁠ ⁠?

Un enfant dessine sur le papier peint, un élève bavarde en classe⁠ ⁠: et si ces gestes disaient quelque chose d'important pour lui⁠ ⁠? Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, Catherine Schmider propose le regard de la CNV.

Le n°12 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°12Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école Voir ce numéro

La communication non violente (CNV) part d'une idée simple : toute parole et tout comportement expriment un besoin. Pour Catherine Schmider, les adultes qui s'occupent d'enfants gagnent à se poser deux questions avant de réagir : quel est son besoin, et quel est le mien ?

Ancienne enseignante en collège et parent, Catherine Schmider est formatrice certifiée en CNV et fondatrice de l'association Déclic CNV et éducation, qui œuvre pour que parents, professionnels et institutions puissent accéder à cette approche. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, consacré à ce que l'école n'enseigne pas, elle en présente les clés pour la maison comme pour la classe.

Qu'est-ce qu'un besoin, et pourquoi tous les âges en ont-ils ?

Tout ce qui est vivant a des besoins, comme une fleur a besoin d'eau et de lumière : besoins physiques, sécurité, relation, estime de soi, grandes aspirations comme la paix ou l'harmonie. Parents, enfants, enseignants, élèves, chefs d'établissement : tous sont d'abord des êtres humains avec les mêmes besoins, plus ou moins présents selon l'âge ou le moment de la journée.

« L'enfant ne fait pas les choses contre nous, il les fait pour lui, pour vivre des choses importantes pour lui. »

Catherine Schmider, formatrice certifiée en CNV, fondatrice de Déclic CNV et éducationExtrait du n°12, p. 24

L'article présente six étapes pour mieux se comprendre. Parmi elles, une idée qui change le regard : les émotions agréables ou désagréables sont des indicateurs, elles disent si un besoin est pris en compte ou non. Et même les comportements qui dérangent, jusqu'à la violence, expriment un besoin que l'enfant ne sait pas dire autrement.

Comment réagir quand le comportement dérange ?

L'autrice ne demande pas de tout laisser passer. Elle propose de dire un non ferme au comportement, en affirmant ses valeurs, puis d'entendre le besoin qui cherchait à s'exprimer et d'accompagner l'enfant pour qu'il en prenne soin autrement. Elle rappelle qu'il s'agit d'un apprentissage, qui demande de l'entraînement parce qu'il change beaucoup de nos habitudes.

L'exemple qu'elle développe est très parlant : vous découvrez votre enfant de 2 ans en train de dessiner sur la tapisserie du salon. Que cherche-t-il à vivre, lui, d'important ? Et vous, que ressentez-vous, et de quel besoin cela parle-t-il (la beauté du salon, le respect des choses, peut-être) ? Une fois les deux besoins posés, la solution peut être aussi simple que dédier un pan de mur recouvert de grandes feuilles au dessin. Les enfants, ajoute-t-elle, se montrent souvent bien plus créatifs que nous pour trouver des solutions.

Et entre deux enfants, comment gérer un conflit ?

Dans nos habitudes, on cherche d'abord qui a commencé, pour sermonner ou punir. Avec la CNV, on s'intéresse aux émotions et aux besoins de chacun. L'autrice décrit deux compétences clés, l'empathie envers l'enfant et l'auto-empathie envers soi, qui précèdent le dialogue. Le magazine détaille ensuite les étapes de ce dialogue, de l'écoute à la recherche de solutions à deux.

Elle invite aussi à repérer, sans culpabiliser, les habitudes relationnelles qui desservent nos intentions éducatives. L'article en dresse la liste, qui est, reconnaît-elle, déstabilisante : c'est la panoplie la plus répandue dans l'éducation. L'encourageant, c'est qu'on en voit vite les effets.

Et l'adulte, dans tout cela ?

Être parent ou enseignant est passionnant, et aussi fatigant. L'autrice consacre une partie de l'article à l'auto-empathie comme façon de prendre soin de soi, pour éviter la « goutte d'eau qui fait déborder le vase » et que nos paroles ou nos gestes s'éloignent de nos intentions. Elle suggère aussi de demander à une personne de confiance de l'écoute, sans conseils ni solutions, et donne la formule pour le faire.

« Parent, enfant, ado, prof, élève, chef d'établissement, nous sommes avant tout des êtres humains, avec les mêmes besoins […] »

Catherine Schmider, formatrice certifiée en CNV, fondatrice de Déclic CNV et éducationExtrait du n°12, p. 23

Comment les besoins entrent-ils dans le fonctionnement de la classe ou de la maison ?

L'autrice prend l'exemple du besoin d'être accueilli. Quand on ne l'est pas, on se ferme et on se méfie. Soigner les moments d'accueil, c'est donc favoriser la confiance, et donner plus de chances à ce que l'on demande ou enseigne soit bien reçu. À la maison, elle invite à se demander comment l'on accueille son enfant au réveil, quand il dit quelque chose ou quand il rentre de l'école. En classe, des enseignants mettent en place des temps d'accueil de chacun le matin, et un moment hebdomadaire de régulation de la vie de la classe.

Questions fréquentes

La CNV, est-ce renoncer à poser des limites ?

Non. L'autrice parle d'un « non » ferme au comportement, suivi d'une écoute du besoin qui se cachait derrière.

Peut-on utiliser la CNV en classe comme à la maison ?

Oui. L'article donne des exemples dans les deux cadres, dont les temps d'accueil du matin et les moments hebdomadaires de régulation de la vie de la classe.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°12

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. Les six étapes pour mieux se comprendre, avec le rôle des émotions comme indicateurs.
  2. La démarche en questions face à une situation, appliquée à plusieurs scènes de la maison et de la classe.
  3. Les étapes du dialogue : écoute empathique, expression de ses besoins, recherche de solutions.
  4. La liste des habitudes relationnelles qui suscitent de la fermeture chez l'enfant.
  5. La formule pour demander de l'écoute à un proche, et les adresses pour se former.
Couverture du n°12
Pour lire l'article en entier

n°12 · Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école

Ce numéro n'est pas en vente en ce moment.

Avec l'abonnement, chaque nouveau numéro arrive chez vous, sans engagement.

Je découvre l'abonnement ↗
★ Meilleure offre

Chaque numéro CHEZ VOUS, tous les deux mois

  • Sans engagement, résiliable à tout moment
  • Livré directement dans votre boîte aux lettres
  • Satisfait ou remboursé sous 14 jours

OffertEn cadeau de bienvenue, le pack de 9 conférences exclusives du 7e congrès Innovation en Éducation (valeur 69 €).

L'abonnement papier

15 €par numéro

Un numéro tous les deux mois, + frais de port. Démarrage à partir du n°36.

Je m'abonne
Dans la même thématique

Lisez aussi

Tiré du n°24
Relations et harcèlement Paroles de profs

Peut-on enseigner le vivre ensemble en CM2⁠ ⁠? L'éducation à la relation

Prendre du temps pour enseigner le vivre ensemble, y compris en CM2, et de façon ludique⁠ ⁠: Laure Ridez raconte dans le n°24 d'Innovation en Éducation ce que lui a apporté une formation à l'éducation à la relation.

En commun : gestion des conflits CNV

4 min de lectureEn classe

Tiré du n°24 · Paroles de profs

Tiré du n°31
Parentalité

Montrer l'exemple⁠ ⁠: faut-il être un parent parfait⁠ ⁠?

On dit que les enfants apprennent par imitation, et beaucoup de parents s'en inquiètent. Dans le n°31 d'Innovation en Éducation, la psychoéducatrice Gabrielle D. Marchand remet cette idée dans son contexte.

En commun : empathie prendre soin de soi

4 min de lectureÀ la maison

Tiré du n°31

Couverture du n°36 : Agir pour leur santé : 30 solutions à tester au quotidien ★ 80 pages
Le numéro du moment

N°36 · Agir pour leur santé⁠ ⁠: 30 solutions à tester au quotidien

Sucre, légumes, junk food⁠ ⁠: VOUS SAVEZ DÉJÀ. Mais connaissez-vous ces micro-changements qui produisent les plus grands EFFETS⁠ ⁠?

En prévente jusqu’au 21 décembre 2026 inclus