Peut-on apprendre aux élèves à désamorcer les conflits avec les quatre accords toltèques ?
Les élèves ont du mal à exprimer leurs émotions, et les conflits éclatent. Hélène Parvillers, professeure des écoles, raconte dans le n°24 d'Innovation en Éducation comment elle a adapté les quatre accords toltèques pour les agir en amont.
Dix ans d'enseignement, de nombreuses écoles, divers niveaux et milieux sociaux : Hélène Parvillers, professeure des écoles en CE2-CM1 dans la Drôme, a vu partout la même chose. Les élèves, quels qu'ils soient, ont du mal à exprimer leurs émotions. Les outils qui sollicitent l'empathie existent, mais ils n'agissent pas en amont du conflit. Elle a donc cherché comment faire percevoir aux enfants l'impact de leur conduite sur leurs relations avec les autres, et avec eux-mêmes. Un jour, elle est tombée sur Les quatre accords toltèques, de Miguel Ruiz. Elle raconte la suite dans le n°24 d'Innovation en Éducation.
Que proposent ces quatre accords, et pourquoi à l'école ?
Le livre est écrit pour des adultes. Hélène Parvillers a d'abord cherché à le simplifier elle-même, avant d'être conquise par des supports jeunesse, albums ou courtes vidéos, ainsi que par des outils créés par d'autres enseignants. Elle présente les quatre accords comme des principes essentiels pour bien fonctionner en collectivité. L'un d'eux invite par exemple à ne pas faire de suppositions, ce qui parle aux enfants : beaucoup de conflits naissent d'un malentendu, d'une réflexion trop rapide ou d'une interprétation hâtive.
Son ambition, dit-elle avec humilité, est une meilleure connaissance de soi et moins de conflits. Se mettre à la place de l'autre, c'est bien, mais adopter une attitude plus ouverte, c'est mieux : accepter que l'autre pense et ressente autrement sans que ce soit une remise en cause de soi ni une agression.
Comment les aborde-t-elle avec les enfants ?
Chaque année, pendant la première période, lors des conseils de classe. Un temps d'échanges part d'un constat, puis viennent des histoires ou des vidéos qui nourrissent le débat, pour comprendre qu'en cas de dysfonctionnement d'une relation, l'autre est autant responsable que soi. Selon les années, la séquence s'achève par un moment d'illustration ou de bricolage qui rend visible l'engagement des enfants. Le magazine détaille ces réalisations, ainsi que les ressources jeunesse qu'elle recommande en fin d'article.
Ce travail se poursuit avec des réflexions sur les compétences psychosociales et un renforcement positif quotidien : bien relationner avec les autres passe, selon elle, par une meilleure connaissance de soi et une bonne estime de soi.
Qu'a-t-elle observé ?
Des élèves heureux de venir à l'école, sauf dans quelques situations où l'histoire personnelle de l'enfant est trop lourde à porter. Les enfants font attention aux autres, se rappellent parfois à l'ordre, gentiment, en convoquant les accords, et se montrent plus enclins à coopérer et à participer à la vie de classe.
« Notre climat de classe est serein, respectueux et positif, et il me semble que c'est l'essentiel pour bien apprendre. »
Quel conseil donne-t-elle à ses collègues ?
D'abord, elle ne veut pas culpabiliser ceux qui exercent malgré des difficultés croissantes : chacun fait du mieux qu'il peut, et ce mieux varie. Elle croit en revanche à une idée simple.
« Un professeur n'enseigne pas qu'une matière, il véhicule et transmet ses convictions. Il ne donne pas quelque chose, mais il se donne lui. »
Elle recommande de garder confiance dans ce que l'on peut apporter aux élèves, de semer des graines, et de voir au-delà de la simple évaluation scolaire.
Quelle ambition l'enseignante assume-t-elle ?
Hélène Parvillers reste modeste sur sa démarche, qu'elle juge perfectible : elle découvre régulièrement de nouvelles ressources destinées aux enfants. Mais son ambition est claire : viser une meilleure connaissance de soi, une diminution des conflits, et, avec un sourire, un monde meilleur. Elle estime qu'être capable de construire une relation saine avec les autres passe par une bonne estime de soi, d'où le lien qu'elle fait avec les compétences psychosociales. Elle rappelle aussi que chacun fait du mieux qu'il peut en classe : elle ne souhaite pas culpabiliser les collègues encore présents sur le terrain malgré des difficultés croissantes, et elle reconnaît les limites que chacun vit. Son invitation est simple : si l'on croit sincèrement à ce que l'on veut transmettre, on le transmet.
Questions fréquentes
Les quatre accords toltèques conviennent-ils à de jeunes enfants ?
L'enseignante a d'abord simplifié le livre d'origine, écrit pour des adultes, puis a utilisé des albums et des vidéos pour la jeunesse.
Que font les élèves concrètement ?
Selon les années et les besoins, ils discutent, regardent des histoires, puis réalisent une illustration ou un objet symbolique pour marquer leur engagement.
Cette approche supprime-t-elle tous les conflits ?
Non : l'autrice parle d'une diminution des conflits, et reconnaît que certaines situations personnelles restent trop lourdes pour des élèves.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La liste complète des quatre accords, telle que la présente l'enseignante.
- Les temps d'échange, d'histoires et de vidéos du début d'année.
- Les illustrations réalisées avec les élèves pour s'engager à les appliquer.
- Les liens avec les compétences psychosociales et le renforcement positif quotidien.
- Les ressources recommandées : vidéo, contes et album jeunesse.
N°24
n°24 · Profs inspirants : 30 méthodes qui marchent
Ce numéro n'est pas en vente en ce moment.
Avec l'abonnement, chaque nouveau numéro arrive chez vous, sans engagement.
