Les ados face aux changements : comment les accompagner sereinement ?
Rentrée au collège, déménagement, séparation : les transitions pèsent plus lourd à l'adolescence. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, l'ancienne enseignante Ellen Bales propose des clés fondées sur les neurosciences.
Tiré du magazine · n°33Les enfants face aux étapes de la vie
Voir ce numéro
L'adolescence est, avec la petite enfance, l'une des deux grandes fenêtres de sensibilité du cerveau. Ce cerveau très malléable offre un remarquable potentiel d'apprentissage, mais le rend aussi plus vulnérable aux changements. Ellen Bales, ancienne enseignante devenue spécialiste des neurosciences affectives, en tire des repères pour les parents.
Ellen Bales a enseigné pendant vingt-cinq ans. Titulaire d'un diplôme universitaire en neurosciences, elle est l'autrice de Cerveau et émotions à l'adolescence et anime des formations à la discipline positive. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, elle propose un article en listes de conseils, que l'on peut lire par fragments.
Pourquoi les transitions sont-elles si lourdes à l'adolescence ?
Parce que les capacités de régulation sont encore en construction, et que l'adolescent réagit plus intensément aux situations nouvelles ou imprévues. L'autrice s'appuie sur les travaux de la chercheuse Sonia Lupien, qui montre que l'entrée au collège ou au lycée suscite un taux de stress très élevé. Ces moments appellent donc, selon elle, davantage de vigilance et de présence de la part des adultes.
« Un adulte capable de jouer le rôle du cortex préfrontal le temps que le leur arrive à maturité. »
L'idée est simple : le cortex préfrontal, qui aide à réguler les émotions, n'est pas encore mûr. Le parent peut en tenir lieu, en attendant.
Que veut dire « co-réguler » avant d'exiger l'autocontrôle ?
C'est l'un des six conseils de l'article. Co-réguler, c'est aider l'adolescent à retrouver son calme grâce à la présence d'un adulte qui maîtrise ses propres émotions : parler sans hausser le ton, nommer ce qu'il ressent, rester là, parfois sans rien dire. Les autres conseils portent sur la stabilité du cadre, l'écoute, la préparation d'un changement à deux, l'aide face à la difficulté et la régulation du stress. Le magazine les détaille avec des phrases à essayer.
Qu'est-ce que la flexibilité cognitive, et comment l'entraîner ?
Ellen Bales invite à cesser de se focaliser sur les notes. À ses yeux, ce sont les fonctions exécutives qui comptent, dont la flexibilité, c'est-à-dire la capacité à changer de point de vue face à une situation nouvelle ou bloquante.
« La réussite dépend moins du niveau d'intelligence que de la persévérance, la capacité à rester motivé, la maîtrise de soi ou la régulation des émotions et du stress. »
Cinq pistes sont proposées pour l'entraîner, dont l'une a de quoi faire sourire : pratiquer soi-même, à voix haute, la remise en question devant ses enfants. L'article en détaille les formulations.
Questions fréquentes
La crise d'adolescence existe-t-elle vraiment ?
L'autrice rapporte l'avis du chercheur Grégoire Borst : il n'existe pas vraiment de crise d'adolescence, ce sont plutôt les parents qui ont du mal à accepter les changements.
Que faire quand un ado s'emporte ?
Selon l'article, proposer de reporter la discussion à un moment plus calme laisse au cortex préfrontal le temps de reprendre le contrôle.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les six conseils pour accompagner les changements, avec les phrases à essayer.
- Les cinq pistes pour entraîner la flexibilité, avec exemples de questions.
- Les « 3 R » du chercheur Laurence Steinberg : récompense, relations, régulation.
- Les gestes à adopter face au goût du risque et à l'influence du groupe d'amis.
- L'encadré sur les cartes de conversation pour ouvrir la parole.
n°33 · Les enfants face aux étapes de la vie
Ce numéro n'est pas en vente en ce moment.
Il revient en boutique en novembre 2026.
Avec l'abonnement, chaque nouveau numéro arrive chez vous, sans engagement.
