Casseroles familiales : comment ne pas les transmettre à ses enfants ?
Chacun naît avec des « casseroles » familiales, et ses parents avec les leurs. Dans le n°22 d'Innovation en Éducation, la thérapeute Charlotte Vallet explique comment les repérer, et ce qu'elle a fait des siennes.
Tiré du magazine · n°22La famille ? C’est compliqué… !
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Chacun arrive au monde avec des « casseroles » familiales, et ses parents traînaient déjà les leurs : peurs, honte, croyances reçues sans qu'on les ait choisies. Même silencieuses, elles encombrent la vie de famille et les relations amoureuses. Tel est le point de départ de la thérapeute Charlotte Vallet, interrogée dans le n°22 d'Innovation en Éducation, qui explique comment les reconnaître pour ne pas les passer à la génération suivante.
Charlotte Vallet est coach pour les femmes, spécialisée dans l'émancipation. Elle a étudié la psychologie, l'hypnose et les neurosciences, et la famille est le sujet pour lequel on la consulte le plus. Elle parle d'abord de ce qu'elle a vécu : un parcours d'enfant placée en foyer, puis accueillie par un oncle et une tante dans une ambiance qu'elle décrit comme froide et critique.
Qu'est-ce qu'une « casserole » familiale ?
C'est un malaise lié à la famille : honte, culpabilité, colère, peur, disputes qui reviennent. Certains sont conscients. D'autres ne le sont pas, et se manifestent dans les relations avec les amis ou le conjoint, sans qu'on en connaisse l'origine. Charlotte Vallet donne un exemple parlant : une personne qui n'a pas été aimée enfant peut en conclure qu'elle ne mérite pas de l'être, et cela pèse ensuite sur sa vie de couple.
Pourquoi ne les voit-on pas ? Parce que la société a tendance à mettre la famille sur un piédestal. Selon la thérapeute, l'idée qu'« on ne choisit pas sa famille, mais on l'accepte » rend les malaises difficiles à regarder en face.
Pourquoi s'intéresser aussi aux casseroles de nos parents ?
Parce que les parents éduquent à partir de leurs propres croyances. Elle prend l'exemple de parents marqués par l'après-guerre, qui répètent à leurs enfants de choisir un métier sûr, au salaire garanti. L'intention est bonne, mais elle peut enfermer. De même, un parent pudique sur ses sentiments transmet souvent cette pudeur, sans y penser.
Ce n'est pas un procès : les parents cherchent généralement à bien faire. Mais tant que leurs propres blessures n'ont pas été regardées, elles se transmettent. L'idée sous-jacente intéresse autant les parents que les enseignants, qui reconnaissent parfois chez un élève ce qui vient de la maison.
Comment alléger ce qu'on porte ?
Charlotte Vallet décrit une démarche en deux volets, l'un tourné vers un travail sur soi, l'autre vers l'action, et cite plusieurs approches qu'elle utilise (constellations familiales, hypnose, psychanalyse). Le magazine détaille ce qu'apporte chacune.
Elle évoque aussi la rupture familiale, qu'elle a choisie pour elle-même et qu'elle décrit comme une libération. Elle prend soin de la présenter comme un parcours personnel, qui demande du courage, et pas comme une règle valable pour tous.
« Ma famille a fait comme elle a pu, je ne suis pas certaine que d'en vouloir à qui que ce soit est une bonne chose. »
Qu'est-ce qui l'a amenée à se poser ces questions ?
Son propre vécu. Adolescente renfermée et en décalage avec les autres, elle a commencé une thérapie très jeune. Ce parcours lui a fait poser des questions que peu d'enfants se posent, et que beaucoup d'adultes se posent plus tard.
« Pourquoi la famille n'est-elle pas toujours aimante ? Pourquoi ressent-on parfois de la lourdeur en sa présence ? »
Questions fréquentes
Que sont les « casseroles » d'une famille ?
Ce sont des malaises liés à notre histoire familiale : honte, culpabilité, colère, peurs, tensions qui reviennent. Ils peuvent être conscients ou, plus souvent, invisibles.
Nos parents nous transmettent-ils leurs peurs ?
Souvent, sans le vouloir. Selon Charlotte Vallet, un parent éduque à partir de ses croyances et de ses blessures, même quand il cherche à bien faire.
Faut-il forcément couper avec sa famille pour aller mieux ?
Non. C'est le choix que Charlotte Vallet a fait pour elle-même, et elle le présente comme un parcours personnel. Le magazine réunit plusieurs regards sur la question.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les trois formes que prennent les casseroles familiales, de la plus consciente à la plus invisible.
- Les approches thérapeutiques évoquées pour s'alléger, avec ce que chacune apporte.
- Le récit complet de l'enfance de Charlotte Vallet et de la manière dont elle a reconstruit son rapport à la famille.
