Quand un parent est difficile à vivre : comment protéger ses enfants et se préserver ?
Que faire quand son propre parent est blessant et que les enfants réclament leurs grands-parents ? Dans le n°22 d'Innovation en Éducation, la psychopraticienne Géraldyne Prévot-Gigant propose des repères pour s'y retrouver.
Tiré du magazine · n°22La famille ? C’est compliqué… !
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Devenir parent peut raviver une question que l'on croyait réglée : comment rester en lien avec son propre père ou sa propre mère quand cette relation fait du mal, tout en protégeant ses enfants ? Pour la psychopraticienne Géraldyne Prévot-Gigant, la réponse commence par le fait de se reconnaître le droit de poser des limites, sans se sentir coupable. Elle propose ses repères dans le n°22 d'Innovation en Éducation.
Géraldyne Prévot-Gigant accompagne depuis près de trente ans des personnes confrontées à la dépendance affective et aux relations toxiques, et elle est l'autrice d'une quinzaine d'ouvrages. Son article est écrit pour des parents, avec un ton direct. Elle reconnaît elle-même que « chaque histoire est différente » : ses repères sont à prendre comme des pistes, pas comme un verdict sur une famille.
Comment savoir si l'on est concerné ?
C'est souvent le premier obstacle : quand on a grandi auprès d'un parent contrôlant ou critique, on a pris l'habitude, et l'on doute de ce que l'on ressent. L'autrice décrit cinq comportements récurrents qui aident à y voir plus clair : le magazine les détaille un à un, avec les phrases que l'on peut entendre. L'objectif n'est pas d'étiqueter quelqu'un, mais de repérer des situations qui se répètent et de prendre du recul.
Elle relève un signe révélateur : l'adulte qui passe son temps à faire en sorte que tout se passe bien, qui espère « que cette fois-ci sera la bonne », et qui se sent coupable à chaque dérapage. Porter seul la relation est, selon elle, un indice qu'elle est déséquilibrée.
Poser des limites : à quoi cela ressemble-t-il ?
Face à un parent, c'est d'autant plus difficile qu'il reste en nous l'enfant obéissant. Géraldyne Prévot-Gigant rappelle que dire « stop » n'est pas une agression. C'est une manière de se préserver et de préserver sa famille.
« C'est un acte d'auto-bientraitance que de dire stop, c'est être un bon parent envers soi que de poser des limites à un parent toxique. »
Quant à savoir s'il faut maintenir le contact ou s'éloigner, elle ne tranche pas pour les autres : la décision dépend du degré de difficulté et de l'histoire de chacun. L'éloignement peut parfois s'avérer nécessaire, et elle évoque aussi la possibilité de préserver la relation.
Et quand ce parent devient grand-parent ?
C'est le cœur concret de l'article. Elle conseille de définir des règles claires sur les moments passés avec les enfants, et de parler avec eux, avec des mots adaptés à leur âge. À un enfant qui réclame son grand-père ou sa grand-mère, on peut expliquer que les relations sont parfois compliquées, que ce n'est jamais sa faute, et qu'il est aimé. Elle laisse d'ailleurs la porte ouverte : un parent difficile peut évoluer, notamment s'il accepte un accompagnement. Elle invite alors à rester attentif aux interactions plutôt qu'à couper par principe.
Et si l'on craint de reproduire ce que l'on a vécu ?
C'est la crainte de beaucoup de parents, et la réponse de l'autrice est rassurante. La répétition n'est pas systématique : avoir eu un parent difficile conduit souvent à douter de soi, à se montrer trop exigeant, à vouloir « bien faire » à l'excès, bien plus qu'à reproduire ces comportements. Les questions que l'on se pose sont déjà le signe d'un parent attentif.
« Se libérer de l'emprise parentale implique un travail de guérison personnelle, de thérapie et de développement de saines limites émotionnelles. »
Questions fréquentes
Faut-il forcément couper les ponts avec un parent difficile ?
Non. L'autrice rappelle que la décision dépend de chaque histoire : parfois l'éloignement est nécessaire, parfois on peut cadrer la relation avec des limites claires.
Comment parler à son enfant d'un grand-parent difficile ?
Avec des mots adaptés à son âge : les relations sont parfois compliquées, ce n'est pas de sa faute, et il est aimé et soutenu.
Peut-on craindre de devenir soi-même un parent difficile ?
C'est fréquent. Selon l'autrice, la répétition n'est pas systématique, et s'en préoccuper est plutôt bon signe.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les cinq comportements qui caractérisent un parent toxique, avec les phrases qui les trahissent.
- Les trois règles numérotées de l'autrice pour sortir de l'emprise, et sa façon d'aborder la communication assertive.
- Les conseils pour protéger les enfants face à un grand-parent difficile.
- Un ouvrage de l'autrice pour aller plus loin, avec des exercices.
