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Émotions et bien-être À la maison

Peut-on se libérer des croyances héritées de son enfance⁠ ⁠?

Et si l'enfant à qui l'on parlait durement, c'était vous⁠ ⁠? Dans le n°2 d'Innovation en Éducation, la coach et chercheuse Guila Clara Kessous affirme qu'il n'est jamais trop tard pour s'en relever, et propose une méthode.

Le n°2 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°2Cerveau / neurosciences⁠ ⁠: mode d'emploi⁠ ⁠! Voir ce numéro

Oui, selon Guila Clara Kessous, coach et enseignante chercheuse à l'Université de Harvard. Dans le n°2 d'Innovation en Éducation, elle explique que les paroles entendues dans l'enfance peuvent laisser des « croyances limitantes » qui pèsent sur l'estime de soi, mais qu'on peut les repérer et les transformer. Elle décrit aussi les étapes par lesquelles une personne traverse une épreuve sans s'y briser : la résilience.

Quand on se reconnaît dans l'enfant

L'article arrive en fin de numéro, après de nombreuses pages consacrées au poids des paroles adressées aux enfants. Son chapô pose une question délicate : en lisant ces pages, certains lecteurs ont pu reconnaître leur propre enfance. Plutôt que de laisser ce constat en suspens, le magazine ouvre une porte, celle d'un travail possible à tout âge. C'est un choix qui répond à la ligne du numéro, dont un autre article rappelait déjà qu'il n'est jamais trop tard pour commencer.

Repérer ses croyances limitantes

Guila Clara Kessous part d'une idée simple : pour se relever, il faut connaître le terrain d'où l'on part. Certaines paroles et certaines expériences finissent par s'installer en nous sous forme de convictions sur nos capacités, souvent sans qu'on s'en rende compte. Elles entament l'estime de soi et font douter de ce que l'on peut accomplir.

Elle propose un exercice concret pour les identifier, que vous trouverez détaillé dans le magazine. Elle observe que ces voix intérieures reprennent souvent des discours entendus très tôt, parfois chargés de stéréotypes liés au fait d'être une fille ou un garçon. Elle s'arrête aussi sur l'adolescence, et sur l'effet durable des surnoms donnés par les camarades à un âge où l'on est particulièrement exposé au regard des autres.

Contextualiser plutôt que généraliser

Le cœur de la méthode tient dans un déplacement de la phrase intérieure.

« C'est le passage de la généralisation à la contextualisation qui va permettre de transformer la croyance limitante en affirmation positive. »

Guila Clara Kessous, coach et enseignante chercheur à l'Université de HarvardExtrait du n°2, p. 64

Une croyance limitante est presque toujours générale, du type je ne suis pas capable de. La transformer consiste à préciser les conditions dans lesquelles on en est capable. L'article donne deux exemples de cette réécriture, dont l'un concerne la prise de parole en public. Il explique ensuite comment repérer ces pensées quand elles reviennent, pour les reformuler au moment même. Un exercice simple, mais qui demande un peu de régularité.

Cette approche peut aussi servir aux parents dans leur rôle éducatif. Prendre conscience de ses propres croyances aide à éviter de les transmettre sans le vouloir. Sophie Rabhi-Bouquet, dans le même numéro, fait d'ailleurs de ce travail sur sa propre histoire un préalable pour parler aux enfants avec justesse.

Les trois temps de la résilience

La seconde partie de l'article s'appuie sur la définition de la résilience proposée par le psychiatre Boris Cyrulnik, avec qui l'auteure a travaillé, et sur l'image d'un matériau capable de se déformer sous un choc puis de retrouver sa forme.

« Il s'agit dans la résilience de trouver la force dans l'adversité, de ne pas être touché dans son énergie vitale mais de continuer à fonctionner, voire d'utiliser certaines ressources dévoilées par cette adversité pour mieux avancer. »

Guila Clara Kessous, coach et enseignante chercheur à l'Université de HarvardExtrait du n°2, p. 65

Guila Clara Kessous distingue ensuite trois temps : celui du traumatisme, celui où le choc s'intègre, celui de la réparation. Pour chacun, elle montre ce qui aide à traverser l'épreuve. Le magazine détaille ces trois étapes, avec une notion empruntée à la psychologie positive pour la deuxième, et les moyens d'appropriation de l'expérience pour la troisième.

Un message d'espoir

Ce texte ne promet pas d'effacer le passé. Il propose plutôt de l'intégrer à son histoire pour qu'il cesse de diriger le présent. Pour les parents qui portent des blessures anciennes, c'est une invitation à ne pas s'enfermer dans la culpabilité, et à se donner, selon le titre de l'article, une seconde chance.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une croyance limitante ?

C'est une conviction sur nos capacités, souvent formée dans l'enfance à partir de paroles entendues, qui entame l'estime de soi et freine l'action. Guila Clara Kessous propose une démarche pour la repérer et la transformer.

Comment transformer une croyance limitante ?

Selon elle, en passant d'une phrase générale à une phrase contextualisée, qui précise dans quelles conditions on est capable de faire ce dont on doutait.

Quelles sont les étapes de la résilience ?

Elle en décrit trois : le temps du traumatisme, celui de l'intégration du choc, puis celui de la réparation, où l'expérience trouve sa place dans l'histoire personnelle.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°2

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. L'exercice proposé pour identifier ses croyances limitantes, étape par étape.
  2. Les exemples de réécriture d'une croyance en affirmation positive.
  3. Le rôle des surnoms reçus à l'adolescence dans l'image de soi.
  4. Les trois temps de la résilience, détaillés, avec ce qui aide à chacun d'eux.
Couverture du n°2
Pour lire l'article en entier

n°2 · Cerveau / neurosciences⁠ ⁠: mode d'emploi⁠ ⁠!

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