Que sont les « maladresses parentales » ? Le regard de Jean Closon
On ne nous a jamais appris à être parents, et chacun fait de son mieux avec ce qu'il a reçu. Dans le n°5 d'Innovation en Éducation, Jean Closon invite à s'interroger, sans jugement.
Tiré du magazine · n°5Les pédagogies différentes
Voir ce numéro
Jean Closon a quitté l'audiovisuel il y a plus de vingt ans pour se consacrer à la face émotionnelle de l'être, à travers des études de kinésiologie, de psychologie et de communication. Il est l'auteur de Maladresses parentales, s'en sortir et ne pas reproduire (2017). Le n°5 d'Innovation en Éducation en publie « une toute petite partie », que voici en substance, sans y ajouter de reproche : l'auteur lui-même précise qu'il ne porte aucun jugement.
Pourquoi parle-t-on de « maladresses » ?
Le point de départ de l'article est simple, et il est dit avec bienveillance.
« On ne nous a malheureusement jamais appris à devenir parents […] »
Nos seuls repères, explique-t-il, viennent de nos propres parents, de nos expériences et de nos apprentissages, qui ne constituent pas forcément les meilleurs modèles. Chacun essaie de faire au mieux avec ce qu'il a reçu, appris et vécu, et aime profondément ses enfants. D'où une question qu'il pose sans y répondre à la place du lecteur : ce que nous leur offrons est-il réellement ce dont ils ont besoin, ou le reflet de nos propres besoins et de notre propre histoire ?
Que fait l'enfant pour être aimé ?
Pour obtenir une réponse à ses besoins émotionnels essentiels, se sentir en sécurité, accepté, aimé et reconnu, l'enfant s'adapte. Il se plie souvent aux attentes de son entourage, quitte à mettre de côté une part de sa personnalité ou de sa spontanéité : « si je souhaite ceci, je vais devoir dire ou faire cela ». Ces adaptations, dit l'auteur, peuvent se transformer en modes de survie que l'on reproduit bien au-delà de l'enfance, même quand ils ne conviennent plus.
L'article donne un exemple qui parlera à beaucoup de parents : l'enfant qui raconte quelque chose qu'il a perçu ou ressenti, et à qui l'on répond que cela n'existe pas. Pour l'auteur, ce récit peut cacher une émotion, comme la peur ou l'insécurité, qui mérite d'être entendue, même quand il paraît invraisemblable. Il invite donc à écouter l'enfant qui essaie d'exprimer une sensation.
Peut-on éviter de reproduire ce que l'on a reçu ?
C'est la question centrale de l'article, et l'auteur y répond par une invitation plutôt que par une méthode : identifier, reconnaître et combler ses propres manques, guérir ses blessures, se libérer des croyances héritées qui ne nous correspondent pas. À défaut, il est probable que l'on transmette malgré soi tout ou partie de ce « patrimoine » à ses enfants.
Qu'est-ce que la reconnaissance change pour l'enfant ?
Un enfant qui ne se sent pas ou trop peu reconnu peut se renfermer, ou se faire remarquer autrement, par de mauvais résultats scolaires, de la désobéissance ou de la rébellion. L'auteur insiste sur ce besoin.
« Faites-lui confiance, il vous surprendra, doutez de lui, il vous décevra ! »
Il ne s'agit pas de fermer les yeux sur les difficultés, mais de valoriser l'enfant même quand il en rencontre, à l'école comme à la maison, et de projeter des progrès plutôt que des échecs. Pour prolonger la réflexion sur ce que l'on transmet sans le vouloir, un autre numéro s'interroge sur la répétition des blessures d'attachement.
Comment lire cet article avec nuance ?
Le texte est un extrait de l'ouvrage de l'auteur, et le magazine le dit : une toute petite partie, qui ne prétend pas épuiser le sujet. Il ne s'agit pas de chercher des coupables. Jean Closon l'écrit d'entrée : chacun fait au mieux, et l'on ne peut transmettre que ce que l'on a reçu. Un parent qui se reconnaît dans l'une de ces situations n'a donc rien à se reprocher : il peut simplement y voir une invitation à regarder ce qu'il souhaite garder de son éducation, et ce qu'il préfère laisser. Plusieurs articles du magazine rejoignent cette idée sous d'autres angles, de la posture parentale à l'attachement.
Questions fréquentes
Qu'entend-on par « maladresses parentales » ?
Ce sont des attitudes que l'on reproduit sans le vouloir, souvent héritées de sa propre éducation, avec les meilleures intentions du monde.
Peut-on faire autrement que ses parents ?
Jean Closon le pense : en reconnaissant ses propres manques et croyances héritées, on peut choisir ce que l'on souhaite transmettre.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le raisonnement complet de l'auteur sur la façon dont l'enfant s'adapte pour être aimé.
- L'exemple détaillé de l'enfant que l'on ne croit pas, et ce qu'il peut cacher.
- Le développement de l'auteur sur ce que l'on transmet sans le vouloir : manques, blessures, croyances et modes de survie.
- Le portrait de l'auteur et la référence de son livre.
