Pourquoi le temps est-il si difficile à comprendre pour un enfant ?
« Ça va trop vite, maman ! » Pour un enfant, le temps est une notion abstraite. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, Tiphaine Chatonnier propose cinq conseils pour l'aider à s'y repérer, sans le presser.
Tiré du magazine · n°12Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école
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Un enfant vit dans le présent, et c'est très bien ainsi. Mais pour s'organiser, il lui faut peu à peu passer d'un temps personnel à un temps plus construit, partagé avec les autres. Tiphaine Chatonnier propose de l'y aider avec des repères simples et, surtout, avec du temps de qualité.
Professeure des écoles en maternelle depuis six ans, Tiphaine Chatonnier s'intéresse à la psychologie de l'enfant et aux neurosciences, et anime un podcast sur le sujet. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, elle part d'une phrase d'enfant, « Ça va trop vite, maman ! », pour expliquer pourquoi l'enfant n'a pas du tout le même rapport au temps que l'adulte.
À quel âge un enfant se repère-t-il dans le temps ?
Par étapes. L'autrice décrit ce que l'enfant sait faire vers 4 ans, entre 4 et 6 ans, puis entre 5 et 7 ans, et ce que l'adulte peut proposer à chaque âge : employer souvent les mots hier, aujourd'hui, demain, expliquer le programme de la journée dès le matin, utiliser un calendrier. Les outils visuels aident, comme le sablier, à condition de les limiter à des activités courtes que l'enfant connaît déjà. Un exemple : « 3 minutes pour te brosser les dents », pendant que le sable s'écoule.
Les repères précis, le magazine les donne âge par âge.
Les routines aident-elles vraiment ?
Oui, selon l'autrice : des habitudes quotidiennes (temps du goûter, de la lecture, du coucher, du jeu) donnent à l'enfant une structure dans laquelle il se sent en sécurité. Elle ajoute que laisser l'enfant éprouver du mécontentement ou de la colère quand le jeu s'arrête est sain, à condition de l'aider à nommer ce qu'il ressent. Et elle tient à ce que chaque « non » soit accompagné d'une explication.
« Chaque "non" mérite une explication ! »
Elle s'appuie aussi sur le neurobiologiste Daniel Siegel, pour qui des temps variés (sommeil, repos, jeu, relations, concentration) sont nécessaires au bien-être de l'enfant. Le magazine reprend cette variété de temps.
Que faire quand l'enfant veut tout, tout de suite ?
« Maman, j'ai faim » : la phrase qui agace. L'autrice invite à donner à l'enfant le goût de l'attente, par exemple en lui confiant une petite tâche comme compter les couverts, ou en créant avec lui un « repère créatif » selon ses passions. Elle rappelle que les limites favorisent la patience, et que l'enfant imite les attitudes de l'adulte. Elle nuance aussi dans les deux sens : répondre toujours oui installe de mauvaises habitudes, mais trop de privations peut aussi bloquer les émotions.
Comment rendre le temps « savoureux » ?
Le parent est un modèle : un adulte toujours pressé transmet sans le vouloir un rapport tendu au temps. L'autrice propose de se ménager du temps pour soi et pour l'enfant, d'animer le quotidien de rires et de mots bienveillants. Elle termine par une question qu'elle invite à méditer : que voulez-vous que votre enfant garde de son éducation dans dix ans ? Le dernier conseil de l'article se tourne vers la nature et les animaux, qui offrent un autre rythme.
« Je suis convaincue que les plus belles choses prennent le temps qu'on ose leur offrir. »
Que dit l'autrice de la patience ?
Elle invite à regarder la patience comme un apprentissage plutôt que comme un manque. Un enfant à qui l'on répond toujours oui tout de suite en conclut que tout s'obtient vite et facilement ; trop de privations, à l'inverse, peuvent étouffer ses émotions. Entre les deux, elle propose des repères stables, des limites claires, et le goût de ce qui se prépare. Elle illustre par l'image d'un cheval : on ne part pas en balade sans l'avoir d'abord brossé, compris et rassuré. Au contact d'un animal, l'enfant découvre un autre rythme que le sien.
Questions fréquentes
À partir de quel âge utiliser un sablier ?
L'autrice recommande de l'utiliser pour des activités rapides et que l'enfant a déjà assimilées, comme le brossage des dents ou le rangement d'un coin de jeu.
Pourquoi mon enfant ne supporte-t-il pas d'attendre ?
Parce que l'enfant perçoit le temps de façon immédiate. L'article propose d'enseigner le goût de l'attente par de petites tâches et des limites claires.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les repères de temps adaptés à chaque âge, de 4 à 7 ans, et les outils qui les soutiennent.
- Les conseils pour installer des routines et accompagner la frustration.
- Les pistes pour donner à l'enfant le goût de l'attente et créer son repère créatif.
- Le conseil sur la nature et les animaux, avec son exemple.
n°12 · Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école
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