Un comportement qui exaspère peut-il cacher une intention positive ?
Votre fils frappe sa petite sœur, votre enfant laisse sa chambre en désordre. Dans le n°15 d'Innovation en Éducation, Marion Sarazin propose de chercher d'abord l'intention positive de ces comportements.
Tiré du magazine · n°15Peuvent-ils encore changer le monde ?
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Un enfant frappe sa petite sœur. Le réflexe d'un parent est de demander pourquoi, ou qui a commencé. Marion Sarazin, psychopraticienne en PNL (programmation neuro-linguistique), propose autre chose : partir de l'idée que derrière tout comportement, même celui qu'on ne tolère pas, se cache une intention positive pour l'enfant.
Marion Sarazin s'est formée à la PNL en Californie avec Robert Dilts, tout en élevant ses trois enfants. Formatrice, conférencière et autrice de plusieurs ouvrages, dont Éduquer avec le sourire, elle a cofondé « Au bonheur des parents ». Elle compare l'éducation à un jardinage : bien nourrir le terreau et arroser la graine pour que la plante pousse. Dans le n°15 d'Innovation en Éducation, elle présente quelques idées fortes de cette approche.
Que veut obtenir un enfant qui se comporte ainsi ?
C'est l'idée centrale. Plutôt que de chercher pourquoi l'enfant frappe, ce qui donne souvent un « je sais pas » ou une dispute sans fin, l'autrice suggère de s'intéresser à ce qu'il cherche à obtenir de bon pour lui : la paix, par exemple, ou le sentiment d'être le plus fort. Une fois cette intention reconnue, elle devient une base de dialogue : on peut y adhérer tout en constatant que le moyen choisi ne marche pas, et laisser l'enfant chercher lui-même une autre manière d'y parvenir. Selon l'autrice, une solution trouvée par l'enfant a beaucoup plus de chances d'être adoptée qu'une solution imposée. Le magazine détaille cette méthode en trois temps, avec les phrases que le parent peut dire.
« Il est tout à fait possible de ne plus vivre dans le conflit et les disputes, de créer des relations harmonieuses et positives et de retrouver le plaisir d'être ensemble. »
Comment tenir un cadre tout en restant souple ?
Sur le même principe, Marion Sarazin décrit une négociation « gagnant-gagnant » pour les situations où l'on peut assouplir sa position : le temps de jeux vidéo, le rangement de la chambre, l'heure de retour le soir. Le parent explique son besoin, demande à l'enfant le sien, puis ils cherchent ensemble comment concilier les deux. Elle la présente comme un chemin entre deux modèles : l'éducation autoritaire d'un côté, celle où l'enfant est roi de l'autre. Le cadre reste fixé par le parent, et à l'intérieur de ce cadre il y a de la flexibilité.
Comparer ses enfants, est-ce un piège ?
L'autrice le raconte avec humour, en partant d'un souvenir personnel. Exaspérée, elle avait un jour lancé à son fils, très doué en musique, de regarder son frère, qui chantait bien. La réponse de son fils :
« Maman, cela m'aide énormément que tu me dises que mon frère chante mieux que moi ! »
Elle en tire une leçon : souligner ce qui est unique chez chacun, sans mentionner les autres, et inviter l'enfant à se comparer à lui-même, à ses débuts. Elle avoue d'ailleurs que ce n'est pas facile, et que son fils n'a jamais pris de cours de chant.
Et quand la colère monte ?
Marion Sarazin rappelle que la vie de parents n'est pas un long fleuve tranquille, et qu'il est normal que parfois il déborde. Elle présente la colère comme une émotion naturelle, qui signale qu'une limite a été franchie ou qu'un besoin n'est pas satisfait. Elle invite à repérer ce qui la déclenche, à l'anticiper et à prendre soin de soi, avec un moment de repos quotidien ou une pratique qui ressource. Le magazine développe aussi deux autres pratiques : se synchroniser avec son enfant avant de lui demander quelque chose, et comprendre ce qui se passe quand on s'emporte.
Questions fréquentes
Que veut dire « intention positive » ?
Selon la PNL, tout comportement répond à une raison positive pour celui qui l'adopte, même quand le comportement lui-même ne convient pas. L'enjeu est d'aider l'enfant à trouver un autre moyen d'obtenir ce qu'il cherche.
Faut-il tout négocier avec son enfant ?
Non. L'autrice parle d'un cadre que le parent fixe, avec une marge de souplesse sur ce qu'il juge négociable.
Comparer ses enfants, est-ce toujours à éviter ?
Marion Sarazin conseille de ne pas le faire, pour ne pas attiser la rivalité, et d'inviter plutôt chaque enfant à mesurer son propre progrès.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La méthode en trois temps pour trouver l'intention positive d'un comportement, avec les phrases à dire.
- Les trois étapes de la négociation gagnant-gagnant, appliquées à la chambre en désordre.
- Les trois façons de se synchroniser avec son enfant : posture, mots, voix.
- Ce qui se passe quand on s'emporte, et les pistes de l'autrice pour ne pas céder à la colère.
