Communication non violente en famille : par où commencer ?
Un crayon jeté, un parent qui crie : la scène est banale. Dans le n°7 d'Innovation en Éducation, Geneviève Keller montre ce que la communication non violente apporte à ces moments.
Tiré du magazine · n°7Bienveillance et discipline, c'est possible ?
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Que fait la communication non violente (CNV) quand un enfant jette ses crayons de colère, et quand le parent, lui aussi à bout, se met à crier ? Geneviève Keller, formatrice certifiée auprès du Centre pour la Communication Non Violente depuis 2008, raconte ce que cette approche a changé dans sa propre famille, avec trois garçons alors âgés de 12, 10 et 8 ans. Dans le n°7 d'Innovation en Éducation, elle en présente les grandes lignes pour les parents.
Pourquoi l'autrice s'y est-elle intéressée ?
Parce que, au début, son mari et elle reproduisaient sans s'en rendre compte les pratiques de leurs propres parents, ce qui créait beaucoup de tensions, d'énervements et de souffrances. L'arrivée de la CNV, notamment après un premier séjour en famille consacré à cette approche, a réorienté leur façon de vivre ensemble : ils ont pu lâcher les injonctions autour du développement de l'enfant, qui l'enferment dans des rôles figés, et se concentrer sur ce qui compte dans l'instant.
Que propose la CNV aux parents ?
Créée par le psychologue Marshall Rosenberg, la CNV invite à reconsidérer la façon dont on s'exprime et dont on écoute, en prêtant attention à quatre éléments : ce qu'on observe, ce que l'on ressent, les besoins liés à ces sentiments, et ce que l'on peut demander pour y répondre. L'autrice en retient trois domaines d'attention pour les parents : la bienveillance, la confiance et la connexion, et le « pouvoir avec » plutôt que le « pouvoir sur », fondé sur le respect mutuel.
Son espoir est qu'en nourrissant cette qualité de relation, les parents aident leurs enfants à devenir des adultes capables de promouvoir la bienveillance et la compassion autour d'eux.
À quoi cela ressemble-t-il quand un enfant s'énerve ?
L'exemple de l'autrice est celui d'un enfant qui s'énerve en dessinant et jette ses crayons de couleur. Plutôt que de le gronder, le parent peut deviner ce qui se passe pour lui et le dire à voix haute : il est énervé parce qu'il aimerait réussir le dessin qu'il a en tête. L'enfant comprend que l'émotion qui le traverse est naturelle, et il apprend à nommer ce qu'il ressent et ce dont il a besoin. L'intention n'est pas de le calmer, même si c'est souvent le résultat, mais de lui offrir un miroir de ses émotions pour qu'il s'accueille tel qu'il est.
Et quand c'est le parent qui n'en peut plus ?
L'article ne dissimule pas que cela arrive : fatigue, journée longue, un verre cassé, et les cris partent. Pour l'autrice, c'est là que la démarche prend tout son sens, car la bienveillance commence par soi.
« Vivre la bienveillance ça commence envers soi-même. »
Elle propose quelques gestes pour retrouver son calme, puis une manière de réparer le lien avec l'enfant, sans excuses ni justification. Le magazine en donne le détail, étape par étape.
La CNV, est-ce du laxisme ?
C'est une croyance qu'elle veut démentir : l'enfant a besoin de limites pour son développement, et la CNV les pose à partir des besoins du parent plutôt que de jugements moraux ou de règles venues de l'extérieur. Si un enfant refuse de mettre son manteau, par exemple, le parent peut essayer de comprendre ce qui se passe pour lui, puis dire pourquoi c'est important pour lui, et chercher une solution ensemble.
« On ne peut pas savoir à l'avance ce qu'il se passe pour lui, c'est en l'écoutant qu'on va pouvoir le rejoindre. »
L'autrice invite enfin les parents à revisiter leur propre enfance, sans faire de procès à leurs parents : comment aurions-nous aimé être accueillis quand nous étions petits ? Cet exercice libère des normes éducatives et élargit le champ des possibles dans la relation avec ses enfants.
Questions fréquentes
La CNV s'applique-t-elle à tous les âges ?
Geneviève Keller en parle à propos d'enfants de toutes tailles et pense qu'il est essentiel d'aider les enfants, dès la naissance, à accueillir leurs émotions.
Comment se former à la CNV ?
Le magazine indique des associations et des sites pour trouver des formations, des stages et des groupes de pratique.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les quatre éléments de la CNV, selon la définition de Marshall Rosenberg.
- Les gestes pour retrouver son calme quand on est submergé, et la façon de réparer le lien ensuite.
- L'exemple du manteau et celui du « s'il te plaît » et du « merci », pour poser des limites en CNV.
- L'exercice pour revisiter son enfance et imaginer l'accueil que l'on aurait aimé recevoir.
- Des pistes pour se former et un encadré de présentation de l'autrice.
