Quand les frères et sœurs ne s'entendent pas : que peuvent faire les parents ?
Disputes, jalousie, rivalités : les relations entre frères et sœurs sont rarement un long fleuve tranquille. Dans le n°22 d'Innovation en Éducation, la coach parentale Véronique Maciejak répond aux questions que se posent les parents.
Tiré du magazine · n°22La famille ? C’est compliqué… !
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Frères et sœurs ne sont pas obligés d'être les meilleurs amis du monde. C'est un point de départ rassurant pour les parents que Véronique Maciejak, coach parentale et autrice, développe dans le n°22 d'Innovation en Éducation : ce qui compte, c'est que chaque enfant se sente respecté, à sa juste place, et que les conflits restent sains.
Véronique Maciejak est coach parentale et bien-être, sophrologue, mère de trois filles, et auteure de plusieurs guides de parentalité aux éditions Eyrolles. Elle s'exprime sur un ton direct et déculpabilisant, nourri de son expérience et de témoignages de familles.
Faut-il s'inquiéter si deux enfants ne s'entendent pas ?
Pas forcément. La fratrie est le premier espace où l'enfant apprend la vie en collectivité, et il faut du temps pour que chacun exprime son identité tout en respectant celle des autres. Comme entre adultes, on a des affinités avec certains plus qu'avec d'autres. L'essentiel est donc moins l'entente parfaite que le sentiment de chacun d'avoir sa place.
« Chaque enfant doit sentir qu'il a la même valeur que les autres (ni plus, ni moins) et qu'il a un rôle unique à jouer au sein de la famille. »
Elle met aussi en garde contre un piège fréquent : vouloir à tout prix que les enfants s'aiment, en les obligeant à jouer ensemble ou à partager systématiquement. Cette pression, même bien intentionnée, peut exaspérer et fragiliser le lien. L'autrice observe que les enfants qui se sentent trop contraints peuvent même se perdre de vue une fois adultes.
D'où vient la jalousie entre frères et sœurs ?
De la peur d'être moins aimé que l'autre, explique-t-elle. Un frère plus doué ou plus fort peut faire craindre que les parents le préfèrent. La jalousie est un sentiment humain : on peut l'atténuer, pas la faire disparaître. Parmi les leviers qu'elle évoque, il y a l'attention portée aux comparaisons, qui stimulent rarement et installent facilement une rivalité, et le fait de valoriser les talents propres à chacun. Le magazine en détaille plusieurs exemples.
Faut-il donner exactement la même chose à chacun ?
C'est l'une des distinctions les plus utiles de l'entretien : l'égalité consiste à donner la même chose à tous au même moment, l'équité tient compte des besoins de chacun.
« Attention à ne pas confondre égalité avec équité ! »
Son exemple : le jour de l'anniversaire d'un enfant, offrir un cadeau à tous ses frères et sœurs pour éviter les jalousies paraît juste, mais l'enfant fêté ne se sent plus « spécial ». Les besoins des enfants sont, comme eux, uniques, et il vaut mieux l'expliquer dès le plus jeune âge.
Faut-il intervenir à chaque dispute ?
Pas nécessairement. L'autrice rappelle que les conflits sont naturels : s'affirmer fait partie du développement. Plutôt que de chercher un coupable, elle suggère d'en comprendre la cause, de veiller à ce que la dispute reste sans violence, et de laisser les enfants chercher leurs propres solutions. Les plus petits peuvent avoir besoin d'un parent qui joue le médiateur : le magazine donne un exemple de ce que cela peut donner.
Elle termine par une idée simple : le bonheur dans la fratrie est une habitude qui se cultive, par des rituels et des traditions familiales. Trois mères racontent les leurs dans l'article.
Questions fréquentes
Les enfants doivent-ils tout partager ?
Pas de façon contrainte. Véronique Maciejak encourage un partage progressif et volontaire, en respectant les limites de chaque enfant.
La jalousie entre frères et sœurs est-elle inévitable ?
C'est un sentiment naturel, que les parents peuvent atténuer sans le faire disparaître. Elle naît de la peur d'être moins aimé.
Faut-il toujours trouver le responsable d'une dispute ?
Non. Il est souvent plus utile d'identifier la cause, et d'inviter les enfants à chercher eux-mêmes une solution.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les réponses détaillées de l'autrice à dix questions de parents sur la fratrie.
- Des exemples pour valoriser les talents de chaque enfant sans les comparer.
- Un exemple de phrases pour guider une dispute entre deux jeunes enfants.
- Trois témoignages de mères sur les rituels qui soudent leur famille.
