Fêter les réussites des enfants à l'américaine : une bonne idée ?
Pyjama day, graduations en toge violette, exposés devant la classe : Déborah Laurent a vu l'école américaine de l'intérieur. Elle en rapporte des idées, et des réserves.
Nos écoles seraient-elles trop austères ? La question est posée dans le n°9 d'Innovation en Éducation, à partir du témoignage de Déborah Laurent. Journaliste née en Belgique, elle s'est installée en Californie avec son mari et son fils Ezra, scolarisé en « preschool » à Palm Springs. Elle porte sur l'école américaine un regard d'Européenne : un système loin d'être parfait, mais qui a des idées à nous faire emprunter.
Que retient-elle de l'école américaine ?
Ce qu'elle apprécie d'abord, c'est la grande place laissée au fun. Le site de l'école de son fils retrace une succession de journées joyeuses : fêtes traditionnelles, mais aussi journée bleue, jour des super-héros, « pyjama day », où les enfants viennent en pyjama. Ce folklore déride le quotidien. Il crée aussi un sentiment d'appartenance : chaque vendredi, tous portent le t-shirt jaune de l'école.
« Ce que j'apprécie dans le système éducatif américain est la grande place laissée aux grains de folie et au fun ! »
Pourquoi remettre un diplôme à un enfant de maternelle ?
C'est l'exemple le plus parlant de l'article. Dès les plus petites classes, des cérémonies de « graduation » célèbrent les réussites : toges violettes, petits chapeaux à pompons, diplômes. Pour le magazine, ces rituels disent quelque chose d'une capacité très américaine à valoriser la réussite dès le plus jeune âge.
« Ces rituels de passage renforcent la confiance en soi, la fierté d'avoir réussi, la reconnaissance du travail accompli par les parents et les profs. »
L'article ne conclut pas qu'il faut tout copier. Il invite à trouver une façon française de célébrer les étapes de la scolarité, plutôt que de s'en tenir à des appréciations du type « peut mieux faire ».
Que sont les soft skills, et pourquoi y tient-on là-bas ?
Les soft skills, ou compétences douces, regroupent ce qui relève du savoir-être : curiosité, empathie, audace, sens du collectif, créativité, gestion du stress, esprit d'entreprendre. Elles s'opposent aux compétences mesurables que l'école évalue d'habitude. Déborah Laurent a constaté qu'elles occupent une grande place dès la préscolarité : son fils présentait déjà des exposés devant toute la classe. L'article rappelle que ces compétences pèsent de plus en plus dans les recrutements en entreprise, alors que l'école française leur laisse encore peu de place.
Cette bienveillance a-t-elle un revers ?
Oui, et l'article ne l'occulte pas. Moins de pression à l'école ne veut pas dire moins de pression tout court. Aux États-Unis, il existe plusieurs types d'écoles, publiques sectorisées, autonomes ou privées, et le coût de la scolarité pèse sur les familles. Selon Déborah Laurent, cet élitisme exerce une pression énorme sur les jeunes.
« Puisqu'on ne peut scolariser son enfant que près de là où on habite, les loyers à côté des “bonnes” écoles s'envolent […] »
Le magazine détaille ce fonctionnement et ses conséquences, sans cacher que ce système favorise la reproduction sociale. Son propos reste mesuré : les faiblesses de l'école américaine ne doivent pas faire oublier ce qu'elle peut nous inspirer.
Que garder, alors, pour nos enfants et nos élèves ?
L'article termine sur une idée simple : à force de passer les années, on perd le réflexe de célébrer les réussites, alors que nous le faisons volontiers quand les enfants sont tout petits. Le retrouver, à tout âge, ne demande ni toge ni chapeau, et les bénéfices en seraient nombreux et durables.
Questions fréquentes
Que sont les soft skills à l'école ?
Ce sont les compétences relevant du savoir-être : curiosité, empathie, audace, sens du collectif, créativité, gestion du stress. Elles s'opposent aux compétences mesurables, que l'école évalue plus volontiers.
Valoriser la réussite des enfants, est-ce risquer de les mettre sous pression ?
Pas par lui-même, selon l'article : ces rituels renforcent la confiance et la fierté. La pression dont parle Déborah Laurent vient surtout du coût et de la compétition entre écoles aux États-Unis.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le portrait de l'école américaine vue par Déborah Laurent, avec les fêtes à thème de l'école de son fils.
- La définition des soft skills, leur reprise par l'OCDE et leur place dans les recrutements en entreprise.
- Le fonctionnement des trois types d'écoles américaines et l'effet des notes publiées sur internet.
- Le portrait de Déborah Laurent et les adresses de son blog et de son podcast.
N°9
n°9 · Tour du monde des meilleures idées éducatives
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