Que cherche la génération Z ? Le regard de Victoria Guillomon
Elle a 24 ans, un podcast et 140 rencontres au compteur. Dans le n°15 d'Innovation en Éducation, Victoria Guillomon répond en cinq questions sur la génération Z, le sens et l'engagement.
Tiré du magazine · n°15Peuvent-ils encore changer le monde ?
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« Moins mais mieux. » C'est ainsi que Victoria Guillomon résume la sobriété heureuse, popularisée par Pierre Rabhi. À 24 ans, elle est autrice, conférencière et créatrice du podcast Nouvel Œil, où elle interroge chaque semaine des personnalités sur de grands sujets de société. Le n°15 d'Innovation en Éducation lui donne la parole pour parler de sa génération, née entre 1997 et 2010, celle de nombreux élèves et étudiants d'aujourd'hui.
La génération Z a-t-elle vraiment ses propres questions ?
Victoria Guillomon commence par nuancer. Elle avoue n'avoir jamais été très « copine avec ces histoires de générations », qui clivent plus qu'elles ne rassemblent. Selon elle, toutes les générations se demandent comment conduire une vie, avoir confiance en soi, aimer, être libre. Ce qui frapperait un peu plus fort sa génération, c'est la crise climatique, avec une charge mentale que, dit-elle, ses parents ne connaissaient pas.
Elle décrit ces parents comme ayant « coché les cases » dans l'ordre attendu, avec le modèle de réussite qu'on leur proposait. Sa génération, elle, chercherait du sens. Elle donne en exemple des étudiants de plus en plus nombreux à refuser les multinationales, en notant que la paresse peut y jouer un rôle, mais que le refus du conformisme dit autre chose.
« On a compris que se cantonner à notre rôle de producteur-consommateur tuait notre créativité. »
Ces mots sont les siens : ils expriment un ressenti, pas un constat valable pour tous. Elle le reconnaît d'ailleurs elle-même plus loin.
Comment est né son podcast ?
Presque par hasard, et par nécessité. En première année de master, elle se sentait « paumée », déchirée entre le besoin de trouver vite sa place et l'élan de s'engager pour l'environnement. Ses questions ont fini par déborder : elle a tendu son micro au collapsologue Pablo Servigne, et en est revenue un peu plus forte. Trois ans et 140 rencontres plus tard, elle dit avoir trouvé son alignement personnel.
« J'ai trouvé mon alignement personnel au fil de ces 140 rencontres, à l'heure où j'écris ces mots. »
Quel est le plus grand défi, selon elle ?
Apprendre à s'apprivoiser soi-même. Elle observe que l'on remplit chaque recoin de ses journées par peur du vide, du silence, du face-à-face avec soi, et que cela ne comble rien. Elle en tire une idée : la sobriété n'a pas à être vécue comme un sacrifice. Elle peut au contraire aider à « éplucher » sa vie du superflu et à garder ce qui compte. Elle raconte avoir moins consommé depuis qu'elle sait être heureuse avec l'essentiel, et s'être sentie mieux avec les autres depuis qu'elle va mieux avec elle-même. Le magazine précise ce qui l'a aidée, de ses lectures à ses temps de silence.
Tous les jeunes pensent-ils comme elle ?
Non, et c'est ce qui rend son entretien honnête. Elle reconnaît s'être entourée d'une bulle de personnes engagées et rappelle que les jeunes qui insufflent le changement sont encore une minorité. Beaucoup voudraient mettre leurs actes en cohérence avec leurs convictions mais restent freinés par la peur du regard des autres, de l'incertitude financière, de l'abandon de leurs habitudes. Elle conclut en citant le conseil que ses invités lui répètent sous des formes variées : ose.
« Il n'y a rien de plus inspirant qu'une personne libre. »
Pour un parent ou un enseignant, ces réponses ne disent pas ce que pensent tous les jeunes, mais elles ouvrent une conversation : qu'est-ce qui, pour vous, compte vraiment ?
Questions fréquentes
Qui est la génération Z ?
Victoria Guillomon la définit comme celle des personnes nées entre 1997 et 2010.
Les jeunes d'aujourd'hui sont-ils tous engagés ?
Non. L'invitée du magazine reconnaît que les jeunes qui s'engagent forment encore une minorité et qu'elle fréquente elle-même un cercle de personnes engagées.
Qu'entend-elle par sobriété heureuse ?
« Moins mais mieux » : éplucher sa vie du superflu pour garder ce qui compte, sans en faire un sacrifice.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- L'entretien complet, en cinq questions, de la quête de sens aux plus grands défis de sa génération.
- Le récit de la naissance du podcast Nouvel Œil et de sa rencontre avec Pablo Servigne.
- Ses réflexions sur la peur du vide et sur les livres qui l'ont accompagnée.
- Les conseils que lui donnent ses invités pour la génération Z.
