Comment redonner du sens à l'adolescence, au collège comme à la maison ?
Au-delà de l'autonomie et de l'appartenance, les ados ont besoin de sens. Dans le n°21 d'Innovation en Éducation, la directrice d'un collège parisien décrit ce que cela change en classe.
Quand on parle des besoins des adolescents, on cite l'autonomie, l'appartenance, la sécurité. Rarement le sens. Pourtant, rappelle Anne-Sophie de Oliveira, directrice du collège Living School à Paris, quand un jeune s'engage dans une amitié, une passion ou un projet qui a du sens pour lui, il fait preuve d'un élan, d'une détermination et d'un dévouement incroyables. Dans le n°21 d'Innovation en Éducation, elle décrit comment son équipe cherche à mobiliser cette énergie dans le cadre scolaire.
Ancienne enseignante du primaire pendant dix ans, elle enseigne aujourd'hui le savoir-être et le français au collège. Living School, fondée à Paris par Caroline Sost, accompagne ses élèves de la maternelle au collège avec une pédagogie qu'elle qualifie d'innovante et écocitoyenne.
Que veut dire « apprendre le savoir-être » ?
Le premier axe est celui des compétences essentielles à la vie. L'équipe cherche d'abord à poser un regard sur le potentiel de chaque élève plutôt que sur ce qui manque : les progrès et les changements de comportement valorisés font avancer, davantage que l'insistance sur ce qui ne va pas. Il s'agit ensuite d'aider chacun à se connaître, à ressentir, à discerner et à répondre aux défis qui se présentent, qu'ils soient émotionnels, relationnels, scolaires ou planétaires.
L'autrice défend aussi une idée précise du collège : il mobilise surtout la mémorisation de contenus, alors que le potentiel d'un jeune se manifeste à plusieurs niveaux, le corps, le cœur, l'intellect et la créativité. Pour elle, le cœur est le siège de la motivation, et plus les apprentissages créent de la valeur pour soi et pour la planète, plus l'élan est au rendez-vous. Elle y ajoute le non-jugement, qu'elle définit comme l'absence de critique négative envers les autres et envers soi-même.
« Le non-jugement, ça change la vie ! »
Un encadré décrit le rituel qui ouvre chaque journée du collège, un éveil du corps et du cœur, suivi d'un temps de gratitude.
Comment relier les cours à un projet qui compte ?
Le second axe est l'éco-citoyenneté, enseignée chaque semaine comme une matière à part entière. Chaque fin d'année, les élèves présentent des causes qui leur tiennent à cœur, et un vote détermine les projets de l'année suivante. L'équipe construit alors sa programmation autour de ces thèmes, pour sortir des « silos » des matières.
Un exemple concret illustre la démarche. Pour développer un jardin en permaculture, les élèves ont rédigé des courriers à leur bailleur en cours de français, pour présenter leur projet de bac à compost. Ils l'ont construit en technologie, en mobilisant des compétences de mathématiques et de sciences de la vie et de la Terre, puis ont cherché le matériel et les plantes de saison, avant de planter. Le projet leur a permis, dit l'autrice, d'apprendre des compétences du programme et au-delà.
« Il n'y a pas d'âge pour changer le monde ! »
Le texte énumère d'autres actions menées par les collégiens, du ramassage de déchets à l'animation d'un événement à l'UNESCO, ainsi qu'un encadré sur la transmission entre pairs, avec des classes qui partagent le même local.
Et les adultes dans tout cela ?
L'article se clôt sur un appel qui concerne autant les parents que les enseignants : redonner du sens aux adolescents, c'est d'abord en mettre dans nos propres vies, et s'interroger sur notre regard sur l'adolescence. Il invite à la cohérence, qui est une source de sécurité pour les jeunes.
« Redonner du sens aux adolescents, c'est avant tout impulser du sens dans nos propres vies, nous, enseignants, éducateurs, parents. »
Pour prolonger ce thème, l'article du blog sur la peur de choisir son orientation montre un autre versant de la quête de sens à cet âge.
Questions fréquentes
Un projet écologique suffit-il à motiver un collégien ?
L'article ne le prétend pas : c'est le fait que le projet ait du sens pour le jeune, et qu'il l'ait choisi, qui mobilise son élan.
Comment relier les matières entre elles ?
Par des projets concrets, comme un jardin ou un jeu de piste, qui font travailler ensemble le français, la technologie, les mathématiques et les sciences.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les repères du savoir-être à Living School : regard sur le potentiel, connaissance de soi, place du cœur et non-jugement.
- Le rituel de début de journée, présenté en encadré.
- Les projets éco-citoyens menés par les élèves, de la permaculture à l'UNESCO.
- L'encadré sur la transmission entre pairs avec la classe de CM1-CM2.
N°21
n°21 · Déjouer la crise d’ado, c’est possible !
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