Comment des jeunes transforment-ils leur éco-anxiété en action ? Le Relais Jeunes
Pédaler 1 500 km pour mobiliser autour du climat : dans le n°15 d'Innovation en Éducation, Alice Taieb raconte le Relais Jeunes, un « incubateur d'engagement » à la fois sportif et militant.
Tiré du magazine · n°15Peuvent-ils encore changer le monde ?
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Comment passer de l'angoisse climatique à l'action ? Pour Alice Taieb, co-organisatrice du périple 2023, une réponse possible tient dans une aventure collective : pédaler ensemble, longtemps, en rencontrant des gens. Dans le n°15 d'Innovation en Éducation, elle raconte le Relais Jeunes, qu'elle décrit comme un « incubateur d'engagement » à la fois sportif, initiatique et militant.
Chaque année, l'association organise un périple autour d'une thématique liée à la démocratie, à la justice sociale et au dérèglement climatique. L'édition 2023 est un parcours à vélo de 1 500 km entre Bruxelles et Toulouse, parti le 23 avril. L'article a été écrit en cours de route, alors que 600 kilomètres étaient déjà parcourus.
Quelle idée de l'engagement porte-t-il ?
Une idée fondée sur l'humain et sur le temps long : on ne se mobilise pas durablement après une seule conférence, mais en vivant quelque chose ensemble. L'autrice distingue trois dimensions : rassembler 5 000 personnes de tous horizons, y compris celles qui sont désabusées ou simplement curieuses, en s'appuyant sur le sport comme moyen d'intégration ; transformer une éco-anxiété croissante en motivation à agir ; et, dans chaque ville traversée, rencontrer des élus locaux pour leur présenter l'appel de l'association à un traité de non-prolifération des combustibles fossiles.
« Nous sommes à la fois la première génération à devoir nous projeter dans un avenir incertain et la dernière à pouvoir inverser les prévisions. »
Ce sont les positions de l'association, qui assume son caractère militant. L'article les présente telles qu'elle les formule, aux côtés d'un récit de terrain.
À quoi ressemble le quotidien d'un relayeur ?
À autre chose qu'une simple randonnée. Les journées sont rythmées par des ateliers collectifs, des tables rondes, des débats et des temps informels pour écouter les personnes rencontrées. Les participants visitent des infrastructures énergétiques, pour mieux comprendre chaque territoire et démystifier un sujet souvent clivant, et ont par exemple projeté un film avec des habitants de Loos-en-Gohelle, suivi d'un débat. Un participant décrit un lieu où chacun vient avec ses talents : l'une danse, l'autre joue du piano ou fait du cirque, et les discussions se prolongent à n'en plus finir.
Pourquoi parler de lien au vivant ?
L'autrice s'appuie sur le philosophe Baptiste Morizot, qui parle d'une « crise de la sensibilité », c'est-à-dire d'un appauvrissement de ce que nous pouvons sentir et comprendre de nos relations au vivant. Le Relais Jeunes propose une « troisième voie » entre une richesse confortable déconnectée des conditions de la vie sur Terre et ce qu'elle nomme l'autarcie idéaliste : vivre en conscience des limites planétaires, reconnecté aux autres, au temps et à soi-même. Le magazine cite longuement cette analyse.
Un périple entre amis, est-ce une excuse ?
La question lui a été posée, et elle l'aborde dans un encadré qui conclut l'article avec franchise. Un jeune militant lui a demandé si le Relais Jeunes n'était pas simplement une excuse pour se balader entre amis. Sa réponse, après avoir réfléchi pendant 140 km de vélo :
« Ce serait une immense victoire. »
Offrir à des gens une raison de ralentir, de se reconnecter, de sortir de leur système, c'est déjà beaucoup à ses yeux. La phrase résume bien le ton de l'article : un engagement qui assume ses doutes et qui n'oppose pas l'action et le plaisir d'être ensemble.
Pour un parent ou un enseignant dont les adolescents s'inquiètent pour l'avenir, c'est une piste de conversation : que peut-on faire de cette inquiétude, à plusieurs ?
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Relais Jeunes ?
Une association qui organise chaque année un périple sportif, collectif et pédagogique autour des enjeux de démocratie, de justice sociale et de dérèglement climatique.
Faut-il être sportif pour y participer ?
L'article explique que le sport est un vecteur d'intégration et d'unité, et que le périple s'adresse à des personnes de tous horizons, jeunes ou moins jeunes, engagées, désabusées ou simplement curieuses.
Que fait l'association dans chaque ville ?
Elle rencontre des élus locaux, des associations et des habitants, et organise des échanges, des visites et des débats.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le récit détaillé du départ de Bruxelles et des premières étapes, avec les rencontres faites en chemin.
- Le témoignage d'un relayeur sur la vie collective du périple.
- Le long extrait de Baptiste Morizot sur la crise de la sensibilité.
- L'encadré sur l'« excuse » et les coordonnées de l'association.
