Peut-on entreprendre sa propre éducation, à l'école et après ?
On lui avait appris à réussir à l'école, pas à réussir sa vie. Dans le n°1 d'Innovation en Éducation, Rébecca Sfedj raconte comment elle a pris son éducation en main, et ce que cela change pour les jeunes.
On dit souvent qu'il faut être bon à l'école pour réussir sa vie et être heureux. Rébecca Sfedj a pris cette promesse au pied de la lettre, jusqu'à constater qu'elle ne tenait qu'à moitié. Aujourd'hui accompagnatrice de jeunes entrepreneuses et actrices de changement, conférencière TEDx et autrice, elle raconte dans le n°1 d'Innovation en Éducation comment elle a cessé de subir son éducation pour l'entreprendre, et pourquoi cette démarche concerne aussi les jeunes d'aujourd'hui.
Peut-on réussir à l'école sans savoir où l'on va ?
C'est le point de départ de son témoignage. Enfant, elle entend que la réussite scolaire mène au bonheur. Elle devient une bonne élève, mais la satisfaction ne vient pas : plutôt une forme de déprime, faute de motivation et de sens dans ce qu'elle fait. Elle le formule avec une simplicité qui parlera à bien des élèves, et à leurs parents.
« On m’avait appris comment réussir à l’école, mais personne ne m’avait appris comment réussir ma vie. »
Cette absence de boussole pèse sur son orientation : comment choisir un chemin quand on ne sait pas où l'on va ? Pendant longtemps, elle vit ses études comme une contrainte et son éducation comme un problème à résoudre.
Qu'est-ce qui change quand on cesse de subir ?
Un jour, son état d'esprit se retourne. Elle apprend à voir dans chaque problème une opportunité : en prendre conscience est déjà la première étape pour trouver une solution, et plutôt que de subir, elle peut choisir de s'investir pour transformer la situation. Ce qui lui pesait devient alors sa cause. L'éducation, qui l'agaçait, donne un sens à sa vie, et elle découvre qu'elle n'est pas seule : beaucoup d'initiatives l'ont aidée à construire sa propre éducation, avant qu'elle n'en accompagne d'autres à son tour.
Son regard sur l'école évolue aussi, avec nuance. Elle en a longtemps voulu au système, qui ne l'aidait pas à trouver sa vocation. Avec du recul, et après avoir elle-même enseigné dans des écoles supérieures, elle mesure mieux les défis que rencontrent les acteurs de l'éducation : offrir à chacun une formation sur mesure, à grande échelle, n'a rien d'évident. Sa proposition n'oppose donc pas l'école et le reste. Elle invite à compléter l'éducation standardisée, pour que chaque élève se sente concerné, capable, et conscient de son pouvoir d'agir.
Que peut faire l'école, et que peut-on faire à côté ?
L'autrice parle de trois initiatives qui, de l'enseignement supérieur à l'école primaire, aident les jeunes à devenir acteurs de leur parcours. Le magazine les présente chacune dans un encadré, avec leur public et la manière de les contacter. L'idée qui les relie est que l'on peut apprendre à agir très tôt, bien avant d'avoir un diplôme.
Son propos va plus loin. Et si l'on attendait trop de l'école ? La fin des études n'est pas la fin de l'apprentissage. En regardant son propre profil professionnel, elle a réalisé la longueur de la liste de formations suivies : certifications, médiation, communication non violente, prise de parole, leadership. Et il y a tout le reste, moins officiel : thérapie, improvisation théâtrale, chant, danse, voyages, lectures, podcasts, rencontres, nature. L'apprentissage prend mille formes, et chacune dit quelque chose de soi.
Pour les enseignants, l'enjeu est de taille : dans un monde où chacun est responsable de se former et d'évoluer, l'école peut devenir un catalyseur, notamment pour apprendre à apprendre et à se réinventer. Pour les parents, le message est plus rassurant qu'il n'y paraît. Un adolescent qui doute de sa voie n'est pas en retard : il a peut-être simplement besoin qu'on lui montre que l'éducation continue après les bulletins.
« Alors soyons l’architecte de notre propre éducation, à chaque étape de notre vie ! »
Questions fréquentes
Faut-il mettre de côté l'école pour entreprendre son éducation ?
Non. L'autrice propose de compléter l'éducation reçue à l'école, pas de la remplacer. Elle reconnaît d'ailleurs les défis que rencontrent les enseignants pour répondre à chacun.
Comment aider un adolescent qui ne trouve pas de sens à ses études ?
En l'aidant à se sentir concerné et capable d'agir, par exemple à travers des projets. Le magazine présente plusieurs pistes qui s'adressent aux jeunes, de la maternelle à l'enseignement supérieur.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le récit complet du parcours de Rébecca Sfedj, de la déprime scolaire à l'engagement.
- Trois initiatives qui aident les jeunes à devenir acteurs du changement, de l'école primaire à l'enseignement supérieur.
- La liste, volontairement très variée, des façons d'apprendre après l'école.
- Le portrait de l'autrice, avec les coordonnées pour la retrouver.
N°1
n°1 · Tout part de l'éducation
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