Comment une enseignante cultive-t-elle l'estime de soi de ses élèves ?
Des élèves plus motivés, plus autonomes et plus à l'aise avec leurs émotions : Sandy Hans, enseignante en primaire, explique dans le n°24 d'Innovation en Éducation ce qui nourrit l'estime de soi en classe.
L'estime de soi, c'est la perception que chacun a de lui-même, avec ses qualités, ses défauts et ses émotions. Elle repose sur un équilibre entre la confiance en soi et l'acceptation de ses imperfections, et se forme dès l'enfance, par les expériences et les interactions. À l'école, rappelle Sandy Hans, enseignante en primaire à La Valette, elle est déterminante pour le bien-être, la motivation et les relations des élèves. Dans le n°24 d'Innovation en Éducation, elle partage ce qu'elle a observé dans différents contextes d'enseignement.
Qu'est-ce qui renforce l'estime de soi, et qu'est-ce qui l'affaiblit ?
Après avoir enseigné dans plusieurs pays, l'enseignante observe que l'environnement joue beaucoup : un climat bienveillant et à l'écoute renforce l'estime de soi, tandis qu'un cadre critique peut l'affaiblir. Elle cite l'exemple du Québec, où l'on valorise les émotions, où l'on responsabilise les élèves et où l'on normalise l'erreur. Quand l'enseignant accepte lui-même ses erreurs, cela instaure une forme de vulnérabilité partagée, qui aide les élèves à relâcher la pression et à mieux exprimer leurs émotions.
Un exemple concret ?
Dans sa classe au Canada, une élève autiste a pris la parole devant ses camarades pour partager ses difficultés et ses ressentis. Ce moment authentique l'a aidée à s'affirmer et à s'accepter, et a ouvert un échange bienveillant. Il a contribué à créer un véritable « safe space » dans la classe, un lieu où chacun peut s'exprimer sans crainte du jugement.
Sandy Hans raconte aussi un contraste, en France : une élève de CM2 présentant des troubles autistiques avait demandé à écrire sa dictée au stylo violet, ce que l'AESH qui l'accompagnait a refusé, puisqu'« on écrit en bleu ». L'enseignante y voit une invitation à réfléchir au sens de nos automatismes : tant que le cahier est lisible et le temps de travail bien utilisé, la couleur peut devenir une source de motivation.
Que peut-on faire dès demain ?
L'autrice propose dix stratégies pratiques que le magazine énumère, parmi lesquelles encourager les élèves à reconnaître leurs émotions, leur témoigner de la confiance, partager soi-même ses émotions et ses difficultés, valoriser les réussites, passer par le jeu et le plaisir, ou encore proposer des aides accessibles à tous, sans stigmatiser un élève en particulier. Elle recommande aussi d'accompagner les enfants dans la découverte d'eux-mêmes sans leur imposer de réponses toutes faites.
Elle s'appuie par ailleurs sur les neurosciences et la psychologie cognitive : dès 5 ans, la métacognition devient possible, et donner du sens aux apprentissages aide les enfants à réutiliser ce qu'ils ont compris.
« Chaque enfant est unique, la complexité humaine exige une approche individualisée. »
Et l'estime de soi des enseignants ?
L'autrice a l'honnêteté de la faire entrer dans l'équation : un cadre bienveillant doit aussi inclure les adultes, avec leur humanité et leurs besoins.
« Un soutien mutuel et un environnement de travail bienveillant renforcent la confiance et l'estime de soi des enseignants, qui pourront ainsi transmettre ces valeurs à leurs élèves, contribuant à un monde meilleur. »
Un encadré pratique du magazine présente enfin un outil de communication, le « message clair », qui aide deux élèves à se dire leurs ressentis et à chercher ensemble une solution.
Pourquoi l'estime de soi compte-t-elle autant à l'école ?
Sandy Hans en donne une définition précise : c'est un équilibre entre la confiance en soi et l'acceptation de ses imperfections, qui se forme dès l'enfance à travers les expériences et les interactions. À l'école, elle joue sur le bien-être, la motivation et les relations des élèves. Une bonne estime de soi favorise l'autonomie, la résilience et la gestion des émotions, et aide à voir les erreurs comme des occasions de s'améliorer. L'enseignante affirme avoir constaté que les élèves qui en bénéficient sont plus motivés, plus autonomes et plus à l'aise avec leurs émotions, ce qui les prépare à devenir des adultes épanouis et conscients d'eux-mêmes. Son propos ne désigne pas de coupable : il invite chaque adulte à réfléchir au sens de ses automatismes.
Questions fréquentes
Que veut dire « safe space » en classe ?
Pour l'enseignante, c'est un climat où chacun peut partager ses difficultés et ses émotions sans être jugé, ce qui l'aide à s'affirmer et à s'accepter.
Comment éviter de stigmatiser un élève qui a besoin d'aide ?
Elle suggère de proposer des outils de soutien à la classe entière plutôt qu'à un seul élève, et de considérer les différences comme une richesse.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les dix stratégies pratiques pour renforcer l'estime de soi en classe.
- Les exemples observés au Québec et en France, avec le récit de l'élève au stylo violet.
- Le rôle de l'estime de soi pour l'avenir des enfants, et celle des enseignants.
- Les apports de la psychologie et des neurosciences cités par l'autrice.
- L'outil du « message clair », étape par étape, pour régler un différend entre élèves.
N°24
n°24 · Profs inspirants : 30 méthodes qui marchent
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