Collège Déclic : comment un collège alternatif fait-il une place à la joie ?
Ouvert en 2019, le collège Déclic part d'un pari : un jeune qui se sent accueilli et contributeur apprend avec plus de joie. Le n°5 d'Innovation en Éducation en détaille les bonnes idées.
Tiré du magazine · n°5Les pédagogies différentes
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Déclic est un collège alternatif hors contrat, ouvert depuis septembre 2019 pour des élèves de la 6e à la 3e, en classes de vingt. Sa pédagogie repose sur un constat que le n°5 d'Innovation en Éducation résume ainsi : un jeune qui se sent accueilli, inclus et contributeur entre dans les apprentissages avec une joie renouvelée.
« Un jeune qui se sent accueilli, inclus et contributeur, entre dans les apprentissages avec une joie renouvelée inhérente à l'être humain. »
Comment la journée est-elle organisée ?
Les matinées sont consacrées aux matières académiques, travaillées de manière interactive, à l'apprentissage de la communication non violente et à un temps de travail personnel, d'abord silencieux, puis coopératif. Les après-midis sont dédiés aux matières de développement de soi, pour déployer ses ressources intérieures. Les fondateurs, Anne Reboul, ingénieure et enseignante de sciences et de mathématiques depuis 1991, et Jean-Armand Barone, agrégé de comptabilité-gestion, voulaient créer le collège où l'une aurait rêvé d'être élève, et l'autre retrouver l'ambiance d'une colonie de vacances.
À quoi ressemble un cours d'histoire à Déclic ?
C'est l'exemple le plus parlant de l'article. Pour étudier la colonisation, les élèves visionnent plusieurs vidéos qui présentent le point de vue des colonisés, celui des colonisateurs, et un point de vue neutre. Ils examinent ensuite comment le point de vue adopté change la présentation des faits. L'adulte leur demande leur avis et les aide à l'argumenter, puis le groupe cherche les conséquences de cette histoire sur la société d'aujourd'hui. L'objectif, selon l'équipe : qu'un fait historique débouche toujours sur une réflexion et une mise en perspective, pour former des citoyens qui savent réfléchir.
Que change l'autocorrection ?
Les élèves corrigent eux-mêmes leurs plans de travail hebdomadaires, à l'aide de classeurs. Cela les pousse à chercher et comprendre leurs erreurs, source d'une compréhension plus profonde. L'équipe y voit un autre avantage.
« Corriger soi-même permet aussi de s'affranchir de la croyance : "Je vais être juger si je fais faux", bien implantée en eux. »
Pour approfondir cette façon de travailler, on peut lire un témoignage sur la classe autonome publié dans un autre numéro.
Et les émotions ?
Le collège demande inlassablement aux jeunes comment ils se sentent, s'ils trouvent de la joie dans ce qu'ils font, et fait de ces ressentis un guide pour décider. Il rythme aussi les changements de séances par un court temps de centrage, avant le théâtre comme avant un cours de mathématiques. Les adultes s'attachent enfin à célébrer les réussites, y compris les plus ordinaires, et à les exprimer sous forme de remerciements concrets plutôt que de jugements. L'article explique comment l'équipe s'y prend, avec des exemples de formulations.
En fin de collège, selon l'équipe, un jeune sait communiquer ses idées, coopérer, réfléchir et se réjouir de ses réussites. Comme toujours dans ce type de portrait, c'est le regard de l'établissement sur lui-même, que chaque lecteur pourra confronter à sa propre expérience.
Que peut-on en retenir sans changer d'établissement ?
Le portrait est celui d'un établissement hors contrat, avec ses choix propres : des classes de vingt, une équipe qui fait de la communication non violente un apprentissage à part entière, des après-midis réservés au développement de soi. Tout cela ne se transpose pas à l'identique dans une classe de trente élèves avec un programme à terminer. Certaines idées voyagent toutefois assez bien. Faire étudier un même fait sous plusieurs points de vue suppose surtout de préparer les supports. Laisser les élèves contrôler eux-mêmes une partie de leur travail repose sur un classeur de corrections. Marquer un court temps de centrage entre deux activités ne demande presque rien. Chaque enseignant jugera de ce qui est possible chez lui.
Il y a enfin un état d'esprit, que le magazine met en avant : remarquer ce qui est habituellement vu comme normal, ranger son casier, aider un camarade, plutôt que de ne parler que de ce qui manque. Ce n'est pas un jugement de plus sur l'élève, précise l'équipe, mais une manière de lui dire comment sa contribution nourrit le groupe. Les parents y trouveront peut-être une idée pour la maison : dire merci pour ce qui va de soi.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un collège hors contrat ?
C'est un établissement privé qui n'est pas lié à l'État par un contrat : il organise librement son projet pédagogique, tout en accueillant des élèves de la 6e à la 3e.
Peut-on pratiquer l'autocorrection dans une classe ordinaire ?
Rien n'empêche de s'en inspirer : l'équipe de Déclic décrit un dispositif simple, des classeurs de correction à disposition des élèves et des adultes pour compléter.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- L'emploi du temps type : matinées académiques, après-midis de développement de soi.
- Le déroulé du cours d'histoire sur la colonisation, étape par étape.
- Le fonctionnement de l'autocorrection des plans de travail hebdomadaires.
- Les questions que les adultes posent aux élèves pour les reconnecter à leurs ressentis, et les formulations de remerciements.
- Les portraits des deux fondateurs.
