Et si les élèves menaient une recherche sur leur propre cerveau ?
Comment fonctionne ma mémoire ? Pourquoi dormir ? Une enseignante de CE2-CM2 a transformé ces questions en projet de recherche, accompagnée d'une spécialiste des sciences cognitives. Le n°8 d'Innovation en Éducation raconte l'expérience.
Tiré du magazine · n°8Maitriser la "neuroéducation"
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Oui, et cela marche même avec des élèves en difficulté. Dans une classe de CE2-CM2, une enseignante a proposé à ses élèves d'enquêter sur leur propre cerveau, avec l'aide d'une spécialiste des sciences cognitives. En décortiquant les compétences qu'ils mobilisent, à l'école comme dans leurs passions, les enfants ont mieux compris leur façon d'apprendre. À mi-parcours, l'enseignante constatait déjà qu'ils avaient gagné en confiance, posaient davantage de questions et collaboraient plus volontiers.
L'expérience est racontée par Ariane Baumard, des Savanturiers - École de la Recherche, dans le n°8 d'Innovation en Éducation. Ce programme éducatif du Learning Planet Institute accompagne les enseignants, de la maternelle au lycée, dans des projets où la classe adopte la démarche et l'éthique de la recherche.
Comment fonctionne un projet Savanturiers ?
Les élèves mènent eux-mêmes un projet de recherche en classe. Un ou plusieurs enseignants l'orchestrent, et un mentor, spécialiste du domaine (chercheur, doctorant, étudiant, ingénieur), les accompagne. Les sujets peuvent toucher à de nombreux champs scientifiques.
Les sciences cognitives s'y prêtent particulièrement bien, explique l'article. Elles couvrent des sujets qui parlent aux enfants, parce qu'ils les vivent chaque jour : le sommeil, le langage, le stress, la mémoire, l'attention, les émotions. Et elles croisent plusieurs disciplines, de la psychologie aux neurosciences en passant par la philosophie et la linguistique, ce qui permet de montrer aux élèves l'intérêt de confronter les points de vue.
Pourquoi faire étudier le cerveau à des élèves en difficulté ?
La classe de Sylvie Doutey compte plusieurs élèves qui peinent. L'enseignante a voulu les aider à comprendre comment on apprend, avec une conviction qu'elle résume ainsi :
« Plus on décortique les compétences que l'on mobilise à l'école, plus on comprend nos manières d'étudier, plus on a d'élèves en réussite »
Elle a donc monté un projet « Savanturiers du Cerveau », accompagnée par Morgane Coltel, cogniticienne spécialiste des soft skills, ces compétences humaines et transversales que l'école ne note pas toujours. La première séance s'est ouverte sur une question simple et redoutable : « Qu'est-ce qu'un bon élève ? ». La réponse que construit la mentor avec les enfants déplace le regard : à connaissances égales, ce sont la créativité, la réflexion sur soi, la logique, la confiance ou l'adaptation qui font la différence.
Comment les élèves ont-ils gagné en confiance ?
Par un détour inattendu : leurs héros. L'enseignante et la mentor ont demandé aux élèves de parler des personnes qu'ils admirent. Avec une élève passionnée de football, elles ont décomposé ce que fait un attaquant de haut niveau pour marquer : s'entraîner, regarder le but, anticiper, choisir une tactique. L'élève a ensuite transposé cette démarche à ses exercices, en se fabriquant de petites aides et en construisant une stratégie avant de se lancer. Son constat tient en une phrase :
« Quand je suis entraînée, ça va plus vite ! »
L'objectif est double. Montrer aux élèves qu'ils possèdent les mêmes compétences que les personnes qu'ils admirent, et qu'ils peuvent les développer. Et valoriser ce qu'ils savent faire hors de l'école, pour qu'ils osent le réinvestir en classe.
Que découvrent les élèves sur leur cerveau ?
La seconde partie du projet aborde l'anatomie du cerveau et la spécialisation de ses zones, puis l'influence des émotions sur la capacité à apprendre. Elle soulève des questions savoureuses, que le magazine restitue sous forme de dialogue, sur ce qui rend intelligent ou sur ce que savent les bébés. L'article raconte aussi un exercice de portrait que l'enseignante fait réaliser au début et à la fin du projet, pour mesurer l'évolution du regard que les élèves portent sur eux-mêmes.
Ce récit de classe fait écho à d'autres articles du numéro : l'idée qu'un enfant apprend mieux quand il comprend son cerveau est au cœur de l'entretien avec Annie Sanscartier, et la métacognition à celui de l'Oupsologie.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le programme Savanturiers ?
Savanturiers - École de la Recherche est un programme éducatif du Learning Planet Institute. Il accompagne les enseignants, de la maternelle au lycée, dans des projets où les élèves mènent une recherche avec l'aide d'un mentor scientifique.
Que sont les soft skills chez un élève ?
Ce sont des compétences humaines et transversales, comme la créativité, la réflexion sur soi, la logique, la confiance ou l'adaptation. Dans ce projet, elles sont présentées comme ce qui distingue deux élèves aux connaissances égales.
Étudier le cerveau aide-t-il les élèves en difficulté ?
Dans la classe de Sylvie Doutey, l'enseignante a observé à mi-projet des élèves plus confiants, qui posent davantage de questions, discutent de leurs stratégies et collaborent plus facilement.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le récit complet du projet « Savanturiers du Cerveau » dans la classe de Sylvie Doutey.
- Le dialogue entre la mentor et les élèves sur l'intelligence et les bébés.
- L'exercice de l'animal totem, pour mesurer l'évolution du regard des élèves sur eux-mêmes.
- La présentation de l'éducation par la recherche et de ce qu'elle développe.
n°8 · Maitriser la "neuroéducation"
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