Comment aider un élève à prendre confiance en lui ?
La confiance en soi ne se décrète pas, elle se construit. Dans le n°7 d'Innovation en Éducation, Laure Reynaud explique comment l'école peut y contribuer avec les travaux d'Albert Bandura.
Tiré du magazine · n°7Bienveillance et discipline, c'est possible ?
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Les enfants et les adolescents passent plus de 40 % de leur temps d'éveil à l'école, rappelle Laure Reynaud, ancienne enseignante, diplômée en psychologie positive et cofondatrice de l'association ScholaVie. Pour elle, l'école n'est donc pas seulement un lieu où l'on apprend des savoirs, mais aussi des savoir-être : coopération, écoute, empathie, régulation des émotions, confiance en soi. Dans le n°7 d'Innovation en Éducation, elle présente ces compétences et s'arrête sur l'une d'elles, la confiance en soi.
De quelles compétences parle-t-on ?
Compétences psychosociales, compétences sociales et émotionnelles, compétences transversales : plusieurs noms désignent ces compétences de vie. D'après l'autrice, elles sont l'un des facteurs clés du développement de l'enfant, de sa santé, de son bien-être et de sa réussite, à court et à long terme. Elles se développent au gré des expériences et dépendent de l'environnement. Elles ne tiennent donc pas qu'au patrimoine génétique : on peut les nourrir, les enseigner et les cultiver, dès le plus jeune âge et par tous les adultes.
« Le développement des CSE est un chemin, et tout chemin commence par soi. »
Elle précise que la posture de l'adulte compte : ouverte, attentive aux émotions, encourageante, mais aussi exigeante et réflexive, chacun avançant à son rythme.
Qu'est-ce que la confiance en soi, au juste ?
Pour le chercheur canadien Albert Bandura, c'est le sentiment d'efficacité personnelle : combien je me sens capable de faire face à une situation, atteindre un objectif ou résoudre un problème. L'important n'est pas le nombre d'aptitudes dont on dispose, mais ce qu'on pense pouvoir en faire. C'est une histoire de perception et de croyance, et les croyances des personnes qui nous entourent comptent autant que les nôtres.
L'autrice rapporte que Bandura a identifié plusieurs sources pour renforcer ce sentiment, qu'elle illustre ensuite par des pistes de classe. La plus efficace est l'expérience de réussite.
« Un succès nourrit le SEP, un échec le mine. »
Comment l'enseigner concrètement ?
Pour cette première source, tout ce qui permet d'identifier et de célébrer les réussites, petites et grandes, individuelles et collectives, est utile. Un exemple suffit : tenir un journal des réussites, individuel ou de classe, où chacun peut revenir sur ce qu'il a accompli. Les autres sources, que l'autrice présente à leur tour avec des exemples d'activités, mobilisent l'inspiration des camarades, la qualité des encouragements, les états émotionnels et les forces de caractère. Le magazine les détaille toutes.
Où trouver des outils ?
L'association ScholaVie propose, avec l'Éducation nationale, des formations et des outils pédagogiques gratuits, de la maternelle au secondaire. Le magazine en présente quelques-uns, dont un abécédaire ludique des compétences sociales et émotionnelles et des jeux autour des forces de caractère.
Où en est l'école sur ces compétences ?
L'autrice rappelle que leur intégration dans les textes officiels français est relativement récente. Elle s'est faite peu à peu, au titre du vivre ensemble et de la promotion de la santé en milieu scolaire, et ces compétences font aujourd'hui partie du paysage de la prévention. ScholaVie, épaulée par un conseil scientifique, propose des formations dont les plus demandées portent sur la posture de l'adulte et sur la confiance en soi. Pour Bandura, ajoute-t-elle, le sentiment d'efficacité personnelle n'est rien de moins que le fondement de la motivation, du bien-être et des accomplissements humains, et chacun, adulte ou enfant, contribue à la confiance des autres comme à la sienne.
Questions fréquentes
Peut-on vraiment enseigner la confiance en soi ?
D'après Laure Reynaud, oui : elle se construit au gré des expériences vécues, et les adultes peuvent l'encourager au quotidien.
À partir de quel âge ?
L'autrice rappelle que le développement de ces compétences commence dès le plus jeune âge, avant même l'entrée à l'école.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le détail des cinq leviers pour développer le sentiment d'efficacité personnelle, avec des activités.
- Les critères d'un bon retour d'expérience : immédiat, authentique, centré sur les efforts.
- Les activités pour reconnaître et réguler ses émotions en classe.
- L'abécédaire des compétences sociales et émotionnelles, de A à Z.
- Les outils gratuits de ScholaVie pour la maternelle et le secondaire.
