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Comment organiser une classe autour de quatre phases d'apprentissage⁠ ⁠?

Entre méthode explicite et pédagogies actives, Fanny Bragard organise sa classe de CM1-CM2 en quatre temps. Elle raconte ce que cela change pour ses élèves et pour elle, dans le n°24 d'Innovation en Éducation.

Le n°24 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°24Profs inspirants⁠ ⁠: 30 méthodes qui marchent Voir ce numéro

Comment rester proche du niveau, des besoins et des progrès de chacun de ses élèves, sans y laisser toutes ses soirées de correction ? Fanny Bragard, qui enseigne en CM1-CM2 sur le Bassin d'Arcachon, a trouvé une réponse dans un fonctionnement en quatre phases, à mi-chemin entre la méthode explicite et les pédagogies actives. Elle le décrit dans le n°24 d'Innovation en Éducation.

Par quoi commence une leçon ?

Par une invitation à la curiosité. Dès que c'est possible, l'enseignante dépose sur la table de son espace de regroupement un objet que le pédagogue Reggio Emilia appelait une « provocation » : une balance pour travailler les masses, une lettre pleine de fautes et de ratures pour aborder l'orthographe, un paquet de bonbons pour la division. Les plus curieux s'interrogent dès l'arrivée en classe sur le contenu de la matinée.

Cette première phase, la leçon intégrative, se déroule à l'oral, sans manuel ni support écrit, et la notion est reliée au monde des élèves. La demi-journée s'ouvre aussi par un temps d'expression libre, sans jugement, pour que chacun soit disponible avant de rentrer dans les apprentissages. Fanny Bragard a constaté que ce temps collectif était bien plus efficace, pour la compréhension comme pour la mémorisation, que de faire copier la leçon.

Que font les élèves ensuite ?

Ils manipulent. La deuxième phase, l'application, se déroule avec un matériel préparé à l'avance : l'enjeu est une activité claire et mémorable, pendant laquelle on échange beaucoup, entre élèves et avec l'enseignante. Celle-ci accueille les questions et les blocages et ramène toujours à la leçon. Tels des chercheurs, dit-elle, les élèves collaborent pour apprendre ensemble.

Pourquoi laisser passer une nuit avant de s'entraîner ?

Parce que la troisième phase, le réinvestissement, gagne à laisser décanter la notion au moins une nuit. L'enseignante prépare ensuite plusieurs activités sur des supports variés, de la fiche individuelle au projet de groupe, avec une partie en auto-évaluation et une partie qu'elle corrige elle-même pour garder un suivi individualisé. Selon la difficulté de la leçon, elles s'étalent sur une à deux semaines. Quand la maîtrise est bonne, l'élève passe à la suite de son plan de travail, pendant que d'autres poursuivent leur entraînement.

Quel rôle pour le feed-back ?

C'est la quatrième phase, et elle se joue en continu. Pendant que les élèves s'exercent, l'enseignante circule pour donner à chacun un retour rapide, encourageant mais honnête et cadrant. En fin de demi-journée, un bilan en classe entière permet de dire ce que l'on a appris ou révisé, et les élèves aiment y parler de leur progression.

Cela demande-t-il beaucoup d'organisation ?

Oui, au départ. Le fonctionnement suppose un espace de regroupement distinct des tables de travail, et une grande réserve d'activités de manipulation, que l'enseignante a fabriquées surtout pendant les vacances d'été pour les réutiliser d'une année à l'autre. Elle assure que ce travail en amont est largement compensé ensuite : moins de fiches, moitié d'activités auto-correctives, donc moins de corrections. Comme elle a deux niveaux, la plupart des séances se font en demi-groupe, l'autre moitié avançant en autonomie sur son plan de travail hebdomadaire.

« Cette manière d'enseigner m'a permis de trouver la posture qui me convenait en me sentant plus proche de mes élèves. »

Fanny Bragard, enseignante de CM1-CM2, Bassin d'ArcachonExtrait du n°24, p. 11

Elle observe des élèves plus investis et une véritable atmosphère de coopération.

Comment l'essayer sans tout refaire ?

Fanny Bragard propose une démarche progressive : reprendre son tableau de programmation annuelle et ajouter, pour chaque grande compétence, les colonnes du matériel d'application, des activités de réinvestissement et des activités de consolidation. On peut commencer cette année par une seule compétence, et en ajouter au fil du temps.

Questions fréquentes

Faut-il être en double niveau pour fonctionner ainsi ?

Non, mais le double niveau de l'autrice l'a conduite à travailler en demi-groupes, ce qui facilite la circulation dans la classe. L'idée de fond reste valable pour une classe entière.

Peut-on se passer du manuel ?

Pour la première phase, oui : l'enseignante n'utilise ni manuel ni support écrit, car c'est un temps d'échange oral. Le magazine détaille les autres supports qu'elle emploie.

Quand les élèves s'entraînent-ils après la leçon ?

Au moins une nuit plus tard, sur environ six activités variées étalées sur une à deux semaines selon la difficulté.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°24

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. Des exemples d'objets de « provocation » pour lancer une leçon.
  2. Les quatre manières de relier une notion au monde des élèves.
  3. Le détail des activités de réinvestissement, avec leurs supports variés.
  4. La répartition entre auto-évaluation et correction par l'enseignante.
  5. La méthode pour construire son tableau de programmation, colonne par colonne.
N°24
Pour lire l'article en entier

n°24 · Profs inspirants⁠ ⁠: 30 méthodes qui marchent

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