Parents jugés, parents témoins : que faire du regard des autres ?
On peut être jugé pour ses choix d'éducation, ou se demander quoi faire face à une scène qui nous heurte. Le n°5 d'Innovation en Éducation propose des pistes pour ces deux situations.
Tiré du magazine · n°5Les pédagogies différentes
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Choisir une école alternative ou pratiquer une éducation bienveillante à la maison, c'est souvent s'exposer aux avis de l'entourage. Et, à l'inverse, on peut se trouver dans la situation de celui qui regarde, devant une scène où un parent hausse le ton ou lève la main. Le n°5 d'Innovation en Éducation consacre à ces deux situations deux textes courts, que l'on a choisi de lire ensemble : ils parlent du même sujet, le regard des autres sur la manière d'élever un enfant.
Que répondre quand on est jugé pour son choix d'éducation ?
Entre « tu vas en faire un enfant roi », « ça ne se passait pas comme ça à mon époque » et « il va être coupé de la société », chacun y va de son préjugé. Le magazine propose trois pistes, sans prétendre qu'elles conviennent à tout le monde. La première est de comprendre d'où viennent ces remarques.
« Bien souvent, les jugements des autres viennent de leur propre ignorance ou de leurs peurs. »
L'inconnu effraie, et il est plus simple de juger que de se documenter. Les pédagogies alternatives étant mieux connues qu'avant, on peut fournir quelques informations de base, par exemple rappeler que la pédagogie Montessori a plus d'un siècle et veut avant tout respecter les besoins fondamentaux de l'enfant. La deuxième piste consiste à prendre en compte que les réalités de chacun diffèrent : pour les uns, apprendre, c'est connaître son théorème, pour les autres, avoir confiance en soi. On peut alors adapter son discours à son interlocuteur, en parlant par exemple du seul aspect bilingue de l'école aux plus réticents. La troisième piste tient en deux mots : se faire confiance, car la décision appartient d'abord aux parents. Le magazine la développe.
Que faire quand on est témoin d'une violence éducative ordinaire ?
Les « VEO » sont ces gestes et ces paroles du quotidien, comme « arrête ton caprice » ou « tu vas en prendre une », que l'on entend encore souvent. Depuis le 10 juillet 2019, le Code civil précise ce qui suit.
« L'autorité parentale s'exerce sans violence physique et psychologique »
Marine Luchini, éducatrice-enseignante, rappelle qu'il reste difficile de s'affranchir de sa propre éducation, de bousculer les idées reçues ou de dépasser le jugement des autres, ce qui explique que beaucoup d'enfants y soient encore exposés. Son texte ne culpabilise personne. Il invite à accueillir la situation avec empathie, pour l'enfant comme pour l'adulte, et propose cinq façons d'agir, qui vont du simple regard à la sensibilisation, en passant par une aide proposée avec humilité ou un dialogue. Le magazine détaille chacune d'elles.
Pourquoi lire ces deux textes ensemble ?
Parce qu'ils racontent la même chose de deux côtés. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de se rappeler que derrière un geste ou une critique, il y a quelqu'un qui fait de son mieux avec ce qu'il a reçu. Le dernier mot du premier texte est sans doute celui qui rassemble les deux.
« Le rôle de parent est le plus beau que l'on puisse avoir, mais également le plus difficile. »
Pour approfondir la question des gestes du quotidien, on pourra lire l'article d'un autre numéro sur la reconnaissance de la violence éducative ordinaire.
Comment garder le cap sans se justifier sans cesse ?
Le conseil le plus simple du premier texte est peut-être aussi le plus difficile : se faire confiance. Le magazine invite les parents à se rappeler qu'une décision d'éducation s'inscrit dans leurs valeurs, et qu'ils sont responsables de l'avenir de leurs enfants. Cela ne veut pas dire que l'on n'écoute jamais l'entourage, ni que toute remarque soit infondée. Cela signifie que l'on peut accueillir un doute sans s'y soumettre, et choisir à qui l'on explique son choix en détail. Le second texte, lui, rappelle que l'on peut accompagner un parent débordé sans le condamner, en gardant de l'empathie pour lui aussi.
Questions fréquentes
Que sont les violences éducatives ordinaires ?
Ce sont des paroles ou des gestes du quotidien, humiliants ou physiques, que l'on a longtemps considérés comme « normaux » dans l'éducation. Le Code civil précise depuis 2019 que l'autorité parentale s'exerce sans violence physique et psychologique.
Faut-il se justifier auprès de tout le monde ?
Le magazine suggère plutôt d'adapter son discours à son interlocuteur, et rappelle que la décision appartient d'abord aux parents.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les trois pistes pour répondre aux jugements : informer, comprendre les réalités de chacun, se faire confiance.
- Les cinq façons de réagir quand on est témoin d'une VEO, de l'empathie à la sensibilisation.
- Les références pour aller plus loin, dont l'association Stop VEO et le livre Le décodeur des VEO.
- Le portrait de Marine Luchini, éducatrice-enseignante.
