Comment prendre soin de soi quand on est parent et débordé ?
Quand l'emploi du temps déborde, prendre soin de soi passe pour un luxe. Dans le n°31 d'Innovation en Éducation, la coach Charlotte Ducharme explique pourquoi c'est au contraire un appui pour toute la famille.
Tiré du magazine · n°31C'est quoi être un bon parent aujourd'hui ?
Voir ce numéro
Un parent fatigué est-il un parent moins bienveillant ? Pour Charlotte Ducharme, coach, autrice et conférencière, créatrice de Cool Parents Make Happy Kids, la fatigue pèse autant sur la parentalité que nos habitudes éducatives. Dans le n°31 d'Innovation en Éducation, elle explique pourquoi prendre soin de soi n'a rien d'égoïste, et comment le faire quand l'agenda est plein. Elle a accompagné plus de 25 000 parents et élève elle-même trois enfants, avec un ton volontiers déculpabilisant.
Qu'est-ce qui empêche, au fond, une parentalité apaisée ?
L'autrice en voit deux obstacles. Le premier est ce qu'elle appelle la culture du rapport de force : l'idée que l'enfant doit obéir « parce que c'est nous l'adulte », et que ses refus sont un manque de respect ou un caprice. Le second est la fatigue, que beaucoup de parents nient : on devient irritable, impatient, on veut que les choses avancent parce que l'on sature. Et quand la logistique accapare tout, il devient difficile de profiter du temps avec son enfant. Même un amour immense a ses limites, comme le vélo qu'on adore mais qu'on ne voudrait pas pratiquer vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Pourquoi cela fait-il aussi du bien à l'enfant ?
Parce qu'un parent qui s'épanouit ailleurs revient plus disponible. Charlotte Ducharme insiste sur ce point : lire en terrasse, voir des amis, bouger, s'arranger avec d'autres parents pour se relayer, ce n'est pas se désintéresser de ses enfants.
« On incarne ainsi probablement ce que l'on souhaite plus tard pour notre enfant : une vie épanouie. »
Comment se dégager du temps sans que tout s'effondre ?
L'autrice propose de se « mini-coacher » en quatre étapes, à faire avec un papier et un crayon : repérer ce que l'on veut pour son enfant plus tard et si on l'incarne, identifier ce qui compte pour soi en ce moment, reconnaître que l'on n'a pas le choix, puis essayer un seul changement pendant quinze jours. Le constat central est sans détour, et il est dit avec humour.
« La seule solution pour avoir du temps pour soi : c'est de décider de passer moins de temps sur autre chose, ou de confier ses enfants à une gentille âme. »
Elle partage même, en encadré, l'inventaire de ses propres lâcher-prises à la maison, en précisant qu'il n'a rien d'une obligation : chacun choisit ce qu'il peut relâcher. Le magazine en donne le contenu complet.
Et quand les besoins du parent et ceux de l'enfant se contredisent ?
C'est le second grand thème de l'entretien. L'autrice note que notre société n'est pas organisée pour que parents et enfants prennent plaisir aux mêmes endroits : l'adulte cherche le calme, l'enfant a besoin de bouger. Sa réponse tient en un mot, la créativité. Elle raconte, par exemple, l'histoire d'une mère dont les repas du soir avec ses jumeaux tournaient au chaos : elle n'avait pas pensé à faire dîner les enfants plus tôt, pour qu'ils se dépensent ensemble, et à dîner ensuite au calme avec son conjoint. Respecter les besoins des enfants, dit-elle, arrange souvent la vie de tous. D'autres exemples du même esprit suivent dans l'article.
Être un bon parent, est-ce être une personne épanouie ?
C'est la question finale, et la réponse est nuancée : ce n'est pas automatique, car les enfants ont leur libre arbitre. Mais ce que nous transmettons le plus facilement, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous sommes. Charlotte Ducharme rappelle aussi qu'on ne peut pas régler toutes ses « casseroles », mais qu'en régler quelques-unes est le plus beau cadeau à faire à ses enfants, et à soi.
Questions fréquentes
Prendre du temps pour soi, est-ce négliger ses enfants ?
Pas selon l'autrice : un parent plus reposé et épanoui est plus disponible, et il montre à l'enfant ce qu'est une vie épanouie.
Comment se libérer du temps quand on n'en a pas ?
Charlotte Ducharme invite à choisir ce que l'on fera moins bien ou moins souvent, et à l'essayer quinze jours, sans viser la perfection.
Que faire quand ce qui plaît au parent ennuie l'enfant ?
Elle conseille de chercher des solutions créatives où chacun s'y retrouve, plutôt que de sacrifier l'un des deux besoins.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les quatre étapes pour se mini-coacher et lâcher prise, avec les questions à se poser.
- L'encadré « Petit inventaire de mes lâcher-prises », tiré de la vie quotidienne de l'autrice.
- D'autres idées pour concilier le besoin de calme des parents et le besoin de mouvement des enfants.
- Les réflexions finales sur ce que l'on transmet vraiment à ses enfants.
