Pourquoi prendre soin de soi aide-t-il aussi son enfant ?
Plus que des outils, l'éducation positive est d'abord une attitude, la nôtre. Dans le n°7 d'Innovation en Éducation, la rédaction rappelle pourquoi l'équilibre du parent compte pour l'enfant.
Tiré du magazine · n°7Bienveillance et discipline, c'est possible ?
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On a beau le savoir, il reste difficile à appliquer : s'occuper de soi, quand on est parent, a souvent des airs de luxe. C'est pourtant le message que la rédaction d'Innovation en Éducation a choisi de placer en clôture du n°7, consacré à l'éducation positive. Plus que des outils, l'éducation positive est avant tout une attitude, celle du parent. Et prendre soin de soi n'a rien d'égoïste : cela profite à l'enfant, et à toutes les personnes qui vivent avec lui.
Pourquoi est-ce si difficile de s'occuper de soi ?
Parce que l'arrivée d'un enfant provoque un tel chamboulement que le parent a tendance à s'oublier pour tout lui donner. Le texte l'écrit sans reproche, en soulignant que nous le faisons presque tous : on croit à tort qu'être un bon parent, c'est maîtriser ses émotions et encaisser les chocs en gardant le sourire. Or un parent est aussi un être humain, qui a le droit d'être fatigué, de ne pas être d'accord avec tout et d'avoir besoin de temps pour lui.
L'image qui revient est celle du masque à oxygène dans l'avion, que l'on met d'abord à soi avant d'aider son enfant. Elle avait déjà été évoquée par une autrice du numéro, dans un article consacré aux enfants qui ont du caractère.
« Nous ne pouvons pas prendre soin des autres si l'on ne s'occupe pas de soi en premier. »
Qu'est-ce que cela change pour l'enfant ?
Le texte avance quatre raisons, qui vont du développement de l'empathie à un retour à l'essentiel. La plus parlante tient à l'imitation : nos enfants nous observent et nous imitent, ils sont, écrit la rédaction, « littéralement nos miroirs ». Si nous nous dévalorisons ou enfouissons nos émotions, ils risquent de reproduire ces comportements. À l'inverse, un parent qui prend soin de lui et trouve un peu de paix intérieure envoie à l'enfant des signaux positifs, qui l'encouragent à prendre soin de lui plus tard. Le texte reprend ici une phrase de la fondatrice des Fabuleuses sur l'amour de soi comme meilleure façon d'enseigner à l'enfant à s'aimer.
« Votre équilibre intérieur crée celui de votre enfant. »
Un exemple pour s'en rendre compte
La rédaction en donne un, celui du supermarché. Votre enfant s'agace et s'agite ? Il peut être intéressant de se demander comment vous allez vous-même : faites-vous ces courses sereinement, ou comme une corvée expédiée après une longue journée de travail ? Une même situation peut être gérée très différemment selon notre état intérieur, et c'est sans doute pourquoi les tensions deviennent moins fréquentes quand on prend soin de soi.
Faut-il alors tout contrôler ?
Au contraire. Le dernier point du texte parle de lâcher prise : quand on s'occupe de soi, on est moins focalisé sur tout ce que fait l'enfant, et l'on se recentre sur l'essentiel. On accepte qu'on ne pourra pas toujours lui éviter la tristesse ou la peur, qui font partie de la vie. Le magazine relie ce lâcher-prise à plus d'autonomie pour l'enfant, nécessaire à sa construction et à son estime de lui-même, et à un besoin précieux : se sentir utile.
Et l'empathie, dans tout cela ?
C'est le premier des quatre points. En refoulant ses émotions, on laisse grandir la frustration en soi, et l'on laisse croire à l'enfant que ses besoins comptent plus que ceux des autres, ce qui n'aide pas sa construction. À l'inverse, exprimer ses émotions à l'enfant quand elles viennent, sans culpabilité, lui permet de se décentrer de ses propres besoins et fait grandir son sens de l'empathie. La rédaction y voit une vraie clé pour son avenir.
Questions fréquentes
Prendre du temps pour soi, est-ce être un mauvais parent ?
Non. Pour la rédaction, c'est l'inverse : ce n'est pas un acte égoïste, c'est bénéfique pour vous, pour votre enfant et pour votre entourage.
Peut-on montrer sa fatigue ou son désaccord à son enfant ?
Le texte rappelle que vous avez le droit d'être fatigué ou de ne pas être d'accord. Exprimer vos émotions sans culpabilité permet aussi à l'enfant de se décentrer de ses propres besoins.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les quatre raisons de prendre soin de soi, de l'empathie au lâcher-prise parental.
- Les extraits d'articles du numéro que la rédaction reprend pour illustrer chacune.
- Le passage sur le fait de déléguer certaines tâches et de valoriser les enfants.
- Le rappel du proverbe sur le village qu'il faut pour élever un enfant.
