Quand son enfant part à l'étranger : deux parents racontent le lâcher-prise
Laisser son aîné quitter le nid à même pas 20 ans demande une bonne dose de lâcher-prise. Dans le n°14 d'Innovation en Éducation, Fabienne et Ingrid, deux lectrices, racontent ce départ avec franchise.
Tiré du magazine · n°14L'action, meilleure alliée du cerveau
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« Il faut voyager pour apprendre », disait Mark Twain. Quand on est parent, il faut surtout une bonne dose de lâcher-prise pour laisser son aîné quitter le nid à même pas 20 ans. Comme il le fait régulièrement, le magazine a demandé à ses abonnés de partager leur état d'esprit au moment où leur enfant a pris le large pour la première fois. Fabienne et Ingrid ont répondu, avec des mots pleins de franchise et de sourires, dans le n°14 d'Innovation en Éducation.
Que ressent-on quand son enfant s'envole ?
Fabienne, habitante de Village-Neuf, dans le Haut-Rhin, a vu son fils de 19 ans admis à l'école polytechnique de Montréal après son bac. Elle parle d'abord de ses peurs : elle a elle-même souffert à l'école, ne se sentait pas à la hauteur, et a grandi dans l'idée que la ville où elle vivait était pleine de dangers. Devenue casanière, elle voyage peu. À l'annonce de l'orientation de son fils, elle en a eu « des listes entières », dit-elle, des appréhensions, dont la plus grande était de ne plus être utile et prévenante pour lui.
Puis elle regarde ce qu'il apprend : prendre des décisions, s'organiser, s'adapter, s'occuper du linge et des courses, partager un logement en colocation. Son départ ouvre aussi le champ des possibles à sa fratrie et à ses proches.
« En sortant de sa zone de confort, il développe son courage et son indépendance. »
Comment accompagner un départ imprévu ?
Ingrid, d'Alzonne, dans l'Aude, raconte une autre histoire. Après un bac pro et quelques emplois de manutentionnaire, son fils lui annonce, à 19 ans, qu'il veut rejoindre sa petite amie à Amsterdam, ville qu'il ne connaît pas. La demande tombe « comme un cheveu sur la soupe », mais la famille ne s'étrangle pas. Pressentant que cette expérience serait plus enrichissante que l'« apathie heureuse » où il somnolait, Ingrid accepte de l'aider à construire son départ, en trois mois seulement.
Elle ne cache pas ses inquiétudes : il ne savait pas laver ses chaussettes ni cuire des pâtes, et elle se demande si elle l'a assez préparé à la vie quotidienne. Faute de temps pour rattraper ces lacunes, il part avec quatre grosses valises, et une « boîte à outils » dans la poche, dont le contenu est détaillé dans le magazine.
Et après le départ ?
Quelques appels ont été nécessaires pour réajuster les choses pendant deux ou trois mois, puis Ingrid sent son fils glisser vers l'autonomie. Elle raconte son parcours sans en faire un modèle : le système scolaire lui avait dit qu'il n'était pas très bon, le monde du travail ne lui proposait pas grand-chose de plus. Ailleurs, il a trouvé de quoi avancer. À 23 ans, il occupe un poste à responsabilités dans une boulangerie artisanale, parle couramment l'anglais et se débrouille en néerlandais sans avoir suivi de cours théorique.
Sa mère retient surtout qu'il est heureux, et qu'il a gardé son sourire d'enfant.
« Le voyage forme sûrement la jeunesse et l'amour, visiblement, donne bien des ailes ! »
Ce que disent ces deux témoignages
Deux parcours, deux ambiances : l'un préparé par des études, l'autre improvisé en trois mois. Mais un point commun, la peur au moment du départ, suivie de la confiance, puis de la fierté. Ces témoignages ne disent pas qu'il faut laisser partir à tout prix, ni qu'il suffit d'avoir confiance. Ils racontent comment deux parents ont fait avec leurs propres inquiétudes. Pour d'autres familles confrontées à ce moment, c'est peut-être une manière de se sentir moins seules, avant de décider à leur tour comment accompagner.
Questions fréquentes
Comment accompagner le départ d'un jeune à l'étranger ?
Les deux témoignages parlent de confiance et d'aide pratique : accompagner la préparation, rester joignable, et laisser le jeune trouver ses repères.
Est-il normal d'avoir peur quand son enfant part ?
Oui. Fabienne détaille ses appréhensions, Ingrid ses inquiétudes sur la préparation à la vie quotidienne. Toutes deux disent avoir fini par faire confiance.
Un jeune sans diplôme supérieur peut-il réussir à l'étranger ?
Dans le récit d'Ingrid, son fils, parti après un bac pro et des petits emplois, occupe aujourd'hui un poste à responsabilités. C'est un témoignage individuel.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le témoignage complet de Fabienne, mère de trois enfants, sur le départ de son aîné au Canada.
- Le récit détaillé d'Ingrid sur la préparation du départ à Amsterdam.
- Le contenu de la « boîte à outils » glissée dans la poche du jeune.
- Les peurs et les surprises de chaque parent, avec leurs mots.
