L'école de la vie : que peut-on apprendre en dehors des bancs de l'école ?
Un voyage scolaire à 10 ans a changé sa vie. Dans le n°14 d'Innovation en Éducation, Julien Peron, dys, entrepreneur et auteur, raconte ce que l'expérience lui a enseigné et que l'école ne lui avait pas montré.
Tiré du magazine · n°14L'action, meilleure alliée du cerveau
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L'« école de la vie », Julien Peron y croit au point d'avoir donné ce nom à un film et à un festival, qu'il a créé en 2013. Entrepreneur, fondateur de Neorizons Travel et auteur, il a grandi avec une dyslexie et une dysorthographie qui ont longtemps miné sa confiance à l'école. Dans le n°14 d'Innovation en Éducation, consacré à l'apprentissage par l'expérience, il revient sur ce que ses expériences de vie lui ont appris sur lui-même et sur le monde.
Qu'est-ce qui a tout déclenché ?
Un voyage scolaire. À 10 ans, Julien Peron part un mois avec sa classe à Milwaukee, aux États-Unis. Il vit dans une famille d'accueil et va à l'école sur place. En France, l'école est compliquée pour lui, et il n'a pas confiance en lui. Là-bas, « bidouiller » en anglais lui suffit pour se faire comprendre, et il découvre le plaisir d'aller à l'école. Le jour du départ, il pleure et s'accroche au bus : il ne veut plus rentrer.
Avec le recul, il explique que ce qui l'a marqué n'est pas le dépaysement en lui-même, mais le fait d'être plongé dans une expérience humaine : chaque jour apportait une nouvelle découverte, dans la joie. Un sentiment qu'il n'avait pas à l'école.
« J'ai eu enfin l'impression que c'était facile. […] Pour la première fois, j'aimais aller à l'école ! »
Comment a-t-il cultivé cet apprentissage hors de l'école ?
Les mois et les années suivants, il trouve d'autres terrains d'expérience : d'abord le skateboard, vers 12 ans, où l'on apprend à faire des choix dans la rue, à choisir ses amis et à répéter une figure pendant des heures, puis le kung-fu, arrivé à une période où il avait perdu confiance et ne savait pas canaliser son énergie. Il y rencontre un maître qui lui fait confiance et voit enfin un potentiel en lui. L'entretien détaille ce que chacune de ces pratiques lui a apporté, de la persévérance à la manière de considérer l'échec.
Il aborde aussi la question des parents. Les codes d'une culture comme celle du skate peuvent heurter, et provoquer de la résistance. Sa réponse : dépasser les apparences et voir ce qu'il y a derrière. Il comprend les craintes, mais invite à faire confiance et à laisser les jeunes vivre leurs propres expériences. Sa mère, raconte-t-il, a été rassurée en connaissant ses amis, qui venaient manger à la maison, puis par les choix qu'il faisait.
Que retient-il de ses voyages d'adulte ?
À 20 ans, il part seul en Égypte, puis à Rome, et de voyage en voyage s'intéresse à la politique, à l'économie, à la psychologie ou à l'environnement. Il mesure aujourd'hui la différence entre ce qu'il a appris par l'intellect et ce qu'il a appris par l'expérience, et constate que beaucoup de ses lectures sont nées de ce qu'il avait d'abord vécu.
Il en tire une leçon valable pour parents et enseignants : il faut reconnaître toutes les façons d'apprendre. Certains enfants ont un blocage avec les livres, et il faut trouver d'autres manières d'amorcer leur curiosité.
Et les échecs, dans tout cela ?
Le magazine ne les passe pas sous silence. À 23 ans, Julien Peron crée son entreprise sans diplôme, après une période sans domicile, avec ses difficultés en lecture et en orthographe. Il parle d'échecs, de portes fermées, de moments où il a voulu tout arrêter, et de la manière dont il les a transformés en occasions de grandir. Il estime qu'un échec n'est pas une fin, mais le signe qu'il faut faire autrement.
Il a écrit un livre, que le magazine présente dans un encadré, et dit vouloir rassurer toute personne qui vit mal le stress de l'apprentissage ou le fait d'être différente.
« L'école de la vie, c'est un apprentissage continu et sans fin ! »
Peut-on vraiment parler de « recette » ?
Julien Peron n'en propose pas, et le magazine non plus : le parcours est personnel. Ce qu'on peut en retenir, c'est qu'un enfant en difficulté à l'école peut trouver ailleurs, dans un sport, un voyage, un adulte qui croit en lui, des raisons de se sentir capable. Pour les adultes qui l'entourent, la question est celle de la place laissée à ces expériences.
Questions fréquentes
Qu'appelle-t-on l'école de la vie ?
C'est l'ensemble des apprentissages que l'on fait par l'expérience, hors de la classe : voyages, sports, rencontres, échecs. Julien Peron en a fait le titre de son film et de son festival.
Un voyage scolaire peut-il vraiment changer un enfant ?
Dans l'histoire racontée ici, oui : il a rendu son plaisir d'apprendre à un enfant dys en manque de confiance. Ce n'est qu'un témoignage, qui n'a pas valeur de règle.
Comment les parents peuvent-ils réagir face à une passion qui les inquiète ?
Julien Peron invite à dépasser les codes d'une pratique pour voir ce qu'elle apporte, et à faire confiance aux choix de l'enfant.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- L'entretien complet, avec les expériences vécues au skate, au kung-fu, à l'école et en voyage.
- Ce que chaque pratique lui a appris sur l'effort, la persévérance et l'échec.
- Son parcours d'entrepreneur depuis ses débuts difficiles.
- Sa vision du développement personnel et de la responsabilité citoyenne.
- L'encadré consacré à son livre.
