Unschooling : que se passe-t-il quand l'enfant mène ses apprentissages ?
Et si l'on faisait confiance à la capacité des enfants d'apprendre par eux-mêmes ? Dans le n°14 d'Innovation en Éducation, Valérie Olmos raconte son quotidien d'unschooling, sur les routes du monde.
Tiré du magazine · n°14L'action, meilleure alliée du cerveau
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Valérie Olmos est nomade digitale : elle travaille sur le web et voyage avec ses trois enfants, âgés de 20, 15 et 8 ans, qui apprennent sans programme ni école. Cette pratique porte un nom, le unschooling, et ce sont ses propres enfants, dit-elle, qui lui ont ouvert les yeux sur les apprentissages auto-gérés. Elle en témoigne dans le n°14 d'Innovation en Éducation.
Qu'est-ce qu'un apprentissage auto-géré ?
C'est un apprentissage mené par l'enfant, non par l'adulte. L'autrice part du constat que les enfants sont naturellement curieux et qu'ils pourraient consacrer des heures à un sujet qui les passionne. Son fils de 8 ans, jamais scolarisé, a eu sa période dinosaures, comme beaucoup d'enfants. Elle a suivi ses envies : documentaires, livres, recherches sur internet, dessins, et même un petit livre sur le sujet, à sa demande.
En observant ce qu'il a mis en œuvre, la recherche, la lecture, l'écriture, un peu de sciences, d'histoire et de mathématiques, elle conclut que l'enfant apprend sans vraiment s'en rendre compte, et qu'il retient mieux qu'en apprenant par cœur une leçon dont il ne voit pas l'intérêt.
« Il s'agit d'un apprentissage mené par l'enfant et non par l'adulte. »
Quelle posture pour l'adulte ?
Celle d'un accompagnant, pas de la seule source du savoir. L'adulte écoute chaque enfant individuellement, l'aide à se procurer du matériel ou lui propose des pistes qu'il n'aurait pas explorées seul, et enrichit son environnement. Elle précise qu'il n'est pas nécessaire de parcourir le monde pour cela : la nature, les musées, les parcs, les livres, les jeux et le matériel laissé en libre accès peuvent y suffire. L'article en donne des exemples.
L'autrice cite aussi André Stern, pour qui l'enthousiasme, lorsqu'on peut l'approfondir sans limite, a un effet secondaire : la compétence.
Le multi-âge, un atout ?
Pour Valérie Olmos, la réponse est claire, parce qu'elle l'observe chez ses enfants : les aînées partagent leurs savoirs avec le plus jeune, qui les aide à se responsabiliser en retour. Avec d'autres familles nomades, elle voit de grandes richesses dans les jeux et les échanges d'enfants de tous âges, et pense que les adultes peuvent aussi apprendre des enfants, à condition de respecter leur parole.
Comment faire confiance, quand on a des sueurs froides ?
L'autrice reconnaît que la confiance peut donner des sueurs froides, et qu'elle vient au fil du temps, en observant. Laisser explorer ses passions peut engendrer des lacunes ailleurs. Elle y répond en pariant que, le jour où l'enfant aura besoin d'une compétence, il l'acquerra plus vite, parce que le désir sera là. Elle prend l'exemple de sa fille de 15 ans, qui écoute des chansons anglophones et regarde des séries en version originale, et qui, sans cours, comprend assez bien l'anglais pour lui servir de traductrice.
Elle rappelle aussi qu'elle a longtemps eu peur pour son aînée, avant de lui accorder sa confiance peu à peu. Aujourd'hui, celle-ci écrit des romans et a ouvert sa boutique en ligne, avec des objets dont elle a dessiné les visuels. Il n'y a pas là de garantie, seulement un récit : l'autrice insiste elle-même sur le fait que tout est question de confiance sur le long terme.
« Leur donner le pouvoir de suivre leurs apprentissages selon leurs besoins du moment, c'est aussi leur donner confiance en eux et en leur capacité. »
Que peuvent en retenir les familles dont les enfants vont à l'école ?
La conclusion de l'article est ouverte : que les enfants soient scolarisés ou instruits en famille, on peut les accompagner dans la richesse de la vie quotidienne. Les courses, la cuisine, les balades, les jeux de société, la lecture de BD ou de romans, les jeux vidéo même, sont autant d'occasions d'apprendre, ce qui invite à porter un regard curieux sur ce que font déjà les enfants.
C'est une façon de relativiser la frontière entre apprendre et vivre, sans opposer l'école et la maison. L'autrice ne demande pas de renoncer à l'une ou à l'autre : elle invite à explorer, à laisser faire des erreurs, à garder de l'intérêt pour chaque savoir.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le unschooling ?
C'est une forme d'apprentissage libre, mené par l'enfant selon ses intérêts, avec un adulte qui l'accompagne sans enseigner de programme. Valérie Olmos le pratique avec ses trois enfants.
Un enfant en unschooling apprend-il quand même les bases ?
L'autrice affirme que oui, à travers les activités du quotidien et les centres d'intérêt de l'enfant. Elle reconnaît qu'il peut y avoir des lacunes, qu'il pourra combler au moment où il en aura besoin.
Peut-on s'en inspirer quand on est scolarisé ?
L'article le suggère : on peut enrichir l'environnement de l'enfant et valoriser ce qu'il apprend hors de la classe, quel que soit son mode de scolarité.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le récit de la vie nomade de la famille et de la manière dont elle nourrit les apprentissages.
- La liste des ressources à mettre à disposition des enfants pour enrichir leur environnement.
- Le passage sur le multi-âge, chez les enfants comme chez les adultes.
- Les exemples d'apprentissages dans la vie quotidienne : courses, jeux, lectures.
- La citation d'André Stern sur l'enthousiasme et la compétence.
