Se réveiller la nuit est-il anormal ? Ce qu'il faut savoir du sommeil en famille
Nous dormons moins qu'il y a cinquante ans, et nous nous inquiétons de dormir mal. Dans le n°4 d'Innovation en Éducation, la coach du sommeil Juliette Moudoulaud commence par une bonne nouvelle : se réveiller la nuit est physiologique.
Tiré du magazine · n°4En finir avec les mauvaises habitudes !
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Dormir est un besoin vital, au même titre que respirer, boire et manger, et pourtant on le met volontiers au second plan. Juliette Moudoulaud, coach certifiée en sommeil, a accompagné des milliers de bébés et d'enfants vers des nuits plus réparatrices, avant d'orienter sa pratique vers les adultes. Dans le n°4 d'Innovation en Éducation, elle part d'un constat : en cinquante ans à peine, les Français ont perdu en moyenne entre une heure et une heure et demie de sommeil, adultes et enfants confondus.
Sa conviction, formulée sans alarmisme : il n'y a pas de fatalité, et tout le monde peut améliorer la qualité de ses nuits.
Est-il normal de se réveiller la nuit ?
Oui, et c'est sans doute l'idée la plus rassurante de l'article. Le sommeil se découpe en cycles, avec de petits réveils entre chacun d'eux. Bébés, enfants et adultes se réveillent donc tous, chaque nuit, sans toujours s'en souvenir.
« Tous les bébés, enfants et adultes se réveillent chaque nuit, c’est physiologique et normal. »
L'autrice rappelle que, dans les temps anciens, les longues nuits d'hiver étaient souvent coupées en deux, et que ce moment de calme au milieu de la nuit servait à partager et à discuter. Ce qui a changé, c'est le regard : nous y voyons un problème, parce que nous devons être en forme le lendemain. Son conseil, quand cela arrive : y voir un avantage plutôt qu'un inconvénient, et se rappeler qu'une des fonctions de la nuit est de digérer les émotions de la journée.
Qu'est-ce que « bien dormir » ?
Pas forcément faire des nuits d'un seul tenant. Bien dormir, c'est s'endormir facilement et se sentir en forme dans la journée.
« Bien dormir c’est avant tout se sentir en forme dans la journée. »
Le besoin varie d'une personne à l'autre, mais l'autrice précise qu'une personne qui affirme se contenter de quatre ou cinq heures est, le plus souvent, en privation de sommeil. Elle explique aussi pourquoi le réveil sonne rarement au bon moment : il tombe souvent en pleine phase de rêve, d'où la sensation d'être arraché à sa nuit. Elle évoque la lumière, plus douce qu'un son, comme manière de se réveiller.
Qu'est-ce qui empêche nos enfants de dormir ?
L'article distingue le besoin du bébé, qui peut se réveiller pour se nourrir pendant plusieurs mois, de l'habitude, qui s'installe ensuite. Un enfant qui a besoin d'un parent pour s'endormir le soir en aura naturellement besoin à nouveau la nuit. Accompagner l'enfant vers un endormissement plus autonome peut donc aider toute la famille. Juliette Moudoulaud insiste sur un point : l'âge de cet apprentissage varie d'une famille à l'autre, et l'essentiel est que chacun trouve son équilibre.
Elle invite aussi à regarder ce qui se passe de jour : activité physique, si possible en extérieur, vrai temps d'échange avec ses parents, vigilance face à la surstimulation et au stress. Le soir, elle recommande de couper les écrans bien avant le coucher et d'installer un rituel, sujet que le magazine prolonge page 16 avec des idées de parents, présentées dans un autre article du blog : dix idées de parents pour apaiser l'heure du dodo.
Comment retrouver son rythme naturel ?
Chacun possède une horloge interne légèrement plus longue que vingt-quatre heures, qu'il faut recaler chaque jour grâce à la lumière du jour et à l'obscurité de la nuit. L'autrice explique le rôle de la mélatonine, l'hormone qui prépare au sommeil, et ce qu'une soirée sans écran permet de retrouver : discuter, jouer, lire, écouter de la musique. Le magazine détaille ses conseils pour repérer ses propres signes de fatigue, pour la sieste, et pour les mois d'été, quand le jour se prolonge.
Questions fréquentes
Un enfant qui se réveille la nuit a-t-il un problème de sommeil ?
Pas nécessairement. Selon Juliette Moudoulaud, les petits réveils entre les cycles sont normaux à tout âge. Ils deviennent une gêne quand l'enfant a besoin d'un parent pour se rendormir.
Les écrans ont-ils un effet sur le sommeil ?
L'autrice recommande de les couper une à deux heures avant l'heure habituelle d'endormissement pour les adultes, et au moins une heure avant le coucher pour les enfants.
Combien d'heures faut-il dormir ?
Le besoin varie selon les personnes. Le meilleur indicateur, dit l'article, est de s'endormir facilement et de se sentir en forme dans la journée.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- L'explication des cycles du sommeil, de deux phases chez le nourrisson à quatre chez l'adulte.
- Le rôle de la mélatonine et de la lumière pour synchroniser son horloge interne.
- Les conseils pour se réveiller en douceur et pour faire une sieste utile sans gêner la nuit.
- Les conseils pour mieux repérer sa fatigue le soir, et pour réagir à un réveil nocturne.
- Les pistes pour accompagner l'enfant vers un endormissement plus autonome.
