Pourquoi sortir de sa zone de confort fait-il du bien ? Premières fois et voyage
L'enfance est une suite de premières fois, la vie adulte beaucoup moins. Dans le n°4 d'Innovation en Éducation, deux textes invitent à bousculer ses habitudes : une réflexion sur les premières fois, et le témoignage de Julien Peron sur le voyage.
Tiré du magazine · n°4En finir avec les mauvaises habitudes !
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« C'était quand, la dernière fois que vous avez fait quelque chose pour la première fois ? » La formule circule sur internet, mais elle est plus profonde qu'il n'y paraît : une fois installés dans la routine, on doit réfléchir quelques minutes avant de répondre. Le n°4 d'Innovation en Éducation lui consacre un texte, et le prolonge par un témoignage de Julien Peron, le créateur du magazine, qui voit dans le voyage une manière de se mettre régulièrement en mouvement.
Pourquoi les premières fois se raréfient-elles ?
L'enfance et la croissance sont une succession de découvertes : premières dents, premiers pas, premières amitiés, premières joies et premières peines. Ce sont ces expériences inédites qui nous ont fait grandir. Une fois adultes, ces occasions ne disparaissent pas, mais nous les évitons, par besoin de contrôle ou par instinct de conservation.
L'auteur du texte file une image : comme un corps qui reste souple parce qu'on l'entretient, notre « souplesse intérieure » demande à être travaillée. Sinon, au moindre effort d'adaptation, elle risque de céder, comme un élastique oublié sous le frigo qui casse à la première traction.
« Si nous ne la travaillons pas, au moindre effort d'adaptation, ça va craquer. »
Sa proposition n'a rien d'une injonction : être intentionnel, provoquer de temps en temps une première fois, et cultiver sa curiosité. Les exemples qu'il donne sont volontairement modestes et un peu fous, de quoi faire sourire.
Que peut apporter le voyage ?
C'est le sujet de Julien Peron. À dix ans, il part dans une famille d'accueil aux États-Unis, et c'est un premier déclic. À vingt ans, il repart seul en Égypte, et ce voyage lui fait remettre en question ce qu'on lui avait appris : il commence à regarder le monde avec son propre regard. Chaque retour, raconte-t-il, lui donne l'impression d'avoir lu des dizaines de livres sur la connaissance de soi.
Il en tire une conviction, qu'il présente comme personnelle : partir seul, même un jour ou deux, dans la nature, c'est se reconnecter.
« Pas pour se déconnecter, mais au contraire, pour se reconnecter ! »
Il insiste sur un point qui rassurera : il ne s'agit pas forcément d'aller loin ni de dépenser beaucoup, c'est une histoire de priorités. Pour lui, le voyage fait partie d'une vie saine, au même titre que l'alimentation, le sommeil ou le contact avec la nature, parce qu'il développe la curiosité, la créativité et l'ouverture d'esprit.
Quelles premières fois oser, concrètement ?
L'auteur du premier texte se garde de prescrire un défi unique. Il donne des idées volontairement variées : quitter le sentier de randonnée pour se baigner dans la rivière, même sans serviette, ou engager la conversation avec une personne devant laquelle on passe chaque jour sans la regarder. D'autres pistes sont plus audacieuses, comme dormir à la belle étoile ou pousser la porte d'un tatoueur.
Ce qui compte, dit-il, n'est pas la nature de l'expérience mais l'intention : accepter de renoncer pour un temps à ses repères et à ses sécurités, et se redonner la chance de faire quelque chose pour la première fois. Il rappelle que c'est bien une chance, qui nous étire, nous élargit et nous fait grandir. Un parent qui se lance sous les yeux de ses enfants leur montre, en passant, que l'on peut rester curieux à tout âge.
Et en famille ?
Un encadré du magazine rassemble quatre choses que l'on apprend en voyageant avec ses enfants, de l'ouverture aux autres à la culture générale. Comme dans l'entretien de Maud Ankaoua sur la connaissance de soi, on retrouve l'idée que les adultes transmettent d'abord par ce qu'ils osent eux-mêmes.
Questions fréquentes
Qu'appelle-t-on la zone de confort ?
C'est l'ensemble des situations connues, où l'on se sent en sécurité. Le texte du n°4 invite à en sortir de temps en temps, par petites touches, pour garder de la souplesse.
Faut-il partir loin pour que le voyage fasse du bien ?
Non, selon Julien Peron : une journée ou deux seul dans la nature peuvent suffire.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les exemples de premières fois que propose l'auteur, du plus sage au plus audacieux.
- L'image de l'élastique, pour comprendre la souplesse intérieure.
- Le récit des premiers voyages de Julien Peron, de Milwaukee à l'Égypte.
- Les quatre choses que l'on apprend en voyageant en famille.
- Les photographies de huit paysages de France pour partir près de chez soi.
