Se connaît-on vraiment soi-même ? Le regard de Maud Ankaoua
Nous pensons nous connaître, et pourtant nous suivons souvent des chemins que d'autres ont tracés. Dans le n°4 d'Innovation en Éducation, l'auteure et coach Maud Ankaoua explore ce qui nous retient, et ce qu'on peut transmettre aux enfants.
Tiré du magazine · n°4En finir avec les mauvaises habitudes !
Voir ce numéro
Maud Ankaoua est coach, conférencière et auteure de deux romans inspirants, Kilomètre zéro et Respire ! Le plan est toujours parfait. Passionnée de relations humaines, elle cherche à changer notre regard sur nous-mêmes et sur les autres. Dans un long entretien du n°4 d'Innovation en Éducation, elle part d'une question qui paraît étrange : comment peut-on ne pas se connaître soi-même ?
Pourquoi dit-elle que nous fonctionnons « en pilote automatique » ?
Selon elle, nous sommes la plupart du temps guidés par ce qui nous a été transmis : notre éducation, notre culture, les peurs de nos parents, ce que nous avons reçu à l'école. Nous construisons notre identité autour de ces couches, qui ne sont pas notre « essence ». Se connaître commencerait donc par prendre du recul pour observer ces influences. Elle précise que cela ne veut pas dire tout jeter : il s'agit de comprendre ce qui prend le contrôle sans que nous le sachions.
« C'est une vraie clef que d'accepter notre limite. »
Elle identifie trois freins : le conditionnement, le besoin de se protéger et la tendance à penser que « le problème vient toujours de l'autre ». Le magazine les détaille un par un, avec la manière dont Maud Ankaoua propose de s'en libérer. Au passage, elle commence par une phrase rassurante : si nous ne nous connaissons pas, ce n'est pas de notre faute, car la société ne nous y encourage guère.
Pourquoi se connaître changerait-il la vie ?
Elle prend l'exemple du métier. Beaucoup de personnes choisissent un travail pour ce qu'il rapporte. L'argent n'est pas mauvais en soi, mais s'il passe avant ce qui nous anime vraiment, un moment vient où l'on se sent désaligné, avec son lot de frustrations. À l'inverse, quand on agit en accord avec ce que l'on est, les choses deviennent plus fluides. Elle relie aussi la connaissance de soi à l'hygiène de vie : en se connaissant mieux, on adapte son alimentation, ses relations, son quotidien à ce qui est bon pour soi.
Existe-t-il une ligne d'arrivée ? Non, répond-elle.
« La vie est une formation continue ! »
Que dit-elle de l'ego et de la responsabilité ?
Maud Ankaoua décrit deux parties qui se confrontent en nous : l'une qui veut exister pleinement, notre être profond, et l'autre, l'ego, qui raconte son histoire. L'ego serait une sorte de système de défense, qui nous fait croire que le monde extérieur est trop dangereux. Il a besoin de trouver un responsable extérieur, et nous pousse à penser que « le problème vient toujours de l'autre ».
Elle propose un autre réflexe : se responsabiliser, non pas de toutes les situations, mais de la manière dont on gère ses propres émotions face à elles. Dès que l'on fait cela, dit-elle, on se sent mieux. C'est une manière d'aborder un conflit, au travail ou à la maison, sans chercher de coupable : ni les autres, ni soi-même. Elle y voit l'un des premiers pas vers la connaissance de soi.
Qu'est-ce que cela change pour les enfants ?
C'est la partie qui concerne le plus directement parents et enseignants. Maud Ankaoua estime que, plus tôt on prend conscience de l'impact que l'on a sur les enfants, plus tôt ils apprendront à se connaître. Au lieu de seulement leur imposer des choses, elle suggère de les responsabiliser sur ce qu'ils ressentent et sur ce qui les anime, en leur rappelant que chacun est unique. Selon elle, un enfant qui se sent en phase avec lui-même comprend mieux les règles et apprend plus facilement. Chacun peut y voir une invitation, sans y chercher un mode d'emploi : il n'est jamais trop tard, dit-elle, ni pour influencer ni pour révéler quelqu'un.
Cette réflexion rejoint celle du même numéro sur l'importance des premières fois et de la sortie de la zone de confort.
Questions fréquentes
Comment commencer à mieux se connaître ?
L'entretien invite à observer ses influences, à accepter ses limites, à prendre du recul. Un encadré du magazine détaille sept clés pour s'y mettre.
Peut-on enseigner la connaissance de soi aux enfants ?
Maud Ankaoua le pense : en les responsabilisant sur ce qu'ils ressentent plutôt qu'en tout leur imposer.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les trois freins à la connaissance de soi, avec ce qui permet de s'en libérer.
- La distinction que fait Maud Ankaoua entre notre être profond et notre ego.
- L'exemple du choix professionnel, et ce qu'elle appelle l'alignement.
- L'encadré des sept clés pour la connaissance de soi.
- Les deux romans de l'auteure, pour aller plus loin.
