Besoin d'approbation : d'où vient-il, et comment s'en libérer ?
Plaire à tout prix, ne rien décider sans l'avis des autres : cette habitude se forge souvent dans la famille. Dans le n°22 d'Innovation en Éducation, le psychologue Kevin Pinel en retrace les racines et les pistes pour s'en défaire.
Tiré du magazine · n°22La famille ? C’est compliqué… !
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Chercher l'approbation des autres est naturel : nous avons tous besoin de nous sentir acceptés. Mais quand cette quête devient permanente, elle peut empêcher de décider, de s'affirmer et de se sentir bien. Le psychologue clinicien Kevin Pinel en retrace les origines dans le n°22 d'Innovation en Éducation, et montre que la famille y joue souvent un rôle, dans un sens comme dans l'autre.
Kevin Pinel est psychologue clinicien, psychothérapeute et coach. Depuis 2016, il accompagne des personnes qui veulent comprendre leurs schémas et reprendre la main sur leur vie. Son article s'adresse aux adultes, mais il intéresse directement les parents et les enseignants : ce qui se joue chez l'adulte commence souvent dans l'enfance.
D'où vient le besoin d'approbation ?
L'auteur le fait remonter à l'enfance, à l'attachement, aux échanges familiaux et aux premières expériences sociales. Un enfant dont les besoins sont peu écoutés, ou dont les parents sont très critiques, peut comprendre que son avis compte peu. Il cherchera plus tard la validation des autres pour se sentir valorisé.
« Il se sera conditionné comme étant peu important aux yeux des autres. »
Le tempérament joue aussi : le perfectionnisme, l'anxiété sociale ou une faible estime de soi y prédisposent, et les réseaux sociaux, où la comparaison est constante, peuvent l'accentuer.
Qu'est-ce qui, dans une famille, peut l'entretenir ?
Kevin Pinel cite des attentes élevées sans soutien émotionnel, un amour présenté comme conditionnel, ou des comparaisons fréquentes entre frères et sœurs. Il ne s'agit pas de chercher des coupables : la plupart des parents font ce qu'ils peuvent, et beaucoup reproduisent ce qu'ils ont eux-mêmes reçu. Mais savoir ce qui nourrit ce besoin permet d'agir, à la maison comme en classe, par exemple en valorisant les efforts autant que les résultats.
Comment le reconnaître, chez soi ou chez un proche ?
L'auteur propose une liste de signes, de la difficulté à décider sans l'avis des autres au malaise quand l'approbation tarde. Il décrit aussi les conséquences possibles, de l'épuisement de toujours vouloir plaire aux relations où l'on s'oublie.
« Une faible estime de soi et un manque de confiance en soi, car leur valeur personnelle est constamment déterminée par les autres. »
Comment s'en défaire, et comment aider un enfant ou un proche ?
Le magazine présente cinq stratégies pour se défaire de cette dépendance au quotidien. Kevin Pinel détaille aussi quatre attitudes pour aider un membre de sa famille à gagner en autonomie émotionnelle, sans lui mettre la pression.
Le bénéfice attendu est concret : des relations plus authentiques, des décisions plus libres et moins d'anxiété liée au regard des autres.
Cela se retrouve-t-il aussi au travail ?
Oui, observe l'auteur : ce qui existe dans la vie personnelle se répand dans la vie professionnelle, par un besoin constant de reconnaissance de la part des collègues ou de la hiérarchie. D'où l'intérêt, pour lui, de comprendre ce mécanisme tôt : en reconnaissant ses racines et ses manifestations, on peut aider celles et ceux qui en souffrent à bâtir une estime d'eux-mêmes plus solide et des relations plus équilibrées.
Pour un parent ou un enseignant, la lecture a une portée toute simple : l'enfant qui reçoit de l'attention pour ce qu'il est, et pas seulement pour ce qu'il réussit, n'a pas à la mendier plus tard.
Questions fréquentes
Le besoin d'approbation est-il normal ?
Oui, c'est une tendance naturelle. Selon Kevin Pinel, elle ne devient un obstacle que lorsque la quête devient excessive et empêche de décider ou de s'affirmer.
Les parents peuvent-ils l'entretenir sans le vouloir ?
C'est possible : des attentes élevées sans soutien émotionnel, un amour qui semble dépendre des résultats, ou des comparaisons entre frères et sœurs peuvent y contribuer. Cela ne signifie pas que les parents soient fautifs.
Peut-on s'en défaire à l'âge adulte ?
Oui, répond l'auteur, en reconnaissant les situations déclenchantes et en renforçant peu à peu sa confiance en soi.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La liste complète des signes qui montrent que le besoin d'approbation devient problématique.
- Les conséquences sur la vie et les relations, point par point.
- Les cinq stratégies pour se défaire de cette dépendance.
- Les quatre façons d'aider un proche à développer son autonomie émotionnelle.
