Comment cinq parents ont-ils choisi de ne pas reproduire ce qu'ils avaient reçu ?
Maternité, thérapie, prise de conscience : un jour, on ouvre les yeux sur ses héritages. Cinq abonnées du magazine racontent, dans le n°13, ce qu'elles ont décidé de ne plus reproduire.
Tiré du magazine · n°13Suis-je parfois un parent "toxique" ?
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On se promet souvent de ne jamais faire pareil. Puis, un jour, on reconnaît dans sa propre voix celle de ses parents. Quand le magazine a lancé un appel à témoins sur ce thème, cinq abonnées ont répondu : Hélène, Cloé, Émilie, Laetitia et Margaret. Leurs récits, publiés dans le n°13 d'Innovation en Éducation, ont en commun un moment de bascule : la maternité, une thérapie ou une phrase entendue, qui fait voir un héritage qu'on ne voyait plus.
Quel est le « déclic » ?
Celui d'Émilie est peut-être le plus parlant. Enfant, elle se faisait gronder pour tout et n'importe quoi, et s'était promis de ne pas faire pareil. Un jour pourtant, elle gronde son enfant, puis recommence, puis cela devient une habitude. Au bout de plusieurs mois, une petite voix intérieure la rappelle à l'ordre.
« T'es en train de reproduire le même schéma, ma petite ! »
Elle lit beaucoup, prend sur elle, et construit avec son fils, qui avait moins de trois ans, de petits rituels pour les moments où les émotions débordent. Le magazine détaille ce qu'elle fait, ce qui a marché, ce qui a dû évoluer quand l'enfant a grandi.
Que comprend-on en devenant parent à son tour ?
Hélène raconte qu'en cumulant un emploi à temps plein et le quotidien avec deux jeunes enfants à besoins intenses, elle a compris pourquoi ses parents craquaient. Cette compréhension ne l'a pas convaincue pour autant que les claques et les humiliations menaient à la confiance. Margaret, elle, relève deux injonctions qu'elle transmettait sans le vouloir : se dépêcher et être parfaite. Sa fille lui avait dit très tôt : « mais je ne suis pas un robot ! » À chaque fois, ce qui frappe, c'est la lucidité avec laquelle ces mères reconnaissent le schéma, sans le justifier ni s'en accabler.
Qu'est-ce qui se transmet, au juste ?
Pas seulement des coups ou des cris. Les cinq témoignages portent sur des héritages très différents. Hélène a connu un cadre très strict, avec des claques et des humiliations, et cherche une relation de confiance. Cloé a reproduit l'exigence de ses parents, jusqu'à crier trop vite, et comprend avec l'aide d'une psychologue la source de son manque de confiance en elle. Laetitia, elle, voit ses filles porter son rapport difficile à l'argent. Quant à Margaret, elle découvre avec une conseillère familiale la pression du perfectionnisme. Le cas de Laetitia est touchant : elle n'a jamais manqué de rien enfant, mais elle a vu sa mère faire les comptes, et elle n'osait pas regarder ses propres relevés. Une dépression post-partum l'a conduite chez une psychologue, et c'est en voyant ses filles demander les choses « du bout des lèvres » qu'elle a mesuré ce qu'elle leur avait transmis.
Aucune ne se présente comme un modèle. Toutes décrivent un chemin, et c'est peut-être leur force.
« On est humain, on fait au mieux à l'instant donné et on peut toujours progresser. »
Comment sortir de la culpabilité ?
Plusieurs de ces parents évoquent une culpabilité écrasante, celle d'être « la plus mauvaise mère du monde ». Cloé raconte qu'elle en est sortie en apprenant à décoder ses réactions du quotidien et à comprendre ses besoins et les émotions qui y sont liées, avec l'aide de la communication non violente. Elle a cessé d'être si exigeante avec ses enfants, et un peu moins avec elle-même, et crie bien moins qu'avant.
Pour Laetitia, c'est la transparence qui a joué : parler de l'argent à ses filles, dire ce que la famille gagne et dépense, pour que le sujet cesse d'être tabou. Les outils de chacune sont différents : le magazine les présente dans le détail, avec les gestes concrets qui ont fonctionné chez elles.
« Je ne veux plus que l'argent soit tabou sous mon toit. »
Pour une autre histoire de réconciliation familiale, un article du blog rassemble des témoignages de lecteurs.
Questions fréquentes
Pourquoi reproduit-on ce qu'on a reçu ?
Parce que ces modèles sont intégrés très tôt, souvent sans que l'on s'en aperçoive. Les cinq témoignages montrent qu'une prise de conscience, seule ou accompagnée, peut faire cesser la répétition.
Faut-il consulter pour changer ?
Plusieurs des abonnées citent l'aide d'un thérapeute, d'une psychologue ou d'une conseillère familiale, d'autres des lectures ou des ateliers. Il n'y a pas de chemin unique.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les cinq témoignages complets, avec la ville de chaque abonnée.
- Le détail des rituels qu'Émilie a mis en place avec son fils pour traverser les moments d'émotion.
- Le parcours de Cloé avec une psychologue et la communication non violente.
- La manière dont Laetitia parle d'argent à ses filles, et celle dont Margaret a allégé la pression du perfectionnisme.
- Les conseils de chacune, dits avec ses mots.
