Classe adaptative : comment une enseignante a retrouvé le plaisir d'enseigner ?
Des journées interminables et le sentiment d'inefficacité : Fanny Berne, enseignante au collège, pensait quitter le métier. Elle raconte dans le n°24 d'Innovation en Éducation ce que la classe adaptative a changé.
« Dès le début de ma carrière, je me suis très vite sentie impuissante face à l'apprentissage de mes élèves. » Fanny Berne, enseignante dans un collège de Soucieu-en-Jarrest, décrit des journées de travail interminables, des élèves en difficulté et des heures de préparation qui ne portaient pas leurs fruits. Tout concourait, dit-elle, à l'éloigner de la vocation qui l'animait. Dans le n°24 d'Innovation en Éducation, elle raconte comment elle a retrouvé de l'élan avec la classe adaptative.
Qu'est-ce que la classe adaptative ?
C'est une approche pédagogique qui personnalise les apprentissages en fonction des besoins et du rythme de chaque élève. Fanny Berne la découvre en juillet 2023, en intégrant l'Académie des ProfERE, créée par Marie-Camille Coudert. Elle la décrit comme une bouée de sauvetage, la dernière chance qu'elle donnait au métier : en cas d'échec, elle démissionnerait. Elle y a trouvé un cadre fondé sur les sciences cognitives, des outils concrets et une communauté motivée.
À la rentrée de septembre 2023, elle explique le nouveau fonctionnement aux élèves, les rassure et les implique dans la construction de leur propre parcours. Le changement apporte d'abord son lot d'émotions désagréables : élèves et parents sont surpris, parfois réticents. Mais très vite, ils adhèrent, une fois la finalité et l'efficacité du processus comprises.
Que change l'évaluation ?
L'autrice décrit quatre piliers de la classe adaptative. L'un d'eux, l'évaluation constructive, lui paraît particulièrement parlant : elle redonne sa place à l'erreur, les élèves ont le droit de se tromper, et ils construisent eux-mêmes leur note. Ils (re)prennent leur place et leur responsabilité, en travaillant pour eux, à leur rythme.
« Je n'ai jamais autant évalué mes élèves en corrigeant aussi peu. »
Les trois autres piliers touchent à la posture de l'enseignante, à l'organisation de ce qu'elle appelle un « écosystème d'enseignement » et à une approche pragmatique appuyée sur la recherche. Le magazine les présente en détail.
Comment l'enseignante a-t-elle changé sa posture ?
Elle a choisi de se former et de s'entourer, en profitant des retours et partages de la communauté des ProfERE. Elle a aussi changé d'état d'esprit : elle a opté pour la posture d'accompagnatrice, lâché prise sur certaines pratiques traditionnelles et choisi de faire confiance aux élèves. Elle se met en retrait en classe, laisse de l'espace aux conflits cognitifs et se positionne comme guide, non comme « sauveuse » qui fait à la place des élèves.
Elle s'appuie aussi sur le numérique, dont l'automatisation de l'évaluation lui permet un suivi étroit au quotidien, et sur la collaboration avec les parents. Elle cite une idée qui lui est chère : tout enfant a besoin d'un village entier pour être éduqué, et l'école s'arrête au portail, mais l'apprentissage se poursuit au-delà.
Qu'est-ce que cela lui a apporté ?
Un équilibre retrouvé. Elle constate chez les enseignants qui pratiquent la classe adaptative les mêmes améliorations que chez elle.
« Je me sens utile, j'ai retrouvé le plaisir d'enseigner et je ne compte plus démissionner. »
Le témoignage ne prétend pas que ce choix convienne à tous : il raconte une voie, parmi d'autres, pour concilier efficacité auprès des élèves et équilibre de vie.
Que dit l'enseignante de l'équilibre entre vie professionnelle et personnelle ?
Fanny Berne place d'emblée son récit sous le signe de l'équilibre. Son objectif a toujours été de donner à chaque élève les clés de sa propre réussite, tout en préservant sa vie personnelle. Dès sa première année, elle s'est persuadée qu'il lui faudrait, pour y arriver, une équipe à ses côtés : une secrétaire pour l'administratif, un chargé de communication avec les parents et l'administration, et surtout un scientifique chargé de lui résumer les consensus récents en didactique, en pédagogie et en sciences cognitives. La classe adaptative lui a apporté une partie de cette aide, sous la forme d'un cadre, d'outils et d'une communauté. Elle ne présente pas cette voie comme une obligation, mais comme l'alternative qui a fonctionné pour elle.
Questions fréquentes
La classe adaptative convient-elle à tous les élèves ?
L'autrice décrit une personnalisation des apprentissages selon les besoins et le rythme de chacun. Elle note que les élèves et les parents, d'abord surpris, adhèrent vite quand ils comprennent la finalité.
Faut-il se former pour la pratiquer ?
Fanny Berne s'est formée à l'Académie des ProfERE et souligne l'importance de la communauté pour avancer plus vite que seule.
Les parents ont-ils un rôle ?
Oui : selon elle, ils deviennent un puissant levier dans l'apprentissage, car l'apprentissage se poursuit au-delà du portail de l'école.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le récit détaillé de son découragement et de la décision de se former.
- Les quatre piliers de la classe adaptative, avec leurs mots clés.
- La manière de construire sa note en évaluation constructive.
- Les quatre leviers de son passage à l'action : formation, état d'esprit, numérique et parents.
- Le renvoi vers l'intégralité de son article sur Instagram.
N°24
n°24 · Profs inspirants : 30 méthodes qui marchent
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