La Discipline Positive à l'école : à quoi cela ressemble-t-il en classe ?
Et si les élèves allaient à l'école le cœur léger ? Dans le n°7 d'Innovation en Éducation, Nadine Gaudin, formatrice en Discipline Positive, décrit une démarche pour apaiser les relations en classe.
Tiré du magazine · n°7Bienveillance et discipline, c'est possible ?
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La Discipline Positive, conçue par l'Américaine Jane Nelsen à partir des idées d'Alfred Adler et de Rudolf Dreikurs, ne s'adresse pas qu'aux parents. Nadine Gaudin, maître formatrice internationale, la présente dans le n°7 d'Innovation en Éducation comme une boîte à outils pour les enseignants, de la maternelle au post-bac, afin de développer les compétences psychosociales des élèves : se connaître, se réguler, communiquer, coopérer.
Quels sont les principes de la démarche ?
L'autrice en retient cinq. Être à la fois ferme et bienveillant, pour renforcer le respect mutuel. Encourager, au sens d'Adler : « insuffler du courage ». Développer chez l'élève le sentiment d'être capable. Rester attentif à ce qu'il pense, ressent et décide. Enfin, se connecter à lui, pour renforcer le sentiment d'appartenance et le sentiment d'être important, non par la flatterie, mais par la contribution et la responsabilité.
« Le sentiment d'appartenance est cette sensation profonde d'être relié à l'autre, d'être connecté. »
Que change l'enseignant à sa façon de parler ?
Il pose des questions plutôt que de donner des injonctions. L'autrice explique que le questionnement développe la réflexion et l'esprit critique de l'élève, et lui donne la capacité d'assumer sa part de responsabilité. Un exemple suffit pour l'illustrer : au lieu de « sors tes affaires », l'enseignant demande « de quoi as-tu besoin pour démarrer le cours ? ». Il peut aussi interroger la classe entière sur l'ambiance qu'elle souhaite, ou chaque élève sur ce qui l'aiderait à se mettre au travail. L'autrice précise que c'est un art subtil, qui se travaille tout au long d'une carrière.
Et les activités, combien de temps prennent-elles ?
L'enseignant peut aussi animer des activités avec ses élèves, souvent en quinze minutes, sur des thèmes comme la communication, l'autorégulation, le respect mutuel, l'erreur ou la différence. L'autrice s'appuie sur des études qui montrent les effets du travail systématique sur ces compétences, et décrit en détail une activité qui tient en une feuille de papier et ouvre une discussion sur le pouvoir des mots, voire sur le harcèlement. Le magazine en donne le déroulé et précise dans quel climat de classe elle se fait.
« L'élève sort de sa passivité pour devenir partie prenante du processus. »
Qui a conçu cette démarche ?
Jane Nelsen, Américaine, mère de sept enfants et docteure en pédagogie, a découvert la pensée d'Adler et de Dreikurs, qui l'avaient beaucoup aidée dans son travail de psychologue scolaire. Elle en a tiré un livre, La Discipline Positive, publié en 1981, puis des ateliers pour parents et enseignants conçus avec la thérapeute Lynn Lott. Leur créativité et leur pragmatisme ont donné, selon Nadine Gaudin, une boîte à outils reposant sur une théorie solide.
Qu'est-ce que cela change pour les élèves, et pour l'enseignant ?
Pour l'élève, l'autrice parle de confiance et d'estime de soi, d'un véritable sentiment de capacité et d'un esprit critique renforcé. Il apprend à chercher des solutions plutôt qu'à se bloquer face à ses erreurs, et sa capacité à communiquer et à résoudre des conflits grandit. Pour l'enseignant, elle décrit une manière d'aborder les difficultés comme des occasions d'apprendre : il cesse de se sentir coupable ou frustré quand les élèves n'agissent pas comme il l'aimerait, il sait qu'il ne sera jamais l'enseignant « parfait », et il sort des rapports de force pour entrer dans la coopération.
Questions fréquentes
La Discipline Positive, est-ce de l'indulgence envers les élèves ?
Non. L'autrice insiste sur l'équilibre entre fermeté et bienveillance, et sur le respect mutuel.
Faut-il une formation pour s'y mettre ?
L'autrice indique qu'une part de la démarche passe par la posture de l'enseignant, qui peut se travailler, et qu'une autre passe par des activités détaillées dans des guides, dont le magazine cite les références.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les cinq principes de la démarche, expliqués avec leurs références à Adler.
- D'autres exemples de questions à poser à une classe ou à un élève.
- L'activité de la feuille froissée, avec ses questions et son prolongement sur le harcèlement.
- Les résultats des études sur les compétences psychosociales à l'école.
- Les références des guides pour animer les activités, et un encadré sur l'autrice.
