La méditation de pleine conscience a-t-elle sa place en classe ?
Une formation pensée pour 30 stagiaires, 240 inscrits. Dans le n°1 d'Innovation en Éducation, une professeure raconte comment la méditation s'installe dans les classes, et ce qu'elle y observe.
La méditation de pleine conscience en classe suscite des questions : est-elle compatible avec l'école publique, à quel âge peut-on la proposer, que fait-on de la réalité d'un groupe de trente élèves ? Anne-Marie Lafont, professeure de lettres modernes et formatrice dans l'académie d'Aix-Marseille, y répond avec le recul de dix ans de pratique. Son témoignage figure dans le n°1 d'Innovation en Éducation.
Pourquoi l'académie a-t-elle proposé cette formation ?
En 2019, le service des formations innovantes du rectorat lui demande de créer une formation sur la méditation de pleine conscience, dans le cadre du plan académique de formation. L'équipe prévoit une année test avec une trentaine de stagiaires.
« Alors que nous pensions faire une année “test” avec une trentaine de stagiaires, quelle ne fut pas notre surprise : 240 inscrits ! »
Elle y voit le signe d'un besoin réel de bien-être, pour les enseignants comme pour les élèves. La formation s'appuie sur ses propres séances, sur des apports des neurosciences, et sur un programme élaboré par une association spécialisée.
Comment se pratique-t-elle, concrètement ?
La formation mêle trois dimensions : une partie théorique et administrative, pour expliquer l'intérêt de la méditation aux parents, aux élèves et à la direction, des séances pour sentir les effets dans son propre corps, et une partie de création où chacun invente des séances. L'objectif est de montrer qu'une pratique laïque est possible à tous les âges, quel que soit l'effectif. Le magazine décrit son déroulé, de la séance fondée sur la seule respiration au programme annuel.
Un principe guide l'ensemble.
« Il faut en effet “s’occuper de soi”, pour ensuite pouvoir comprendre ce qui se joue dans la classe. »
Le stagiaire commence donc par pratiquer lui-même, avant de proposer quoi que ce soit aux élèves.
Qu'est-ce que cela change pour les élèves ?
Selon l'enseignante, la méditation prend deux formes en classe : un outil pour ramener les élèves au calme, à la conscience de leur respiration et de leurs gestes, et une pratique répétée par laquelle chacun apprend à mieux se connaître et à s'accepter, première étape pour comprendre et accepter les autres. Elle constate le développement d'un esprit de coopération et d'entraide, et un climat de classe plus serein, ce qui peut agir sur les compétences psychosociales.
Pour illustrer, elle décrit un bilan de fin de séquence mené avec un philosophe spécialiste des discussions à visée démocratique et philosophique : une méditation sur une valeur, par exemple l'altruisme, suivie d'une discussion sur la notion philosophique correspondante. Elle constate que la réflexion des élèves se nourrit de l'expérience méditative. Cette démarche rejoint celle des ateliers décrits par Frédéric Lenoir, qui associe lui aussi pratique de l'attention et philosophie.
Le magazine rapporte aussi les témoignages d'élèves, de parents et de professeurs de lycée : on y lit un calme plus rapide au début du cours et une meilleure concentration. Ce sont des retours de terrain, non des mesures : le texte invite à en retenir une piste à essayer, plutôt qu'une réponse définitive.
Questions fréquentes
La méditation en classe est-elle compatible avec la laïcité ?
L'enseignante défend une pratique laïque, adaptée à tous les âges. Elle l'explique en formation, ainsi que la manière d'en parler aux parents et à la direction.
Faut-il avoir médité soi-même avant de le proposer ?
C'est son principe de départ : s'occuper de soi pour comprendre ce qui se joue dans la classe. Les stagiaires commencent par pratiquer.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le contenu de la formation : théorie, séances pratiquées et partie création.
- Le passage de la séance fondée sur la seule respiration au programme annuel.
- Le dispositif méditation et discussion philosophique en fin de séquence.
- Les témoignages d'élèves, de parents et de professeurs de lycée.
- Le contact de la formatrice.
N°1
n°1 · Tout part de l'éducation
Ce numéro n'est pas en vente en ce moment.
Avec l'abonnement, chaque nouveau numéro arrive chez vous, sans engagement.
