Comment parler la langue de son ado sans faire semblant ?
Rappeurs, applis, mèmes : comment suivre sans surjouer ? Dans le n°21 d'Innovation en Éducation, dix astuces sur le ton de la plaisanterie pour garder le contact avec la culture de son ado.
Il suffit d'entendre « OK Boomer » pour comprendre que le fossé des générations n'a pas disparu. Pour le n°21, consacré à l'adolescence, la rédaction d'Innovation en Éducation a choisi de traiter la question sur le mode de l'humour, avec une liste de dix astuces pour rester à la page sans jouer au « djeun's ». Le propos est léger, mais il repose sur une idée sérieuse : l'ado se rapproche de l'adulte qui s'intéresse à son monde sans le singer.
Comment montrer à son ado qu'on s'intéresse à sa culture ?
Le premier réflexe à éviter, selon la liste, est de surjouer. Inutile de multiplier les expressions du moment : mieux vaut écouter, relever les mots qui reviennent, puis, à l'occasion, demander. Pour la musique, par exemple, un simple « Tu m'fais écouter ? C'est lequel ton préféré ? » vaut mieux qu'un « à mon époque ». Et si l'on n'aime pas, on peut le dire honnêtement.
La liste le résume par une formule qui fait sourire.
« Vous n'êtes pas un peintre de la Renaissance. »
Faut-il devenir expert de toutes les applis ?
Non. L'astuce la plus pratique de la liste est de choisir une application et de demander à l'ado de vous l'expliquer. C'est ce que le texte appelle le mentoring inversé, et il note qu'en général les adolescents adorent ça. La même logique vaut pour les jeux vidéo : plutôt que de juger, on peut avouer qu'à force de le voir jouer, l'envie d'essayer est venue, et demander de l'aide pour la manette.
Cette inversion des rôles change le climat : l'adulte n'est plus celui qui sait tout, il est celui qui apprend, et l'ado se retrouve en position d'expert. C'est souvent plus efficace qu'un long discours pour ouvrir la conversation.
Quelles limites garder ?
Plusieurs conseils de la liste servent de garde-fous, toujours avec humour. Faire profil bas sur les réseaux de son ado : on peut s'y abonner, mais sans commenter chaque publication ni se filmer en train de relever un défi. Éviter les expressions démodées, même celles qu'on croit encore dans le coup. Et ne pas surestimer la sophistication : un look de classiques intemporels suffit.
Il reste une règle plus profonde, la dernière de la liste : ne jamais comparer. L'auteur de la liste rappelle que chaque génération a ses artistes, ses séries et ses films, et que la discussion sur qui a le plus de talent n'a pas d'importance. Quand l'ado sentira de l'ouverture, il en témoignera aussi, et ce sera le moment de lui faire découvrir à son tour ses propres classiques.
« Chaque génération a ses artistes, ses séries, ses films. »
Les autres astuces portent sur les mèmes et les emojis, qui forment une sorte de langage à part entière, sur la mise à jour régulière de ses références et sur l'art de ne pas passer pour quelqu'un qu'on aurait « largué ». Elles donnent à sourire, mais elles disent aussi un respect : traiter la culture d'un adolescent comme une culture, et non comme une dérive.
Pourquoi un tel article dans un numéro sur l'adolescence ?
Parce que la relation passe aussi par les petites choses. Le texte figure dans la rubrique « La bonne posture parentale », à côté d'articles plus graves sur l'autorité et la confiance, et il en est le contrepoint volontaire : on ne garde pas la porte ouverte uniquement par de grandes conversations. Se montrer curieux, accepter de ne pas savoir, rire de soi-même sont aussi des manières de dire à un adolescent qu'on le prend au sérieux.
Cette liste ne prétend d'ailleurs à aucune autorité scientifique. Elle assume son ton de plaisanterie, ses clins d'œil et ses références parfois datées, et c'est ce qui la rend sympathique : elle propose une attitude, pas une méthode. À chacun d'y puiser ce qui lui ressemble, en gardant à l'esprit son seul fil conducteur, qui est de ne pas faire semblant.
Questions fréquentes
Faut-il suivre son ado sur les réseaux sociaux ?
La liste ne l'interdit pas, mais conseille de rester discret : ne pas commenter chaque publication, ne pas chercher à l'impressionner, et partager de temps en temps un contenu en message privé.
Comment parler musique avec son ado ?
En posant des questions sincères plutôt qu'en comparant avec sa propre jeunesse. L'article suggère de proposer ensuite ses propres classiques, quand l'ado est prêt à les entendre.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les dix astuces illustrées, avec le ton de plaisanterie propre à la rubrique.
- Les références musicales et culturelles citées, des rappeurs d'aujourd'hui aux classiques à faire découvrir.
- Le conseil sur les mèmes, les emojis et leurs doubles sens.
- Les repères sur les applications, de la géolocalisation aux défis en vidéo.
N°21
n°21 · Déjouer la crise d’ado, c’est possible !
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