Comment aider un enfant (ou un adulte) à retrouver confiance en lui ?
Quand une situation nous met au défi, le cerveau sonne l'alarme et la confiance s'effrite. Dans le n°15 d'Innovation en Éducation, Mélanie Cotting explique le mécanisme et propose une démarche en dix étapes.
Tiré du magazine · n°15Peuvent-ils encore changer le monde ?
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« Je n'y arrive jamais », « je suis nul », « je ne suis pas à la hauteur » : ces phrases, un enfant les prononce parfois, un adulte aussi. D'où viennent-elles ? Pour Mélanie Cotting, enseignante, ancienne directrice d'école et créatrice de la méthode Cap sur la Confiance, elles naissent d'un mécanisme du cerveau que l'on peut comprendre, puis apprivoiser.
Dans le n°15 d'Innovation en Éducation, elle part d'une conviction : la confiance en soi n'est pas un trait de caractère que l'on aurait ou non, c'est un état d'esprit qui se construit, et qu'on peut cultiver à tout âge. Il se forme essentiellement dans l'action.
Que se passe-t-il quand on perd ses moyens ?
Au centre du cerveau, deux petites structures en forme d'amande, les amygdales, jouent le rôle de système d'alarme : elles détectent si une situation représente un danger. Utiles à l'homme préhistorique face au mammouth, elles réagissent aujourd'hui de la même façon à une présentation devant des collègues, à une critique, à un conflit dans la cour de récréation ou à un examen.
« La confiance en soi se construit essentiellement dans l'action. »
Quand l'alarme se déclenche, la réponse de stress peut brouiller les liaisons avec le cortex préfrontal, la zone qui réfléchit, planifie et agit. À dose modérée, le stress reste un signal utile qui peut même soutenir les performances. Trop élevé, il pousse à fuir, à attaquer, ou à se figer. Si la situation se reproduit, des pensées automatiques s'y associent, et les circuits de neurones qui les portent se renforcent à chaque répétition. Le cerveau, organe de prédiction, conclut alors que cela ne vaut pas la peine d'essayer : l'enfant évite, remet à plus tard, renonce. Alors que l'alarme voulait précisément dire qu'il était temps d'agir. Ce mécanisme, précise l'autrice, se met en route un nombre incalculable de fois par jour, dans les classes comme sur les lieux de travail.
On retrouve ici une idée proche de celle que propose un autre article du blog, le stress comme signal à écouter.
Par où commencer pour retrouver confiance ?
Par les émotions, avant de vouloir résoudre la difficulté. Mélanie Cotting le formule simplement : il faut d'abord éteindre le système d'alarme avant d'agir.
« Croire en soi ne va pas éliminer les difficultés, mais permettre de les surmonter. »
Elle propose pour cela un processus de restructuration cognitive, qui se pratique seul, avec ses enfants ou avec ses élèves. Il part de la situation qui pose problème et de l'émotion qu'elle suscite, cherche ce qu'il y a derrière, puis débouche sur une nouvelle façon de voir les choses et sur une petite action réaliste. Dix étapes au total, que le magazine décrit une à une. Cette trame a aussi été transformée en jeu, Cap sur la Confiance, utilisable en famille, en classe, au travail ou à deux.
L'esprit de la méthode tient dans une image que l'autrice emploie volontiers : mieux vaut découper le mammouth que vouloir le manger en entier.
« Il s'agit ici de découper le mammouth plutôt que de vouloir le manger en entier ! »
Que dire à l'enfant quand il réussit ?
L'article termine sur un conseil de posture : féliciter l'enfant pour l'effort et le progrès réalisés, pas pour le résultat obtenu. La confiance se construit dans l'action mais aussi dans le temps, et chaque petit pas compte.
Questions fréquentes
Pourquoi mon enfant se dit-il « nul » après un échec ?
Selon Mélanie Cotting, des pensées automatiques de ce type s'associent à la réponse de stress quand une situation difficile se répète. À force de les répéter, elles se renforcent. On peut apprendre à les remplacer par des pensées plus aidantes.
Le stress est-il toujours un obstacle ?
Non. À dose modérée, il signale un besoin de sécurité non rempli et peut même améliorer les performances. C'est lorsqu'il devient trop élevé qu'il empêche de réfléchir.
La démarche vaut-elle aussi pour les adultes ?
Oui. L'autrice la présente pour les parents, les enseignants et pour soi-même.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les dix étapes de la démarche de restructuration cognitive, de l'identification de la situation jusqu'à la félicitation finale.
- La manière de représenter la situation et l'émotion avec des objets du quotidien, et de mesurer l'intensité de l'émotion.
- Les questions à se poser, ou à poser à l'enfant, à chaque étape.
- Une présentation du jeu Cap sur la Confiance et une bibliographie.
