Deuil, séparation, départ : que vit vraiment un enfant face à l'absence ?
L'absence d'un proche n'est pas une idée abstraite pour un enfant, c'est une sensation brute. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, l'autrice Marion Du B' raconte son deuil et ce qu'elle en a retenu pour accompagner les plus jeunes.
Tiré du magazine · n°33Les enfants face aux étapes de la vie
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Un enfant face à l'absence ne cherche pas d'abord des explications : il cherche à comprendre comment il doit se sentir, en regardant les adultes. C'est ce que Marion Du B', autrice et éditrice, raconte à partir de son propre deuil. Son message : on ne protège pas un enfant en lui cachant la réalité, mais en restant auprès de lui pendant qu'il la traverse.
Marion Du B' est autrice depuis plus de dix ans, fondatrice de Chafouine Éditions, et crée des outils thérapeutiques autour de la régulation émotionnelle. Son texte dans le n°33 d'Innovation en Éducation commence par un souvenir personnel, la mort accidentelle de sa mère en 2016 alors qu'elle se trouvait à l'autre bout du monde, et par la découverte du silence qui entoure la mort.
Que ressent un enfant quand quelqu'un s'en va ?
Pour lui, l'absence n'a rien d'un concept : c'est une faille qui s'ouvre, des repères qui bougent. L'autrice décrit un mélange de sentiments qui peuvent cohabiter, comme l'abandon, la confusion ou une culpabilité silencieuse. Il peut aussi ressentir la peur que cela recommence. Là où l'adulte voit un départ, l'enfant peut vivre une rupture de sécurité.
« Un enfant ne s'appuie pas d'abord sur des explications. Il s'appuie sur des états. »
D'où l'importance de ce que les adultes dégagent : s'ils minimisent, l'enfant apprend à enfouir ; s'ils se taisent, il imagine, et son imaginaire peut être plus violent que la réalité.
Faut-il dire la vérité à un enfant ?
Oui, mais pas n'importe comment. L'autrice défend une vérité juste, humaine, adaptée à son âge, qui relie au lieu d'isoler. Elle déconseille les formules de protection du type « il est parti en voyage », qui brouillent encore ce que l'enfant vit déjà.
« Un enfant n'a pas besoin qu'on lui cache la vérité. Il a besoin qu'on la rende supportable. »
Pour elle, ce qui fait trauma n'est pas l'événement lui-même, mais la solitude émotionnelle qui l'accompagne. Un parent n'a pas besoin d'être parfait ni de tout savoir : il a besoin d'être présent, stable et sincère.
Et quand le départ est prévisible ?
L'article distingue le départ annoncé du départ brutal. Pour le premier, anticiper rassure, donne des contours et des repères dans le temps ; pour le second, il s'agit de contenir sans fuir. L'autrice présente aussi deux outils qu'elle a créés, dont un livre sur le deuil, que le magazine détaille.
Questions fréquentes
Faut-il parler de la mort à un jeune enfant ?
Selon Marion Du B', le silence est ce qui isole le plus. Mieux vaut des mots simples et vrais, à hauteur d'enfant, en acceptant qu'il pose ses questions encore et encore.
Peut-on pleurer devant son enfant ?
L'autrice estime que dire « je suis triste moi aussi, mais on va traverser ça ensemble » offre un point d'ancrage, à condition de rester présent et de ne pas s'effondrer sans repère.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le témoignage personnel de l'autrice, de l'annonce du décès aux semaines qui ont suivi.
- Les repères pour préparer un départ prévisible : expliquer étape par étape, poser des jalons de temps, créer un rituel.
- Les gestes à privilégier quand le départ est brutal.
- La réflexion sur les phrases qui rassurent en apparence mais laissent l'enfant seul.
- Les deux outils présentés par l'autrice pour accompagner le deuil.
n°33 · Les enfants face aux étapes de la vie
Ce numéro n'est pas en vente en ce moment.
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