« C'est qui, Dieu ? » : que répondre à un enfant qui s'interroge sur la foi ?
À l'heure du coucher, votre enfant dit qu'il aimerait prier. Dans le n°17 d'Innovation en Éducation, un article propose des repères pour répondre, que l'on croie, que l'on doute ou que l'on ne croie pas.
Tiré du magazine · n°17L'éducation et ses tabous
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« C'est qui, ce monsieur en statue, accroché à une croix ? » « Pourquoi mon copain Mehdi n'a rien mangé de la journée ? » Tôt ou tard, un enfant découvre la foi, le fait religieux, la transcendance. Et pour les parents, le dilemme est réel : comment expliquer simplement une notion abstraite, et rester neutre quand croire est un choix personnel ? Un article non signé du n°17 d'Innovation en Éducation propose des repères pour répondre, sans imposer sa propre position.
Pourquoi ces questions nous mettent-elles mal à l'aise ?
Parce qu'elles nous renvoient à notre histoire familiale, à nos doutes et à notre choix de croire ou de ne pas croire. L'article s'appuie sur des enquêtes récentes, dont une étude de l'INSEE de 2020 sur la diversité religieuse en France. Elles montrent qu'une partie importante des adultes se déclarent sans religion et que la transmission de la foi d'une génération à l'autre varie selon les familles et les traditions. L'article dessine ainsi un contexte où beaucoup de parents se retrouvent à répondre à des questions de foi sans avoir eux-mêmes de réponse arrêtée.
La scène qui sert de fil rouge est celle du coucher : le pyjama est mis, l'histoire du soir est lue, et la petite fille annonce qu'elle aimerait prier. Que répondre ? Faut-il détourner la conversation, faire un exposé sur les religions du monde, ou accepter en espérant que « ça lui passe » ?
Quel est l'écueil à éviter ?
L'article n'avance pas de réponse idéale, mais un écueil : projeter sur l'enfant son propre choix, notamment celui de ne pas croire.
« Il existe en revanche un écueil à éviter : celui de projeter sur notre enfant notre choix personnel de ne pas croire. »
Pour étayer cette idée, l'article distingue la religion de la spiritualité. La première, explique-t-il, est une expression de la seconde, un contenu et un contenant. Il imagine une piscine qui, laissée vide trop longtemps, risque de se fissurer, et se demande si la dimension spirituelle de l'être humain n'aurait pas, elle aussi, besoin d'être nourrie.
« Religion et spiritualité sont deux choses différentes. La première n'est qu'une expression de la seconde, un contenu et un contenant. »
Qu'est-ce qui appuie cette hypothèse, et que penser de ses limites ?
L'article présente lui-même son propos comme une hypothèse. Il cite deux phénomènes qui, selon lui, vont dans son sens : les populations des « zones bleues », étudiées pour leur longévité, qui associent plusieurs facteurs dont une vie spirituelle active, et la hausse de la consommation d'antidépresseurs dans les pays de l'OCDE, qui suit à peu près la même courbe que la désaffiliation religieuse. Il précise toutefois que plusieurs facteurs peuvent expliquer ce dernier phénomène, et pose la question d'un lien plutôt qu'il ne l'affirme.
On peut lire cet argument comme une invitation à la réflexion, sans y adhérer pour autant. Des parents croyants, athées ou agnostiques peuvent y trouver un point commun : un enfant qui s'interroge exprime souvent un besoin de donner du sens, quel que soit le nom qu'on y mette.
Que faire concrètement le soir où l'enfant veut prier ?
L'article invite d'abord à accueillir ce besoin, sans le juger. Son moment de prière peut révéler des choses importantes pour lui, qu'il n'avait jamais verbalisées. Si les questions continuent les jours suivants, il propose sept pistes pour développer une bonne posture. Parmi elles : encourager la curiosité sans imposer de « vérité » particulière, respecter la façon dont l'enfant considère le sujet même si elle diffère de la sienne, et reconnaître que l'on ne peut pas tout savoir, d'où l'intérêt de livres adaptés à chaque âge. Le magazine détaille les autres, dont la présentation d'autres formes de spiritualité comme la méditation.
Le principe qui les relie tient en une phrase, que l'article reprend en conclusion : n'imposer jamais, car chaque parcours spirituel est long et personnel.
« L'essentiel est de toujours pouvoir en parler librement, sans jugement et sans… tabou ! »
Sur un thème proche, celui des croyances que l'on porte sans toujours le savoir, un article d'un autre numéro explore comment se libérer des croyances héritées de l'enfance.
Questions fréquentes
Que répondre à un enfant qui demande s'il peut prier ?
L'article invite à accueillir le besoin qu'il exprime et à écouter ce qu'il dit, sans lui imposer de réponse ni de vérité, même si l'on ne partage pas sa démarche.
Faut-il expliquer toutes les religions à un jeune enfant ?
Pas besoin d'un exposé. L'article suggère plutôt de lui dire que beaucoup de personnes croient en un être invisible, sous différents noms, et de s'aider de livres adaptés à son âge.
Quand on ne croit pas, que dire ?
L'article déconseille de projeter sur l'enfant son propre choix de ne pas croire. Il suggère de lui laisser la liberté de s'interroger et de continuer à en parler librement avec lui.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les chiffres de l'INSEE et du Centre d'observation de la société sur la croyance en France.
- La métaphore de la piscine et la distinction entre religion et spiritualité.
- Les deux phénomènes cités à l'appui de l'hypothèse : zones bleues et antidépresseurs.
- Les sept pistes pour adopter une bonne posture quand l'enfant pose des questions.
- Les références bibliographiques et les sources des études citées.
