Mon enfant est-il dyslexique ? Les conseils d’Anne-Marie Gaignard aux parents
Quand l’école évoque une dyslexie, beaucoup de parents se sentent pris de court. Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, l’auteure et pédagogue Anne-Marie Gaignard leur répond, forte d’une histoire personnelle qui l’a rendue très attentive aux étiquettes.
Tiré du magazine · n°6Accompagner les enfants atypiques
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Quand la question d’une dyslexie se pose, la première chose à faire est de consulter des spécialistes, et non de se contenter de l’avis de l’école ou de l’entourage : un enseignant peut repérer et signaler des difficultés, il ne pose pas de diagnostic. Anne-Marie Gaignard, auteure et pédagogue, conseille aux parents de ne pas attendre et de se tourner vers un centre spécialisé dans les troubles du langage. En attendant, l’essentiel se joue à la maison : rassurer l’enfant, l’encourager et ne pas le réduire à ses difficultés.
Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, consacré aux enfants atypiques, elle signe un article court et direct, adressé aux familles. Son point de vue est d’autant plus singulier qu’il vient de loin : enfant, elle a été cataloguée dyslexique, avant de découvrir à 36 ans que ses difficultés relevaient d’autre chose.
Pourquoi se méfier des étiquettes trop rapides ?
C’est le fil rouge de son texte. Une difficulté en lecture ou en orthographe peut avoir plusieurs origines, et toutes ne sont pas un trouble DYS. Anne-Marie Gaignard parle de « ratage d’apprentissage » : un CP ou un CE1 qui s’est mal passé, des bases qui n’ont pas été posées, sans que le cerveau de l’enfant fonctionne autrement pour autant. Elle évoque aussi d’autres pistes possibles, comme un enfant qui s’ennuie, qui a peur, qui rêve beaucoup ou qui a un haut potentiel.
D’où son insistance, dès le chapô de l’article :
« Attention aux étiquettes collées trop rapidement, cela peut avoir des répercussions pour la vie ! »
Son propos n’oppose pas les familles aux enseignants. Elle reconnaît que ce sont souvent eux qui voient les premiers signes, puisque les difficultés sautent aux yeux en classe. Mais chacun a son rôle : l’école observe et alerte, les spécialistes évaluent et posent, ou non, un diagnostic.
« Ce n’est pas l’enseignant qui doit poser un diagnostic, mais bien des spécialistes en neurosciences. »
À quel âge les difficultés peuvent-elles être repérées ?
L’article situe l’âge moyen du repérage autour de cinq ans. Anne-Marie Gaignard rappelle aussi que l’école n’est pas le seul lieu où des difficultés se remarquent : la vie quotidienne, l’ambiance familiale et le contexte dans lequel grandit l’enfant donnent eux aussi des indices. Elle illustre ce qu’on appelle un retard scolaire par quelques exemples concrets chez un enfant de cinq ans, que le magazine détaille.
Faut-il consulter tout de suite ?
Sa réponse est nette : oui, dès que le signal est donné. Elle oriente les familles vers le CHU le plus proche, qui dispose souvent d’un centre de référence des troubles du langage, à l’oral comme à l’écrit. C’est là qu’on saura s’il existe bien un trouble, et quelle est son intensité. Consulter tôt, dans son esprit, ne revient pas à coller une étiquette : c’est au contraire le moyen d’en avoir le cœur net plutôt que de laisser une hypothèse s’installer.
Pour savoir à quels professionnels on peut avoir affaire (orthophoniste, psychomotricien, neuropsychologue…), la fiche du même numéro sur les troubles DYS fait le tour de la question.
Comment parler de sa différence à l’enfant ?
C’est sans doute la partie la plus touchante de l’article. Anne-Marie Gaignard décrit un enfant qui sait depuis longtemps qu’il est en décalage, qui en souffre, et qui s’apaise dès qu’il se sent compris par ses parents. Elle insiste sur l’énergie que lui coûtent ses efforts, et sur l’importance de les reconnaître, souvent et sincèrement.
Elle rappelle aussi qu’un enfant ne se résume pas à ce qui lui est difficile. Le dessin, le sport, d’autres talents sont autant de terrains où il peut briller. Et elle ajoute un conseil que beaucoup de parents seront soulagés de lire : ne pas culpabiliser, faire de son mieux, avec son cœur. La formule qui résume son article est en capitales dans le magazine, comme un cri du cœur adressé aux familles.
Des pistes pour le quotidien
L’article se termine par une série d’astuces concrètes pour la maison : la lecture à voix haute, les livres audio, le lien à garder avec les enseignants, la parole de l’enfant à prendre au sérieux. Le magazine les détaille, avec ce message final, plein de confiance, qu’Anne-Marie Gaignard adresse aux parents.
Côté école, Julie Dozinel, professeure de français, propose dans le même numéro cinq clés pour accompagner un élève DYS en classe : une lecture utile à partager avec l’enseignant de votre enfant.
Questions fréquentes
L’enseignant peut-il dire que mon enfant est dyslexique ?
L’enseignant joue un rôle précieux de repérage : il voit les difficultés en classe et peut vous alerter. Le diagnostic, lui, relève de spécialistes, à qui il revient d’évaluer s’il existe un trouble et lequel.
Une difficulté en lecture est-elle forcément une dyslexie ?
Non. Pour Anne-Marie Gaignard, il peut aussi s’agir d’un apprentissage qui s’est mal passé, ou d’autres causes comme l’ennui ou l’anxiété. D’où l’intérêt d’un bilan auprès de professionnels.
Vers qui se tourner quand le doute s’installe ?
Le médecin traitant peut orienter vers des spécialistes. Anne-Marie Gaignard cite les centres de référence des troubles du langage, présents dans de nombreux CHU.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le parcours d’Anne-Marie Gaignard, cataloguée dyslexique enfant, et ce qu’elle en a tiré.
- Les exemples concrets qui permettent de reconnaître un retard scolaire chez un enfant de cinq ans.
- Les autres explications possibles à des difficultés de lecture, qu’elle invite à envisager avant toute conclusion.
- Ses astuces pour la maison et sa manière d’expliquer sa différence à l’enfant.
n°6 · Accompagner les enfants atypiques
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