Un élève DYS dans ma classe : par où commencer ?
Accueillir un élève dyslexique sans formation spécifique peut intimider. Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, Julie Dozinel, professeure de français au collège, propose cinq clés simples, tirées de sa pratique quotidienne.
Tiré du magazine · n°6Accompagner les enfants atypiques
Voir ce numéro
Pour accompagner un élève DYS, le premier levier n’est pas technique : c’est la relation de confiance avec l’élève, puis le dialogue avec sa famille et les autres professionnels qui le suivent. Viennent ensuite des aménagements simples, comme des supports aérés et découpés, qui ne demandent ni matériel ni formation particulière. C’est le message de Julie Dozinel, professeure de français au collège Jean Mermoz de Chauffailles, dans le n°6 d’Innovation en Éducation.
Son texte s’adresse aux enseignants et, plus largement, à tous les professionnels de l’éducation qui se demandent comment faire avec un élève dyslexique dans un groupe de vingt-cinq. Il tient en cinq verbes, cinq clés, et un ton qui rassure plus qu’il n’exige.
Pourquoi commencer par la relation ?
C’est, de l’aveu même de Julie Dozinel, le point essentiel. Avant toute adaptation, il s’agit de parler avec l’élève et d’installer un climat de confiance. Un enfant qui se sent bien avec son enseignant ose participer et dire quand il ne comprend pas, ce qui change tout pour la suite. Elle l’observe chez ses élèves :
« L’aspect affectif est une dominante chez les élèves dyslexiques. Si ces derniers prennent conscience que vous vous souciez d’eux, ils sauront s’investir. »
La relation ne s’arrête pas à l’élève. Julie Dozinel invite à parler avec la famille, qui vit souvent la situation avec autant d’inquiétude que l’enfant, et à s’appuyer sur tous ceux qui gravitent autour de lui : collègues, médecin scolaire, psychologue, conseiller principal d’éducation, orthophoniste. Elle le dit simplement : l’enseignant n’est pas seul, et c’est important d’en avoir conscience.
Pour les familles qui se posent la question d’un diagnostic, rappelons qu’il revient à des professionnels de santé, présentés dans la fiche du numéro consacrée aux troubles DYS.
Quels aménagements simples pour les supports ?
C’est la clé la plus concrète de la série, et sans doute la plus immédiatement utile. Julie Dozinel décrit plusieurs gestes qui transforment un document sans le dénaturer : aérer la page pour la rendre plus lisible et aider l’élève à fixer son attention, découper un exercice pour ne présenter qu’une tâche à la fois, agrandir le texte, surligner l’essentiel. Rien de spectaculaire, et c’est tout l’intérêt : ces aménagements prennent peu de temps et rassurent l’élève, qui se sent pris en compte.
Elle assume aussi un principe qui peut sembler aller à rebours des habitudes : proposer à un élève un travail différent de celui du groupe n’est pas une perte de temps. Le magazine développe ce point, avec ses conseils pour que cette souplesse devienne une habitude d’organisation plutôt qu’une charge de plus.
Oser essayer, sans recette toute faite
Une autre idée traverse son texte : il n’existe pas de méthode unique. Chaque élève dyslexique a sa sensibilité et sa façon de fonctionner, et les modes d’emploi ne sont pas fournis avec l’enfant. Julie Dozinel encourage donc à tenter, à sortir de la disposition classique de la classe, à introduire des rituels ou des activités autonomes. Le magazine détaille ces pistes.
« Avec des élèves dyslexiques, aucune idée n’est mauvaise. Il n’existe aucune formule miracle qui conviendrait à tous les enfants atteints de ce trouble. »
Un texte qui rassure les enseignants
La dernière de ses cinq clés est adressée à l’enseignant lui-même, et elle donne le ton de l’ensemble. Julie Dozinel rappelle que les élèves DYS ont toujours été dans les classes, simplement moins souvent repérés, et qu’il faut y voir une chance plutôt qu’un fardeau. Elle invite ses collègues à compter sur des ressources qu’ils possèdent déjà, même sans formation spécifique. Lesquelles ? Le magazine les nomme, et c’est une lecture qui fait du bien un lundi matin.
Cette approche rejoint celle d’un autre article du numéro, qui propose de repenser la classe pour mieux accueillir tous les élèves atypiques. Julie Dozinel signe d’ailleurs aussi, dans ce même numéro, cinq conseils pour accompagner les élèves TDAH.
Questions fréquentes
Faut-il une formation spécifique pour accompagner un élève DYS ?
Pas nécessairement pour commencer. Julie Dozinel montre que la relation de confiance, le dialogue avec la famille et des adaptations simples des supports sont à la portée de tout enseignant, en s’appuyant sur les professionnels qui suivent l’élève.
Quels aménagements sont les plus simples à mettre en place ?
Aérer les documents, découper les exercices pour présenter une tâche à la fois, agrandir le texte et surligner l’essentiel. Ces gestes prennent peu de temps et aident l’élève à se concentrer.
Donner un travail différent à un élève, est-ce injuste pour les autres ?
Pour Julie Dozinel, ce n’est pas du temps perdu : l’élève apprécie l’investissement, et l’enseignant gagne en sérénité. Bien organisée, cette souplesse devient une habitude.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les cinq clés de Julie Dozinel en entier, dont celles consacrées à l’anticipation et à l’expérimentation.
- Ses conseils pour organiser la différenciation au fil de l’eau sans s’épuiser.
- Les pistes pour sortir de la disposition traditionnelle de la classe.
- Les ressources personnelles sur lesquelles tout enseignant peut s’appuyer, même sans formation.
n°6 · Accompagner les enfants atypiques
Version papier : épuisée pour le moment
