Faire l'école à la maison : pourquoi les familles le choisissent-elles ?
Soixante mille enfants sont instruits en famille en France, un choix souvent mal compris. Le n°5 d'Innovation en Éducation s'appuie sur l'enquête d'une fédération de familles pour en comprendre les motivations.
Tiré du magazine · n°5Les pédagogies différentes
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L'instruction en famille, ou « école à la maison », n'est pas une pédagogie en soi : elle offre aux familles une grande liberté pour choisir et adapter les approches qu'elles souhaitent appliquer. Le sujet était sous les projecteurs de l'actualité au moment où le n°5 d'Innovation en Éducation est paru, à l'automne 2021. Le magazine y consacre un dossier appuyé sur l'enquête menée par la FELICIA, une fédération de familles pratiquant l'IEF.
Que dit la loi ?
Un rappel historique, d'abord.
« En 1882, les fameuses lois Ferry ont rendu l'instruction obligatoire, pas l'école. »
L'instruction en famille est donc une possibilité reconnue par le Code de l'éducation, et l'une des modalités de la liberté d'enseignement. Le magazine rappelle qu'un changement de régime était alors annoncé, d'une simple déclaration vers une autorisation, avec des critères qui n'étaient pas encore précisés. Les règles ont pu évoluer depuis : avant de se lancer, il est prudent de vérifier la réglementation en vigueur.
Pourquoi les familles font-elles ce choix ?
Perçu à tort comme un choix « anti-système », il répond d'après l'enquête à des motivations diverses, le plus souvent positives : raisons pédagogiques (partir des centres d'intérêt de l'enfant, adapter le rythme à un profil particulier), philosophiques (respect des rythmes de l'enfant, collaboration plutôt que compétition, lien avec la nature) ou liées à un projet de vie familial. L'IEF peut aussi être une alternative salutaire, parfois d'urgence, quand l'enfant souffre à l'école.
« Leur choix de faire l'IEF n'est jamais fait à la légère. »
Les enfants instruits à la maison sont-ils isolés ?
C'est la question que l'on pose le plus souvent aux familles : « mais alors votre enfant n'a pas de copains ? » L'enquête, et surtout des années d'expérience, indiquent que ces enfants ont de nombreuses occasions de rencontrer d'autres enfants et d'autres adultes, par les associations, les sorties et les activités extrascolaires. Le magazine cite aussi des travaux universitaires et un chiffre : 94 % des enfants instruits en famille participent à des activités extrascolaires avec des enfants scolarisés du même âge.
La socialisation d'un enfant, rappelle l'article, ne se joue pas qu'à l'échelle d'une classe ou d'une cour, mais à celle de la société tout entière.
Comment cette instruction est-elle contrôlée ?
Deux contrôles existaient : un contrôle social par la mairie, tous les deux ans, et un contrôle pédagogique par l'inspection d'académie, chaque année, sur l'acquisition progressive du socle commun. Selon le rapport du Sénat cité par le magazine, 98 % des contrôles annuels étaient favorables.
Qu'est-ce que cela demande à la famille ?
De la disponibilité et une organisation familiale et professionnelle adaptée. Le magazine insiste sur un point de pédagogie : la journée d'école se réduit souvent à une matinée à la maison, ce qui laisse du temps pour des sorties ou des projets personnels. Il propose aussi trois conseils aux familles qui envisageraient de se lancer, et des chiffres sur ce que représente l'IEF en France, que l'on retrouve dans le numéro. Pour un état plus récent du débat, un autre numéro fait le point sur la liberté d'instruction.
Que retenir de ce dossier ?
Le dossier cherche à expliquer plutôt qu'à convaincre : il présente les motivations des familles, leur organisation et les contrôles, puis laisse le lecteur se faire son idée. Il s'appuie sur une enquête réalisée par une fédération de familles, ce qui lui donne un point de vue, celui de celles et ceux qui pratiquent l'IEF, et que le magazine signale par ses remerciements. Le texte précise lui-même qu'il ne revient pas sur le débat politique autour de la loi. Pour un enseignant, il éclaire ce que vivent des familles qu'il peut croiser. Pour un parent qui s'interroge, il montre que ce choix s'accompagne de responsabilités, de contrôles et d'une organisation qui n'ont rien d'improvisé. Les chiffres cités datent de 2021 et méritent d'être revérifiés avant d'être repris.
Questions fréquentes
L'école à la maison est-elle une pédagogie ?
Non, précise le magazine : c'est un cadre qui laisse aux familles la liberté de choisir et d'adapter les pédagogies qu'elles souhaitent appliquer, dans le respect du socle commun.
Combien d'enfants sont concernés ?
Le magazine cite 60 000 enfants instruits en famille en France à l'époque, soit 0,4 % des enfants en âge d'instruction obligatoire.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les trois grandes familles de raisons qui poussent à choisir l'IEF.
- Les détails de l'enquête : pratiques pédagogiques, organisation de la journée, activités.
- Le détail du double contrôle, par la mairie et par l'inspection d'académie.
- L'encadré « L'IEF en chiffres » : CNED, niveaux scolaires, activités extrascolaires.
- Les trois conseils aux familles qui penseraient à se lancer, et les adresses d'associations.
