Peut-on s'orienter vers l'entrepreneuriat dès le bac ? Le témoignage de Hilaire Crocombette
Monter sa boîte fait rêver beaucoup de jeunes à l'heure de l'orientation. Hilaire Crocombette, coach professionnel, raconte les deux faces de la pièce dans le n°10 d'Innovation en Éducation.
Tiré du magazine · n°10Orientation : quel avenir pour mon enfant ?
Voir ce numéro
Être son propre patron, monter sa boîte : ces expressions font rêver de nombreux jeunes quand vient l'heure de l'orientation. Hilaire Crocombette, coach professionnel certifié et conférencier, en a fait partie. Dans le n°10 d'Innovation en Éducation, il raconte son propre parcours et ce qu'il en a retenu, pour les jeunes comme pour leurs parents. Un témoignage personnel, qui ne prétend pas valoir pour tous.
Comment son envie d'entreprendre est-elle née ?
Très tôt. Dès la fin de sa Première, il a quitté le lycée pour suivre sa Terminale en ligne avec le CNED, afin de vivre des expériences enrichissantes parallèlement aux cours. Il a aimé gérer lui-même son apprentissage et respecter son rythme. Après son bac passé en candidat libre, il a entamé des études pour devenir coach, avec un rêve : aider chaque personne à trouver le chemin où elle peut offrir ses talents.
Que découvre-t-on quand on se lance ?
Que le chemin est beau, mais pas si simple. Trouver des clients, tenir la comptabilité, ouvrir un site, faire un business plan, vivre la solitude : il en parle sans détour. L'exemple qu'il retient : dès sa première année d'activité, il s'est lancé le défi de publier une vidéo par jour sur YouTube pendant un an. Il en a tenu une centaine avant d'arrêter par lassitude. Pour lui, l'entrepreneuriat est un chemin de vérité avec soi : au début, personne ne fait à notre place les tâches moins agréables.
Les projets associatifs qu'il a montés l'ont beaucoup aidé : il y a senti une confirmation que cette voie lui correspondait. Il cite les qualités qu'il y a développées et juge primordiales pour se lancer, de la persévérance à l'audace, en passant par la lucidité et la prise de recul.
« On ne nous apprend pas à l'école à devenir entrepreneurs ! »
Faut-il des études particulières pour entreprendre ?
Peu de parcours proposent des cours pour entreprendre, observe-t-il, et ce n'est pas un frein, au vu du nombre de 18-25 ans qui se lancent. Pour lui, entreprendre est d'abord un état d'esprit, qui n'est pas facile à repérer à l'avance. Il suggère de relire ses expériences passées (les projets associatifs l'ont beaucoup aidé), de se demander pourquoi ce chemin et pas un autre, et, parfois, de commencer par une expérience de salariat pour se frotter au monde de l'entreprise. Selon lui, la meilleure formation consiste à rencontrer des entrepreneurs et à leur poser toutes ses questions, en la doublant d'une formation plus académique pour maîtriser le savoir-faire que l'on veut vendre.
« Devenir entrepreneur, c'est changer le monde, un détail à la fois ! »
Et si c'est mon enfant qui veut entreprendre ?
Un encadré du magazine propose aux parents une méthode en trois temps, baptisée EQE, qu'on peut mettre en place avec son adolescent. Elle s'appuie sur une idée simple : questionner plutôt qu'affirmer, c'est rejoindre son enfant là où il est. L'auteur reconnaît que c'est difficile, d'autant plus quand le projet réveille notre propre sentiment d'insécurité, et que l'encouragement reste, au bout du compte, décisif.
« Encourager, c'est raviver la flamme qui peut être balbutiante par moments. »
Questions fréquentes
Faut-il faire des études pour devenir entrepreneur ?
Selon Hilaire Crocombette, peu de cursus proposent des cours pour entreprendre, mais ce n'est pas un frein. Il recommande de rencontrer des entrepreneurs et de compléter par une formation dans son domaine.
Vaut-il mieux commencer par être salarié ?
Parfois oui : une expérience de salariat permet de se frotter au monde de l'entreprise avant de se lancer. C'est le chemin qu'il a lui-même suivi.
Comment encourager un adolescent qui veut entreprendre ?
Par l'écoute et les questions plutôt que les conseils, puis par l'encouragement une fois le choix fait pour les bonnes raisons.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les qualités que l'auteur juge primordiales pour se lancer, et les difficultés qu'il a rencontrées.
- La méthode EQE en trois temps, avec la référence à Thomas d'Ansembourg.
- Son propos sur le rôle des rencontres et du réseau d'entrepreneurs.
