Aller au contenu
Nos magazines ↗
Rechercher
Je m'abonne
Pédagogie Émotions et bien-être En classe

Faut-il supprimer les notes pour réduire la pression sur les élèves⁠ ⁠?

Derrière la question «⁠ ⁠faut-il supprimer les notes⁠ ⁠?⁠ ⁠», il y en a une autre, plus utile. Dans le n°32, l'enseignant spécialisé Antoine Isebaert explique comment évaluer sans fragiliser les élèves.

Le n°32 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°32Mal-être à l'école⁠ ⁠: des solutions existent⁠ ⁠! Voir ce numéro

La question revient sans cesse : faut-il supprimer les notes ? Antoine Isebaert, enseignant spécialisé, propose de la déplacer. L'enjeu n'est pas de choisir entre notes et absence de notes, mais de savoir comment évaluer sans fragiliser le sentiment de compétence des élèves, tout en gardant une exigence pédagogique. L'évaluation peut alors cesser d'être un verdict et redevenir un outil d'apprentissage.

Enseignant spécialisé et coordonnateur ULIS, Antoine Isebaert exerce depuis une dizaine d'années auprès d'élèves à besoins éducatifs particuliers. Titulaire du CAPPEI, il s'intéresse aux liens entre sentiment de compétence, bien-être et apprentissages, et contribue à un site de ressources pédagogiques. Dans le n°32 d'Innovation en Éducation, il s'adresse d'abord aux enseignants.

Comment un élève construit-il le sentiment qu'il en est capable ?

Le sentiment de compétence se construit au fil de l'expérience scolaire, à partir de plusieurs leviers : les réussites vécues, l'observation des camarades, les retours de l'enseignant et le climat émotionnel de la classe. Des échecs répétés, surtout malgré un vrai investissement, peuvent fragiliser durablement cette perception. Un encadré du magazine présente ces leviers sous forme de schéma.

Que fait la note à un élève ?

L'auteur rappelle que, selon de nombreux travaux, les évaluations centrées sur le classement peuvent avoir des effets délétères quand elles sont fréquentes et peu expliquées : elles peuvent fragiliser la motivation et altérer la perception de soi. Il relève aussi que le jugement d'un correcteur n'est jamais totalement objectif, et que la note finit par être vécue comme un verdict plutôt que comme un outil.

Il nuance aussitôt : se détacher de la pression des notes ne veut pas dire renoncer à évaluer. Tester régulièrement les connaissances favorise au contraire leur consolidation en mémoire, ce que la recherche appelle l'effet-test.

« La question n'est pas de choisir entre notes ou absence de notes, mais de réfléchir aux conditions dans lesquelles l'évaluation permet de renforcer les apprentissages et le sentiment de compétence des élèves. »

Antoine Isebaert, enseignant spécialisé et coordonnateur ULISExtrait du n°32, p. 44

D'où vient cette présence constante de la note ?

L'auteur rappelle que l'école française tente, depuis le XIXe siècle, de concilier deux missions parfois contradictoires : former tous les élèves et, dans le même temps, sélectionner pour orienter. Les instruments de la sélection (notes, moyennes, classements) se sont installés dans le quotidien de la classe, même quand aucun examen n'est en jeu. Cela entretient, selon lui, une pression évaluative durable, parfois peu compatible avec une logique d'apprentissage.

Qu'est-ce qui change vraiment la donne ?

L'exemple le plus parlant de l'article est celui du retour fait à l'élève. Une note isolée, sans explication ni possibilité de la retravailler, informe peu. Un retour qui porte sur la tâche plutôt que sur la personne, et qui indique des pistes de progression, change l'expérience de l'élève.

« Ce sont les feedbacks qui transforment l'évaluation en véritable outil d'apprentissage. »

Antoine Isebaert, enseignant spécialisé et coordonnateur ULISExtrait du n°32, p. 44

L'auteur détaille ensuite les caractéristiques d'une évaluation qui soutient les apprentissages, la place de l'autoévaluation et de la coévaluation, et ce qu'apporte une notation fondée sur des critères explicites. Il propose aussi un détour par les pratiques d'autres pays, où la note n'a pas toujours la même forme. Le magazine en donne le contenu complet.

Questions fréquentes

Supprimer les notes règle-t-il le problème de la pression ?

Pas à lui seul, selon Antoine Isebaert. Il propose plutôt de repenser leur usage : objectifs clairs, critères explicites et retours exploitables.

Évaluer, est-ce toujours stressant pour l'élève ?

Pas nécessairement. L'auteur rappelle que tester régulièrement les connaissances peut les ancrer en mémoire, à condition que l'évaluation soit pensée et exploitée.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°32

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. Le schéma des leviers du sentiment de compétence, avec ses sources.
  2. Les effets de la notation relevés par la recherche, et les biais du jugement évaluatif.
  3. Les caractéristiques d'une évaluation qui soutient les apprentissages, et les critères d'un bon feedback.
  4. Les pratiques d'autoévaluation, d'évaluation par les pairs et de coévaluation.
  5. Un panorama des pratiques à l'international, et un schéma des modalités d'évaluation, de l'auto-test à l'examen.
Couverture du n°32
Pour lire l'article en entier

n°32 · Mal-être à l'école⁠ ⁠: des solutions existent⁠ ⁠!

+ frais de port · paiement unique, sans engagement
Je le commande sur la boutique ↗
Livraison par La Poste · Paiement sécurisé · Imprimeur français
★ Meilleure offre

Chaque numéro CHEZ VOUS, tous les deux mois

  • Sans engagement, résiliable à tout moment
  • Livré directement dans votre boîte aux lettres
  • Satisfait ou remboursé sous 14 jours

OffertEn cadeau de bienvenue, le pack de 9 conférences exclusives du 7e congrès Innovation en Éducation (valeur 69 €).

L'abonnement papier

15 €par numéro

Un numéro tous les deux mois, + frais de port. Démarrage à partir du n°36.

Je m'abonne
Dans la même thématique

Lisez aussi

Tiré du n°27
Pédagogie

Tous les enfants ont-ils des talents⁠ ⁠? Le regard de Caroline Sost

Pour Caroline Sost, fondatrice de Living School, tous les enfants ont des talents, mais encore faut-il que le regard des adultes les laisse apparaître. Elle s'en explique dans le n°27 d'Innovation en Éducation.

En commun : évaluation estime de soi

4 min de lectureÀ la maison · En classe

Tiré du n°27

Tiré du n°32
Émotions et bien-être

Un mauvais bulletin détermine-t-il l'avenir d'un enfant⁠ ⁠?

Dyslexique, élève décrit comme «⁠ ⁠insuffisant⁠ ⁠», il dirige aujourd'hui un magazine, des congrès et des films. Dans le n°32, Julien Peron raconte ce qu'une scolarité difficile n'a pas empêché, pour rassurer les parents et les enseignants.

En commun : évaluation estime de soi

4 min de lectureÀ la maison · En classe

Tiré du n°32

Couverture du n°36 : Agir pour leur santé : 30 solutions à tester au quotidien ★ 80 pages
Le numéro du moment

N°36 · Agir pour leur santé⁠ ⁠: 30 solutions à tester au quotidien

Sucre, légumes, junk food⁠ ⁠: VOUS SAVEZ DÉJÀ. Mais connaissez-vous ces micro-changements qui produisent les plus grands EFFETS⁠ ⁠?

En prévente jusqu’au 21 décembre 2026 inclus