Un mauvais bulletin détermine-t-il l'avenir d'un enfant ?
Dyslexique, élève décrit comme « insuffisant », il dirige aujourd'hui un magazine, des congrès et des films. Dans le n°32, Julien Peron raconte ce qu'une scolarité difficile n'a pas empêché, pour rassurer les parents et les enseignants.
Tiré du magazine · n°32Mal-être à l'école : des solutions existent !
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Un bulletin décevant ne dit pas de quoi un enfant sera capable plus tard. C'est ce que raconte, à la première personne, Julien Peron, le directeur de publication d'Innovation en Éducation, dans un numéro consacré au mal-être à l'école. Dyslexique, dysorthographique et hypersensible, il décrit une scolarité difficile, une estime de soi au plus bas, puis la vie qu'il a construite, et en tire un message d'espoir pour les enfants neuroatypiques et pour ceux qui les accompagnent.
Né en 1978, à une époque où les enseignants étaient peu formés à l'accompagnement des enfants dits atypiques, Julien Peron a été diagnostiqué à six ans. Il est aujourd'hui auteur, réalisateur, conférencier et fondateur de l'écosystème Innovation en Éducation. Dans le n°32, il choisit de livrer son parcours, en précisant qu'il ne s'agit ni de faire le procès de l'Éducation nationale, ni de critiquer des enseignants qui faisaient sans doute de leur mieux avec les moyens qu'ils avaient.
Comment vit-on l'école quand on est différent ?
Ce qu'il retient de ses six ans, c'est une phrase silencieuse : « Je suis différent. » Il voyait ses notes, mais personne ne voyait l'énergie colossale qu'il déployait pour faire comme les autres. Il décrit une adaptation constante à un système qui ne s'adaptait pas à lui, épuisante, et une confiance en lui qui s'effondre malgré les efforts fournis à la maison. Tout, raconte-t-il, lui renvoyait l'idée qu'il était nul.
Qu'est-ce qui l'a aidé à tenir ?
Il cite d'abord la confiance de ses parents, puis une passion, le kung-fu, pratiqué pendant quatorze ans. C'est là qu'il rencontre un adulte, son maître, qui croit en lui et lui montre qu'il peut exceller dans un domaine : « je n'étais pas si nul que ça, j'étais juste différent ». Les livres, les voyages et des habitudes de vie régulières prennent le relais. Le magazine détaille ces étapes, y compris les périodes difficiles de sa vingtaine.
L'épisode qui revient le plus clairement dans son texte est celui de la création de son entreprise : après des mois de présentations sans résultat, il reçoit l'appel d'un investisseur qui lui dit croire en lui plus qu'en son projet. Il y retrouve l'écho de sa période scolaire, beaucoup d'efforts pour peu de résultats, et mesure ce que peut représenter un regard confiant au bon moment.
« Je ne crois pas du tout à votre projet, mais je crois en vous ! »
Que peut-on en retenir, en tant que parent ou enseignant ?
Julien Peron reconnaît qu'il n'est pas évident d'accompagner un enfant neuroatypique, en classe comme à la maison, et que l'inquiétude pour son avenir est légitime. Son témoignage veut rassurer sans minimiser, en rappelant qu'il est loin d'être le seul à avoir connu un tel parcours. Il a mis quarante ans à dire publiquement qu'il était dyslexique, par honte, et il y voit un chemin plus qu'un objectif : « être soi-même », c'est désapprendre le besoin de plaire, de se comparer et de se dissimuler.
« On peut se créer une vie qui nous ressemble, tout en impactant positivement des millions de personnes, malgré une scolarité compliquée et une neuroatypie. »
Questions fréquentes
Un enfant dyslexique peut-il réussir sa vie professionnelle ?
Le parcours de Julien Peron en est un exemple, qu'il présente comme un message d'espoir. Il précise qu'il est très loin d'être le seul.
Qu'est-ce qui aide un enfant en difficulté scolaire à reprendre confiance ?
Pour l'auteur, la confiance des parents et la rencontre d'un adulte qui croit en lui ont compté, de même qu'un domaine où l'enfant peut exceller.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le récit complet de la scolarité de Julien Peron, avec les photos de son bulletin de 1997 et de ses résultats au bac.
- Le rôle du kung-fu et de son maître dans la reconstruction de sa confiance.
- Le parcours qui mène de la chambre de bonne à la création de son entreprise.
- Les réalisations qu'il cite aujourd'hui : films, livres, congrès, podcasts.
- Le passage consacré aux quarante ans d'attente avant de parler publiquement de sa dyslexie.
