Comment aider un enfant à croire qu'il peut progresser ?
« Je n'y arrive pas » ou « je n'y arrive pas encore » : un mot change tout. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, Stéphanie Gaudion montre comment cultiver l'état d'esprit de développement chez l'enfant.
Tiré du magazine · n°12Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école
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Selon la psychologue Carol Dweck, il existe deux façons de penser son intelligence : comme quelque chose de fixe, ou comme quelque chose qui se développe avec l'effort. Stéphanie Gaudion en tire quatre conseils très concrets pour les parents, et des pratiques de classe.
Professeure des écoles depuis vingt ans, Stéphanie Gaudion enseigne à mi-temps dans une école primaire et forme des professionnels de l'enfance. Formée à la psychologie positive aux États-Unis, elle accompagne aussi des équipes et anime des ateliers d'aide à la parentalité. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, elle part du livre Changer d'état d'esprit de Carol Dweck, professeure de psychologie sociale à l'université de Stanford.
Que change l'état d'esprit face à l'apprentissage ?
Avec une mentalité fixe, on pense que son niveau est donné une fois pour toutes et que les efforts servent peu : on se sous-estime après un échec, on se surestime après une réussite facile. Avec une mentalité de développement, on sait que ses compétences évoluent avec l'effort, et l'on élabore des stratégies pour progresser. Il s'agit, dit l'autrice, de comprendre que rien n'est acquis d'avance, et que la façon d'aborder les apprentissages les rend possibles.
Quel est le pouvoir du « pas encore » ?
L'autrice illustre par un exemple : un collégien rentre déçu avec un 11/20 en maths, alors qu'il avait beaucoup travaillé. Le premier rôle de l'adulte est d'accueillir sa déception. Il peut ensuite l'aider à s'appuyer sur ce qui est acquis pour faire mieux la prochaine fois.
« "Je n'y arrive pas" forge un état d'esprit fixe alors que "Je n'y arrive pas encore" laisse penser à une réussite à venir. »
Compliments ou encouragements : quelle différence ?
C'est le point sur lequel l'autrice s'appuie le plus sur Carol Dweck. Un compliment porte sur la personne (« tu dessines bien »), au risque de faire croire à l'enfant qu'il n'a plus d'efforts à fournir. Un encouragement porte sur ce qu'il a fait : ses choix, sa persévérance, sa démarche.
« Les compliments nourrissent l'arrogance […] tandis que les encouragements accompagnent la personne dans ses actions, ses choix, ses décisions. »
Et en classe, comment faire ?
L'autrice décrit quatre entrées qu'elle utilise avec ses élèves : l'étude du fonctionnement du cerveau, des encouragements oraux, des appréciations personnalisées dans les cahiers, et un système de récompenses à long terme qui valorise l'effort, la recherche et les progrès plutôt que les seuls résultats. Elle raconte l'histoire d'un élève sur le point d'abandonner, qui s'est remis au travail après une discussion sur sa créativité. Le magazine en donne tous les détails.
Comment se défaire des phrases reçues dans l'enfance ?
La difficulté à utiliser un discours positif tient souvent à l'éducation que l'on a reçue et que l'on reproduit sans s'en apercevoir. L'autrice reconnaît que cela prend du temps de changer son discours, et que l'effort en vaut pourtant la chandelle : un enfant que l'on aide à développer cet état d'esprit prend confiance en lui, comprend la nécessité de travailler, se fixe des objectifs plus ambitieux et améliore ses résultats.
Que peut-on relever plutôt que les erreurs ?
Elle conseille de s'appuyer sur les réussites plutôt que de noter les échecs, avec un retour immédiat qui encourage la recherche, les progrès et les stratégies. En dictée, par exemple, plutôt que de compter les fautes et de donner une note sur 20, on peut compter les mots bien orthographiés, ce qui stimule la motivation. L'idée est de dire à l'enfant, avec justesse, ce qui a fonctionné et ce qui reste à travailler.
Questions fréquentes
Que veut dire « growth mindset » ?
C'est la conviction que ses compétences peuvent se développer avec l'effort et les bonnes stratégies, par opposition à l'idée que l'intelligence est fixe.
Faut-il arrêter de complimenter son enfant ?
Pas exactement : l'autrice, après Carol Dweck, conseille surtout de décrire ce que l'enfant a fait (le choix des couleurs, l'application) plutôt que de qualifier la personne.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les quatre conseils pour développer le growth mindset de son enfant.
- Les exemples de feedback immédiat et la façon de repérer ce qui a fonctionné.
- Les phrases d'encouragement oral à utiliser en classe et les formules d'appréciation sur les cahiers.
- Le système mensuel de récompenses de l'enseignante, et l'histoire de l'élève qui a repris confiance.
n°12 · Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école
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